En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies, cliquez ici. X Fermer
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +
Vous avez la parole

La France & Lagwiyann auto-dé-ter-mi-née ?

Vendredi 21 avril 2017
À l'heure de la mobilisation de Lagwiyann où comme en France « nous sommes de toutes les couleurs! » et que nous sommes ces « 80% de la biodiversité européenne! » ; à l'heure où le gouvernement ne prend pas de décisions en notre faveur avec l'élection qui arrive ; à l'heure où les barrages se durci-doucissent, s'ouvrent autant qu'ils se critiquent, chacun a pris conscience que la Guyane devait changer.
À l'heure des 500 Frères soutenus par 500 Soeurs, la réalité est qu'il n'y a presque plus de plaies par arme blanche ou à feu à Cayenne, il en est de même pour les certificats de coups et blessures.
À l'heure où certains imaginent aller voter le 22 avril, d'autres imaginent bloquer les bureaux de vote ; à l'heure où les peuples de France veulent en partie établir la 6e République, les peuples de Lagwiyann, attachés les uns aux autres, veulent partager avec la France l'égalité, la liberté et la fraternité. À l'heure où la Guyane possède une Université qui ne reconnaît pas dans sa population les détenteurs des savoirs ancestraux d'une forêt joyau de l'humanité ; à l'heure où le centre spatial perd 500 000 euros par jour depuis un mois, que de nombreux pays regardent Lagwiyann avec indifférence ou avec compassion, nous sommes conscients de notre statut de région colonie qui accumule des retards volontaires majeurs, déshonorant la République.
À l'heure où nous sommes solidaires et heureux d'avoir pris ce temps pour exprimer ce qui n'allait pas ; à l'heure où des collectifs s'organisent et luttent pour Lagwiyann de demain ; à l'heure où Lagwiyann compte encore sur la France, elle cherche aussi sa propre identité. A l'heure où nous nous débattons de ces chaînes faites de mépris, de corruption et de favoritisme ; à l'heure où le fossé entre les riches et les pauvres atteint son paroxysme mais n'est pas remis en question ; à l'heure où avec la France, le partage législatif est colossal, certaines de ces lois ne font pas sens alors que d'autres inexistantes seraient nécessaires.
Le cri de Lagwiyann d'aujourd'hui semble être : « France, sois notre alliée. Nous respectons tes règles et sommes en paix, en famille et entre amis. Nous militons pour la reconnaissance de notre égalité qui n'est pas réelle dans les secteurs clés d'une société auto-dé-ter-mi-née et libre telle que nous l'entendons. Cette liberté de prendre en compte nos différences et de vivre ensemble, avec. » France, il n'est plus question d'ignorer le cri du peuple guyanais. Il est temps de prendre la mesure du retard pris en matière de droits, de santé et d'éducation. Il est temps pour Lagwiyann d'assumer son avenir en tenant compte de ses différences. Il est temps pour la France d'assumer de marcher main dans la main, (...) avec ses peuples en tenant compte des différences qui sont une richesse et non une fin de non recevoir. Si Lagwiyann, c'est la France, alors il faut s'assumer de manière bienveillante et éclairée.
Les possibles sont multiples, la France comme Lagwiyann peuvent changer.
Dans ce contexte inédit, une action fertile à mettre en place, annonçant en Guyane le début du chemin vers l'autodétermination de ses peuples serait peut être d'ouvrir un deuxième vote le 22 avril 2017.
Un référendum pour Lagwiyann, pas un vote 73 ou un 74 mais un vote oui - non : un oui - non au début de l'organisation du peuple guyanais qui a déjà son drapeau.
La question pourrait se résumer ainsi : souhaitez-vous que se forme une assemblée guyanaise qui aurait à trouver avec la France, l'Amérique, l'Europe et le monde un avenir pour Lagwiyann ?
Dans ce référendum, tous les Guyanais seraient appelés à venir voter, sur présentation d'un justificatif de domicile et d'un justificatif d'identité ou de nationalité. Le but serait d'inclure tout le monde, les inscrits et les non-inscrits, de Camopi à Maripa, de Saint-Georges à Saint-Laurent, de Kourou à Mana, d'Iracoubo à Cayenne.
L'organisation de cette élection est possible, ne nécessitant que quelques photocopies et quelques enveloppes. L'impartialité de l'organisation de l'élection présidentielle permettrait de valider le référendum dont les bulletins seraient dépouillés en deuxième intention.
Le message à diffuser sur tous les médias guyanais, d'aujourd'hui jusqu'au jour des élections serait : (samedi 22 avril), venez voter au référendum pour la constitution d'une assemblée guyanaise.
Cette assemblée pourrait prendre exemple sur le modèle d'assemblée constituante proposé dans cette présidentielle. Tous y seraient représentés et le travail commun effectué sur tout le territoire par les différents collectifs en serait la légitime base de départ. Les collectifs y seraient force de propositions. Pour tous les Guyanais liés à cette terre, cette latérite rouge sang, couleur témoin de l'Histoire, parsemée des violences et des cicatrices laissées par la domination de certains peuples sur d'autres. L'accaparement de la terre comme un bien privé alors que le bon sens nous rappelle chaque jour que la planète Terre, depuis laquelle partent ces fusées, est un bien définitivement collectif.
À l'heure où il est possible en Guyane, comme en France, de choisir un avenir commun ; à l'heure où les inégalités creusent la tombe du pays ; à l'heure où la reconnaissance des droits fondamentaux n'est pas une priorité ; à l'heure où le peuple guyanais semble se tâter entre poursuivre les blocages et trouver une autre solution, il parait possible d'organiser ce référendum qui serait un message démocratique fort. Avec cette assemblée guyanaise, il est possible de s'auto-dé-ter-mi-ner sans pour autant quitter la France, ni même l'Europe.
Nous avons un coup d'avance sur Paris, sur la France, et seul l'avenir permettra d'apprécier le légitime de toutes nos luttes qui ont, et continuent, de rassembler Lagwiyann. Il est temps de mettre les choses à plat et de s'organiser ensemble. Lagwiyann comme la France peuvent se sublimer et devenir pour le monde cet exemple d'adéquation entre les peuples, leur histoire et leur environnement.
Est-on obligé d'attendre la 6e république en France pour créer une assemblée guyanaise ?
Arthur

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire
L'info en continu
1/3