En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies, cliquez ici. X Fermer
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +
Vous avez la parole

L'imposture politique de la foi

Lundi 20 mars 2017
La foi engage la relation intime et spirituelle d'une personne avec une (des) divinité (s). Elle en guide la vie, en l'accompagnant, dans ses pensées et ses actes, en dépit de ses faiblesses et des épreuves, sur le chemin du bien. Et Dieu sait qu'il peut être aride, pentu et tortueux ce chemin!
Avoir la foi, c'est croire au respect de l'Autre, en l'Amour et en la fraternité comme valeurs centrales de la vie de toute femme et de tout homme. C'est aussi croire en l'honnêteté et en la sincérité. Ne pas croire au mensonge, ni au cynisme, ni à l'incivisme, ni à la violence, ni à la cruauté, ni au vol, ni à l'individualisme, ni à l'égoïsme, ni à la traîtrise. C'est croire en la pauvreté de l'homme, mais avoir foi en sa capacité à se transcender par l'amour qu'il peut porter à son prochain et par la rectitude morale qu'il est en mesure de suivre et d'inculquer à ses enfants quand il en a la volonté et la force suffisantes.
Un homme politique doit, de ce point de vue, être un modèle moral car c'est lui qui régit la Cité et en guide la peuple. Mais, qu'il soit croyant ou non, sa foi ne regarde que lui et lui seul. La loi du 9 décembre 1905 de séparation des Églises et de l'État le lui impose. C'est le socle même de la laïcité qui garantit le respect de la liberté de conscience de chacune et de chacun des citoyennes et citoyens qui composent notre société.
Alors, quel ne fut pas mon étonnement, lorsque, (récemment), j'entendis à la radio un édile, condamné à des peines de prison ferme et d'inéligibilité pour des faits de favoritisme et de corruption passive, se référer publiquement à sa foi pour affronter cette épreuve judiciaire. Pourtant, est-ce la foi et la charité chrétienne qui l'ont conduit-comme d'autres, d'ailleurs, représentants du peuple-à commettre des actes délictueux pour lesquels il a été condamné ? Il n'est, peut-être, pas pire que les autres délinquants en « col blanc » , mais sa posture affichée de croyant l'oblige-et le missionne même-à l'irréprochabilité et à l'exemplarité morales dans l'exercice de ses fonctions publiques. La foi doit être un cheminement et un exercice spirituels de tous les jours, au service des autres, pas un baume à appliquer lorsque le Ciel nous tombe sur la tête et que ça fait mal. Elle doit conduire le croyant à suivre le chemin de Dieu. Or, l'homme politique est, comme tout homme, un pauvre parmi les pauvres, mais, à cette différence près qu'il doit être exemplaire et intègre. S'il ne l'est pas, mieux vaut pour lui qu'il n'exhibe pas sa foi en public afin de ne pas jeter le discrédit sur une communauté spirituelle qui s'efforce de suivre, tant bien que mal, mais honnêtement, le bon chemin. Il risque, ainsi et à raison, de faire passer la foi pour une imposture politique. L'imposteur est celui qui la trahit et ne la respecte pas, celui qui s'est détourné de la richesse du coeur pour en reluquer d'autres, plus matérielles et pécuniaires.
Finalement, mieux vaut en politique être intègre, sincère et non croyant, que malhonnête, croyant (enfin... prétendument) et hypocrite. L'actualité nationale nous donne à voir d'autres cas d'hommes politiques à la moralité plus que discutable. Dans le climat d'incivisme et de violence de notre société, quel exemple moral donnent-ils à la jeunesse, quelles valeurs et quelle norme sociale incarnent-ils vraiment ? Et quel sentiment d'impunité et d'être au-dessus des lois engendre-t-il dans l'opinion publique à leur égard ? On est en droit de se le demander.
Si la justice des hommes n'est qu'une mascarade puisque, par « enchantement » (je n'oserais pas dire « miracle » ), certains semblent échapper à leur condamnation, qu'ils se rassurent, la justice divine les attend... à moins, bien sûr, qu'ils n'y croient pas vraiment ou se croient au- dessus d'elle aussi. Mais, « ne vous faites pas d'illusions : Dieu ne se laisse pas narguer ; car ce que l'homme sème, il le récoltera. » (Galates 6 : 7)
Râle-bol

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
Aucun commentaire