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MARTINIQUE

« Je voulais demander pardon »

M. B. Mercredi 17 octobre 2018
« Je voulais demander pardon »
Philippe Ponsar, la tête baissée. L'accusé est resté dans cette posture durant toute la journée (Croquis Stéphanie Destin)

Le procès de Philippe Ponsar devant la cour d'assises a commencé lundi. Une première journée d'audience chargée en émotion, où l'accusé a exprimé ses regrets à la famille Pierre-Émile.

Chemise bleue pâle à manches longues, jean bleu, Philippe Ponsar va, lors de cette première journée d'audience devant la cour d'assises de Martinique, très peu lever la tête et affronter le regard de la famille de Francette Pierre-Émile à laquelle il fait face. Une famille meurtrie par la douleur qui, quatre ans plus tard, attend toujours des réponses à ses questions. Pourquoi Philippe Ponsar s'en est-il pris à Francette Pierre-Émile ? Pourquoi l'a-t-il séquestrée et jetée en haut d'un ravin sur les hauteurs de l'Alma ? Pourquoi a-t-il maintes fois changé de versions ?
Lundi, face aux jurés de la cour d'assises, Philippe Ponsar est resté impassible durant l'audition des témoins. La tête et le regard baissés, le plus souvent. Il a tout de même pris la parole trois fois, surtout pour demander pardon. D'abord à la famille de Francette Pierre-Émile : « Je voulais avant tout demander pardon à la famille Pierre-Émile et dire que je reconnais ma culpabilité. » Ensuite, il s'est adressé au commandant de police pour évoquer son changement d'avocat. Et, enfin, à sa fille, qui était entendue comme témoin. « Papa te demande pardon. Tu sais que je t'aime beaucoup. » Sa fille ne retient pas ses larmes.
QUAND A-T-ELLE CROISÉ SA ROUTE ?
En face, Gérard Pierre-Émile et ses trois enfants écoutent avec douleur le rappel des faits et les dépositions des témoins. Francette Pierre-Émile est décrite comme une personne heureuse, coquette et élégante, qui aimait sa famille, son travail, ses élèves et qui n'avait pas d'ennemis. Elle désapprouvait la relation qu'entretenait sa fille avec Philippe Ponsar entre 2001 et 2007. Le 2 décembre 2014, jour de sa disparition, l'enseignante avait fait la classe à ses élèves de CE2 au couvent de Cluny et, comme à l'accoutumée, était repartie à l'heure du déjeuner. Mais Francette n'est pas revenue chez elle. Elle a effectué un virement pour sa fille, à la Bred de Cluny, aux environs de 12h17, mais n'est pas retournée à son poste et n'a plus été vue. Elle n'a plus passé aucune communication téléphonique et son véhicule a été découvert le 3 décembre au Patio de Cluny. Les soupçons se portent rapidement sur Philippe Ponsar, l'ex-petit-ami de l'une de ses filles.
À quel moment Francette a-t-elle croisé la route de Philippe Ponsar ? Comment s'est-elle retrouvée chez lui ? L'accusé a multiplié les versions durant l'instruction. Il a d'abord dit que la mort était « accidentelle » et que c'était Gérard Pierre-Émile, le mari de Francette, qui en était l'instigateur.
Il a ensuite indiqué que Gérard Pierre-Émile n'avait rien à voir dans cette affaire.
IMPOSSIBLE DE DÉTERMINER LES CAUSES DU DÉCÈS
En juin 2015, six mois après la mort de Francette Pierre-Émile, Philippe Ponsar livre sa version des faits. Francette Pierre-Émile se trouvait à son domicile. Une dispute avait éclaté entre eux. Le ton montant, il l'avait repoussée de la véranda vers l'intérieur de l'appartement pour ne pas alerter le voisinage. C'est à ce moment que Francette serait tombée, heurtant la table et la télévision de la chambre, se blessant à la tête. La victime s'était mise à crier. Il l'avait bâillonnée, ligotée dans une chambre. Philippe Ponsar l'avait retrouvée peu après allongée sur le lit, sans pouls. Il l'avait alors mise dans le coffre de sa voiture et était allé vers l'Alma, sur la route de la Trace. Francette était-elle vivante lorsqu'il l'a jetée sur la route de Balata ? « Il m'a dit qu'il l'a mise debout, qu'il l'a poussée dans une ravine et qu'il l'a entendue crier » , a expliqué un fonctionnaire du centre pénitentiaire de Ducos.
Le médecin légiste n'a pas pu déterminer les causes de la mort de Francette Pierre-Émile. « Le corps était dans un état de putréfaction avancée. Il n'y avait pas de signe de fracture à la tête. Mais je n'ai pas pu me prononcer sur la cause du décès et savoir s'il était antérieur à la chute. »
Cette première jourée d'audience n'a cessé de soulever les interrogations. Des questions encore sans réponse.

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