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Vous avez la parole

Un combat de chaque jour

Lundi 12 février 2018
En réaction à l'interview de Sandra Sainte-Rose Fanchine : « Montrer la femme noire sous un jour authentique » publiée dans l'édition de vendredi de France-Guyane.
Sandra Sainte-Rose Franchine déclare notamment dans cet entretien : « Dans certains pays africains comme le Congo et de plus en plus le Sénégal, le blanchiment de la peau est pour beaucoup de femmes le moyen le plus certain de trouver un conjoint. » J'ai souvent vu, dans des quêtes d'« authenticité » , des gens se positionner en critiques de modes de vie qu'ils ne comprennent pas forcément.
Pour parler du Sénégal dont je suis originaire et où j'ai vécu mes 32 premières années et que je connais donc un peu, le blanchiment de la peau a été observé dans ce pays comme une pratique répandue - on parle de plusieurs décennies en arrière - pour des raisons plus complexes que le désir de trouver un conjoint. Le terme utilisé est xesal [lisez « hessal » ] qui signifie éclaircir et non blanchir. En parlant de modèles, ces femmes s'identifiaient non aux standards occidentaux mais aux signares [mulâtresses] qui étaient les femmes les plus en vue de la société post-coloniale. Aujourd'hui, ce phénomène est marginal, les femmes qui s'y adonnent étant presque frappées de ringardise. En effet, les Sénégalaises ont, comme beaucoup de femmes dans le monde, accès à l'information sur la santé à travers les campagnes locales ou via la Toile. Elles sont au courant depuis longtemps que ces pratiques de dépigmentation augmentent le risque d'avoir un cancer de la peau.
Sandra Sainte-Rose Fanchine a raison. Il faut élargir la palette en tirant à la lumière ces teintes et ces formes peu valorisées par nos « vendeurs d'image » . J'approuve son regard critique sur ces modèles construits et imposés par différents pôles d'intérêts pour divers motifs qui d'ailleurs sont à mon sens, contrairement à des idées fréquemment avancées, plus souvent commerciaux que foncièrement raciaux. Elle a raison : c'est un combat de chaque jour et qui nous concerne tous. Il faut ouvrir les perspectives sans toutefois tomber dans le même piège que l'idéologie qu'elle critique. La femme noire est-elle toujours l'opposé des standards de beauté actuels ? Je ne le crois pas. Il est peut-être nécessaire de rappeler qu'il y a plusieurs bassins de populations en Afrique avec autant de nuances de peau et de morphologies. La femme ronde, très noire et pas grande n'est pas plus afro que la femme sahélienne qui est mince, élancée et noire ou la Peul et l'Éthiopienne qui sont plus claires de peau.
Une Sénégalaise qui ne s'est jamais blanchi la peau et qui a un conjoint!

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