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Vous avez la parole

Nature morte... « La carcasse est dans le pré »

Mardi 18 octobre 2016
Nature morte... « La carcasse est dans le pré »
(DR)
Adolescente, j'aimais fréquenter les musées de l'Hexagone - Orsay, Le Louvre, Branly... j'ai toujours été intriguée par les interprétations symboliques des natures mortes. On accroche ou pas, chacun son truc... J'ai grandi depuis et j'appartiens désormais à la caste des quinquas. Je pense avoir acquis, en un demi-siècle, une certaine maturité d'esprit et une capacité d'appréciation optimisée.
En Guyane depuis plus d'un an, je découvre, de jour en jour, des trésors plus ou moins cachés... Saviez-vous que la Guyane était une oeuvre d'art ? Oui et l'appellation est mesurée, je vous assure! Lors d'une balade, j'aperçois une carcasse de voiture, dans un cadre bucolique, près d'un étang... le soleil brille, les enfants jouent mais les oiseaux ne chantent plus... Romantique! Nous sommes à Balata, commune de Matoury... à deux pas du collège Lise-Ophion et du lycée Balata.
Mes parents m'ont toujours dit qu'il fallait voir le bon côté des choses et qu'avec quelque effort et foi, on pouvait sublimer n'importe quel objet... J'applique donc le théorème parental. Avec l'oeil aguérri du chasseur d'images, j'immortalise cette nature morte : quel beau résultat! Je décide même de lui donner un titre : « La Carcasse est dans le pré.... » Je tenais à préciser que toute similitude avec une référence lambda ne serait que fortuite.
« Au premier plan, ELLE apparaît, sublimée par cette luminosité particulière et protégée par son écrin verdoyant... La focale des rayons illumine ce corps décharné et tanné par le soleil. ELLE arbore son flanc bronzé, quasi buriné, totalement rouillé... Quel spectacle jouissif! Admirez ce mimétisme exceptionnel, cette symbiose entre l'objet et la nature : sublime! » Ça valait bien un cliché, non ?
Oui, la Guyane regorge d'oeuvres d'art, ces natures mortes à ciel ouvert : elles étaient 30 000 en 2014. Combien sont-elles aujourd'hui ?
Trêve de plaisanteries... Dans quelques mois on nous reparlera de pandémies de dengue, chikungunya, zika et, d'ici là, on aura découvert autre chose... Certains diront même que ces oeuvres font partie intégrante du charme guyanais, qu'elles participent à l'éveil éducatif des jeunes : il est vrai que ce sont des aires de jeux gratuites et faciles d'accès. Un peu dangereuses, soit dit en passant.
J'ai parfois l'impression d'être dans un mauvais film ou que ce grand tableau n'est qu'un trompe l'oeil. Mesdames, Messieurs les artistes, en manque d'inspiration, peut-être êtes vous férus de land art, d'exposition éphémère ou de street art, à l'instar de Felipe Carrelli (1) ?
Dans ce cas, soyez artistes dans l'âme en « maîtrisant vos oeuvres, en étant créatifs, poétiques et originaux » et cessez de polluer notre vue de spectacles immondes, désolants, dénués de tout sens et dont l'unique symbolique repose dans les profondeurs de votre inconscience.
Luz Mwinda
(1) Artiste brésilien qui customise les carcasses de voitures.

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