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Vous avez la parole

Jouer avec la vie de l'autre

Lundi 11 juin 2018
La fille que tu vois dans le miroir est belle avec ou sans maquillage. Vu au festival des Rencontres de théâtre amateur (RTA) organisé par le théâtre de Macouria.
Au début, devant l'abondance d'un vocabulaire « jeunes » , on se dit : encore un spectacle qui va flatter la jeunesse dans ce qu'elle a de plus bas. Pourtant, le dynamisme de la première scène aurait dû nous alerter : c'est vivant, enthousiaste, souriant. Et les séquences s'enchaînent. Peu à peu, on est entraîné.
Le sujet : le harcèlement à l'école. Il y a de quoi en rebuter plus d'un. Eh bien non, petit à petit l'intrigue se développe. Bien sûr, certaines réflexions, certaines moqueries nous mettent mal à l'aise, c'est le but. Le malaise, d'ailleurs, grandit quand à l'écoute de ces moqueries, on entend des rires épars dans le public. Mais bientôt, ces rires se taisent et on est emporté par l'histoire. Il est vrai que la vidéo s'invite dans le spectacle, et pour une fois elle fait partie de la dramaturgie, elle est au service de l'histoire. Ce qui est rarement le cas : en général, les metteurs en scène nous gavent de vidéo pour masquer l'indigence d'un texte ou l'insuffisance des interprètes (souvent les deux). Et puis l'histoire vous prend et j'avoue qu'à la fin, j'étais touché et j'ai eu du mal à retenir mes larmes (je n'étais pas le seul).
Ce spectacle pose quand même un problème. On apprend que le harcèlement peut être puni de deux ans de prison. Ah oui, deux ans ? Et plusieurs dizaines de milliers d'euros d'amende. Ça, on s'en fout, c'est papa qui paye. Mais deux ans... Avez-vous entendu parler d'un élève condamné pour harcèlement ? Moi, pas. On comprend qu'il y ait un sentiment d'impunité et pourquoi ça continue. Pourtant, il est facile de trouver les coupables : les portables, ça laisse des traces. Eh oui mais, on ne va pas mettre en prison un gamin pour si peu. Vous allez gâcher son avenir. Et puis en prison, vous savez ce qui risque d'arriver. Et si c'est mon gamin qui fait ça ? Est-ce qu'une torgnole et une bonne discussion seront suffisantes ? Le harcèlement, ce n'est pas une mauvaise blague, c'est jouer avec la vie de l'autre. Certains se suicident, d'autres sont traumatisés à vie. On ne peut pas s'empêcher de penser que si on appliquait la loi, ne serait-ce que pour quelques-uns, on aurait une chance de mettre fin à cette honte. Le premier but de la prison n'est pas de permettre au criminel de payer sa dette à la société mais de dissuader les autres de tomber dans la délinquance.
Pour conclure, si vous êtes enseignant, il faut absolument que vous preniez contact avec Isabelle Niveau et pour faire venir ce spectacle dans vos établissements. Beaucoup de vos élèves vous remercieront.
Un Guyanais

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