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Vous avez la parole

Où va le Brésil (2/2)

Jeudi 06 décembre 2018
(...) En raison de la haine populaire à l'égard de Dilma, le parlement bourgeois a fait la manoeuvre pour la chasser de la présidence. Il n'y a pas eu aucun « coup » . Mais la crise politique et sociale ne s'est pas arrêtée. La cote de popularité de Temer est arrivée à 2% et il a vécu une grève générale en 2017. Cette répudiation des masses a donné naissance au phénomène Bolsonaro. Avec ces arguments, le PT et la gauche réformiste latino-américaine veulent se dérober à leur responsabilité dans l'émergence de Bolsonaro et essayer de blâmer le peuple « qui est devenu conservateur » . Mais c'est l'échec des faux modèles « nationaux et populaires » , ou le soi-disant « socialisme du XXIe siècle » de Chávez-Maduro, qui a conduit à cette confusion dans le vote de millions de travailleurs et de secteurs populaires. Des gouvernements qui n'ont pas rompu avec les multinationales et le capital financier et qui ont appliqué des restrictions économiques à la population.
Le triomphe de Bolsonaro ne peut s'expliquer que par la haine et le rejet populaire provoqués par les gouvernements du PT. Les masses nesontpas devenues « conservatrices » ou « de droite » . C'est à cause de leur rejet des partis du système capitaliste, qu'ils soient libéraux ou de la fausse gauche, qu'elles ont cherché, à tort, à punir avec leur vote et elles sont tombées dans les pièges électoraux de l'ultra-droite populiste. Quelque chose de similaire se produit avec le vote pour Salvini en Italie ou Le Pen en France. Nous ne pouvons plus minimiser ce vote erroné et dangereux. Mais, dans le cas du Brésil, nous ne pensons pas qu'il s'agisse d'un vote consolidé et stable à l'extrême droite.
Les choses sont plus contradictoires. Les travailleurs qui ont voté pour Bolsonaro attendent la fin de la corruption et l'insécurité et que leur niveau de vie s'améliore. Rien de tout cela n'arrivera. Que se passera-t-il quand ces attentes ne seront pas satisfaites ? La première chose à prendre en compte est qu'au Brésil la classe ouvrière n'est pas vaincue. Le peuple a puni le PT et il peut punir Bolsonaro dans les rues. Nous dirigeons-nous vers un régime dictatorial ou néo-fasciste ? Bolsonaro est un homme politique d'extrême droite ou néo-fasciste. Mais on ne peut pas dire qu'à partir du 1er janvier 2019, quand le gouvernement ultraréactionnaire de Bolsonaro assumera le pouvoir, il y aura un nouveau régime, dictatorial ou néo-fasciste. Bolsonaro veut mettre fin à la crise politique et sociale en imposant un plan d'exploitation supérieur à l'actuel, avec répression et mépris des libertés démocratiques. Pourra-t-il le faire ? Il faudra voir si le mouvement de masse permettra appliquer cette politique.
La classe ouvrière et les secteurs populaires n'ont pas été vaincus dans la rue. Bolsonaro a uniquement remporté une élection. En 2017, la classe ouvrière brésilienne a déclenché une grève générale historique et il y a eu des centaines de grèves dans le pays. Le mouvement des femmes et des jeunes, avec sa mobilisation pour « EleNao » , a montré sa décision de résistance. Pour qu'il y ait un changement de régime dictatorial, il faut imposer une défaite majeure aux travailleurs. Il reste à voir dans les luttes à venir. Nous parions plutôt en faveur des travailleurs et de la mobilisation populaire pour vaincre les plans de Bolsonaro.
Miguel Sorans

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