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Vous avez la parole

Y a-t-il un phare à l'Ouest ?

Mercredi 21 septembre 2016
La société guyanaise, en particulier dans sa partie occidentale, serait-elle en train de se lézarder ? À en juger par les récentes émeutes et les réactions virulentes qu'elles ont suscitées, on est en droit de se le demander. La ville s'enflamme, le maire s'emporte, les gendarmes se barricadent, les esprits s'échauffent, les commentaires « chaleureux » pleuvent comme les cocktails Molotov, et c'est finalement une enseignante « écoeurée » , femme de gendarme, que l'on met sur le bûcher de la vindicte populaire, voire populiste, accusée médiatiquement d'avoir posté des propos racistes. À leur lecture, je les jugerais plutôt péremptoires, méprisants et fort malencontreux, certes, mais dénonciateurs pourtant d'une situation réelle : la carence éducative qui ronge notre société, à laquelle j'ajouterai l'absence de perspectives économiques. Il est là, Monsieur le maire, « ce mal qui a tendance à se développer » et qu'il faut « éradiquer » , comme vous l'expliquez sur les ondes radio dimanche matin.
Qu'un collectif, « créé suite au ras-le-bol [...] face aux coupures intempestives d'électricité [dans l'Ouest] » et dont la page Facebook est dans l'obscurité (entendez par là qu'il s'agit d'un « groupe fermé » uniquement accessible si vous en êtes membre), veuille couper la tête de cette enseignante (entendez par là, exige sa radiation ; quelle faute professionnelle grave aurait-elle commise ?) et la mettent sur le grill médiatique, avouez que c'est cocasse comme situation. Quoiqu'il y a plutôt de quoi rire jaune. Mais c'est assez révélateur, en fait, d'un profond malaise sociétal dont les racines puisent dans l'histoire, mais aussi dans la culture, l'économie et l'éducation.
Alors ce n'est pas en jetant de l'huile sur le feu, en cédant à l'émotion, en tombant dans l'excès ou en voulant se substituer aux autorités et à la justice que ce malaise s'apaisera. Lorsque l'on veut se présenter en garant de l'ordre social et moral, il faut soi-même être irréprochable. Ce n'est pas en donnant des injonctions aux forces de l'ordre (de libérer un gardé à vue qui « n'a rien à faire là » , selon le premier magistrat de la ville) ou en les invectivant (« Dégagez! Sortez devant moi! » ) que l'on donnera l'exemple à une population et, en particulier, à une jeunesse en mal de repères et de modèles. L'Ouest a besoin d'un phare, pas d'un far west!
Cette lumière qui doit guider les jeunes, c'est l'éducation. Le développement économique doit suivre, bien entendu, accompagné d'une maîtrise des flux migratoires.
Dans un contexte actuellement tendu de délinquance et de criminalité, les force de l'ordre s'efforcent de faire leur travail du mieux possible sur les rives du Maroni, dans l'intérêt et le respect de la population dont elles ont en charge la sécurité. Que chacun, à sa place, commence par faire correctement le sien, parents et politiques en tête, au lieu de tirer à boulets rouges sur une enseignante « écoeurée » - par l'abandon éducatif des parents et le ressenti anti-métros qu'elle dénonce, sans que, visiblement, cela ne choque ses détracteurs - ou sur des gendarmes malmenés dans l'exercice, souvent périlleux, de leurs fonctions.
Cette société a besoin de cohésion et d'intercompréhension. Or, le vivre ensemble se construit durablement dans la chaleur des échanges et non dans celle de l'émotion, des feux de voiture et autres cocktails Molotov. Il serait, par conséquent, temps de rétablir le courant entre les différentes composantes de la société et de mettre l'accent sur l'éducation, sans exacerber les clivages ni provoquer de surtensions, sous peine de la voir disjoncter.
Râle-bol

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