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Vous avez la parole

« Je ne peux apporter mon soutien au projet de forage pétrolier »

Samedi 03 novembre 2018
On apprend donc en date du 24 octobre que l'arrêté a été pris donnant autorisation de forage à Total dans les eaux territoriales. Mes réserves à l'égard des forages sont déterminées par le manque de lisibilité de la politique gouvernementale environnementale en termes de protection de l'environnement et d'utilisation des énergies fossiles : suite à la signature des accords de Paris, de la COP 21, à la loi sur les hydrocarbures de décembre 2017 (Hulot) qui interdit l'exploration pétrolière et l'exploitation de nouveaux puits, suite également aux dernières alertes du Giec et de la récente allocution du secrétaire général de l'ONU eu égard au changement climatique en cours.
Les réserves de Chantal Jouanno, présidente de la Comission nationale du débat public (CNDP) quant à la procédure suivie qui n'a pas impliqué le CNDP (lire notre précédente édition).
L'absence de débats publics en Guyane sur le sujet et l'impression de passage en force : une consultation publique a eu lieu de juillet à août 2018, avec 7 183 avis négatifs, deux positifs, un neutre. Cherchez l'erreur.
L'absence de débats contradictoires techniques sur les risques encourus et les moyens d'y parer, notamment en ce qui concerne les énormes quantités de boues toxiques produites lors des forages. En cas d'incident, on ne dispose pas non plus de certitudes quant aux garanties protégeant les côtes et le milieu maritime guyanais.
Spécificité des côtes guyanaises : la présence d'un récif corallien à moins de 20 kms de la zone de forage, littoral guyanais riche de mangroves avec une faune et flore unique au monde. Littoral extrêmement difficile d'accès, voire pour l'essentiel inaccessible, dont la composition faite de vasières, d'embouchures et de centaines de kilomètres de mangroves, qui rendent impossibles toutes opérations de nettoyage en cas de marées noires. Il serait temps que nous, élus de la Guyane, socioprofessionnels et citoyens prenions conscience du joyau vivant que constitue la Guyane, afin d'envisager les projets de développement économique locaux avec l'écosystème guyanais et non aux dépens de cet écosystème.
Étant militant d'un développement économique guyanais centré sur le respect et le maintien des écosystèmes locaux, en l'occurrence avec le projet Économie bleue, je ne peux apporter mon soutien à un projet de forage pétrolier dont les tenants et les aboutissants ont échappé au débat public. La réalisation rentre en opposition totale avec la loi de décembre 2017 sur l'exploration pétrolière. L'impopularité (7 183 avis négatifs lors de la consultation publique) renvoie à un rejet massif de la population, dont les risques industriels, s'ils advenaient (incontournables) causeraient des dégâts incommensurables et irréparables à la vie marine et côtière guyanaise, obérant durablement son avenir.
Il est temps de se poser des question sur cette fâcheuse tendance qui fait de la Guyane le réceptacle involontaire des projets industriels potentiellement les plus polluants de la planète alors que notre pays est l'un des derniers lieux de préservation d'une nature et d'une biodiversité unique au monde...
Pourquoi ne pas axer notre développement sur la mise en valeur de notre biodiversité, sur une économie tirant parti intelligemment de nos ressources naturelles en les préservant ? Le développement économique doit se faire en Guyane mais avec les Guyanais. Nous devons développer la Guyane avec son écosystème et non en jouant aux dés contre lui...
Les décisions d'une minorité prises à l'encontre de la grande majorité, hostile à ces projets industriels à risques élevé, semblent également prévaloir, laissant planer des ombres sur le principe démocratique... Se pose également la question de la pertinence des consultations publiques car s'il n'est nullement tenu compte des résultats de ces consultations, pourquoi dès lors les organiser ? La démocratie est bafouée.
Nous vous rappelons que, pour toutes ces raisons, la commune de Sinnamary a voté contre ce projet. Celui de l'Économie bleue porté par Sinnamary reste un projet structurant et respectueux de son environnement et en harmonie avec son territoire.
Jean-Claude Madeleine, maire de Sinnamary

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