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Vous avez la parole

Notre territoire est actuellement pillé et souillé par les orpailleurs clandestins

Vendredi 06 octobre 2017
Madame la ministre de l'Outre-Mer,
Nous sommes venus vous rencontrer afin de vous exposer les problèmes que rencontrent les peuples Wayana, Apalai et Teko du Haut-Maroni. Notre territoire est actuellement pillé et souillé par les orpailleurs clandestins. La crique Lipo Lipo, comme le Tampok, en amont de nos villages, sont de plus en plus sales, les poissons et le gibier de plus en plus rares. Ces problèmes environnementaux entraînent des problèmes sanitaires : les habitants qui se baignent ont la peau et les yeux irrités par la pollution. De plus l'imprégnation au mercure est de plus en plus élevée chez les riverains. Le nombre de suicides chez nos jeunes ne cesse d'augmenter. N'est-ce pas l'empoisonnement au mercure qui est à mettre en cause, tout comme pour les crises subies par les jeunes gens entre 13 et 15 ans, durant l'an passé ?
Nous exigeons d'obtenir les résultats des prélèvements réalisés durant toutes ces dernières années. Beaucoup d'enquêtes ont été menées dans les différents villages, et jusqu'à présent on n'a reçu aucun résultat. On nous demande de ne pas manger les poissons carnivores du fleuve, mais ce sont les plus accessibles. Que nous proposez-vous pour nous nourrir ? Devons-nous continuer à empoisonner nos enfants ou sommes-nous condamnés à mourir de faim ? Actuellement nos jeunes préfèrent se donner la mort, que de continuer à vivre dans de telles conditions de dégradation. Nous, peuples autochtones du Haut-Maroni, avons accepté de devenir français, mais les lois et les droits français ne sont pas respectés sur nos territoires qui sont laissés en pâture aux clandestins! De plus l'eau potable n'est accessible qu'entre 10 heures et 22 heures pour les villages où un système d'adduction a été installé. Les autres villageois sont tributaires de l'eau polluée des rivières. Et il n'y a pas suffisamment de postes de santé pour prendre en charge tous les malades. Nos enfants doivent partir très jeunes faire des études au collège de Maripasoula. Ils sont souvent livrés à eux-mêmes et l'internat qu'on leur propose est toujours en un état pitoyable, qui incite les jeunes à se déscolariser, tellement les conditions leur sont pénibles. Cela fait presque dix ans qu'on nous promet un collège à Taluwen, nos enfants sont allés jusqu'à l'Élysée pour le réclamer, et nous n'avons toujours rien! Sommes-nous des Français de seconde zone ? Des oubliés de la République ? Nous nous sentons abandonnés et laissés pour compte. C'est pourquoi nous ne voulons plus servir uniquement de décor lors des manifestations officielles, mais avoir une prise de parole à chaque rencontre avec les élus et les représentants de l'État.
En conclusion, nous exigeons :
- L'éradication de l'orpaillage clandestin.
- La remise en place des barrages sur les rivières.
- La coopération avec les États voisins afin d'obtenir des résultats probants dans la lutte contre l'orpaillage.
- Le refus du méga projet « Montagne d'Or » qui ne ferait qu'accentuer la dégradation de l'environnement et des conditions de vie des Guyanais.
- L'accès à l'eau potable pour tous les habitants du Haut-Maroni.
- La construction de deux postes de santé à Elahé et Cayodé.
- Les résultats des enquêtes et analyses sur le mercure.
- La réhabilitation de l'internat de Maripasoula en toute urgence .
- L'ouverture du collège de Taluwen.
- La prise en charge des étudiants qui viennent poursuivre leurs études sur le littoral, dans un centre d'accueil destiné aux jeunes de l'Intérieur, afin de leur offrir les meilleures conditions de réussite.
- La mise en place, au plus vite, du Grand conseil coutumier, tel qu'il est prévu dans la loi ; Grand Conseil qui devra être saisi pour tout projet d'envergure impactant le territoire guyanais.
- Et pour finir nous demandons la création d'une commune sur le Haut-Maroni, afin de pouvoir prendre en main notre destin de manière responsable.
Nous vous remercions d'appliquer toutes ces mesures, aussi urgentes les unes que les autres pour nous peuples autochtones de Guyane, afin d'assurer notre survie, survie fortement remise en cause actuellement.
Nos peuples sont en train de mourir madame girardin En comptant sur votre compréhension et votre réactivité, Madame la Ministre, veuillez agréer nos respectueuses salutations,
Le Gran Man et les chefs amérindiens du haut Maroni

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