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Vous avez la parole

Point de vue sur le développement des alternatives aux établissements pour personnes âgées en Guyane

Mardi 14 novembre 2017
Le développement des alternatives aux établissements pour personnes âgées a été à l'ordre du jour de conférences sur le devenir des seniors en société organisées dans le cadre de la Semaine bleue en Guyane.
L'édition du 5 octobre de France-Guyane rapporte en condensé quelques propositions d'alternatives aux accueils de personnes âgées en établissement. Les solutions avancées à cette occasion, de mon point de vue, méritent d'être nuancées. L'existence de fortes disparités infraterritoriales dans l'accompagnement et la prise en charge de nos seniors disparaît des écrans radars. La question de la concentration des structures d'hébergement, services d'aide à domicile, soins en unité de long séjour professions médico-sociales, dans l'agglomération cayennaise n'est pas réglée. Sur le terrain de l'égalité d'accès aux services, elle pénalise de manière objective les populations âgées des parties ouest, sud-est, des zones fluviales, du bassin des Savanes, confrontées au dépeuplement, à l'éloignement du milieu de vie naturel des pôles d'activité économique, aux contraintes des distances. Cet état des lieux et l'éclairage apporté par les projections démographiques à l'horizon 2030 suffisent à orienter la gouvernance d'anticipation avec une priorité de la politique guyanaise du vieillissement donnée au rééquilibrage territorial.
L'enjeu est d'éviter que ceux et celles, en perte d'autonomie, qui vivent à Régina, Saint-Georges, Saül, Mana, Iracoubo, Sinnamary, Kourou, le bassin du Maroni, subissent au prix fort le déracinement lorsqu'ils sont accueillis en institution exclusivement dans l'agglomération cayennaise et loin de leurs bases. Or les Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) présentent des atouts qui ne sont pas tous exploités : autorisés en délocalisation avec des places d'hébergement réparties sur les accueils temporaire et permanent et une unité Alzheimer, ils viennent en appui de la couverture intégrale du territoire par le réseau de coordination gérontologique ainsi que les services d'hospitalisation à domicile ; ils favorisent l'ancrage des services d'aide et de soins à domicile et très probablement de professionnels médico-sociaux ; ils deviennent un levier du maintien à domicile, du retour au domicile après une admission en accueil temporaire, de l'organisation du répit des aidants. L'implantation d'Ehpad de seconde génération, prioritairement dans les secteurs non couverts, est donc une légitime nécessité.
L'argument qui présente les alternatives comme moins onéreuses n'est pas étayé : le coût de fonctionnement des établissements et services pour personnes âgées n'a jamais fait l'objet sur notre territoire d'une étude financière exhaustive. Les données d'évaluation ne devraient d'ailleurs pas conduire à des conclusions hâtives sur les stratégies à mettre en place compte tenu de la relative jeunesse de l'offre médico-sociale guyanaise. Compte tenu également que ni l'ensemble des prises en charge réglementaires ni la mission de coordination du réseau gérontologique ne sont intégralement réalisés. Le déficit structurel attribué aux Ehpad guyanais, dont il faut rappeler que deux sur quatre fonctionnent sous gestion publique hospitalière, n'apparaît pas non plus dans le tableau de bord 2016 de performance des établissements et services médico-sociaux élaboré conjointement par l'ex-conseil général et l'ARS (Agence régionale de santé). L'ajustement des dépenses aux recettes devrait en revanche se concentrer sur l'application effective des mécanismes de l'obligation alimentaire et des modalités de l'habilitation à recevoir des bénéficiaires de l'aide sociale qui, et la réglementation le permet, peut être totale ou partielle selon les résultats de l'analyse à faire des niveaux de vie moyens des résidents.
Max Ventura,ancien élève de l'École des hautes études en santé publique, ancien directeur général adjoint chargé de la solidarité et de la prévention au conseil général.

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