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Vous avez la parole

Guyane, insécurité-fatalité ? L'urgence du statut

Vendredi 13 octobre 2017
Prenez une cassave, posez-la sur la table à côté d'une pizza. Ami lecteur, ce n'est pas à un jeu de société que je t'invite mais à un test. Une expérience, une méthode concrète et éprouvée pour se débarrasser du « bloublou » , cette superficialité mystificatrice quasi-institutionnelle qui mine l'essor de notre pays-Guyane depuis trop longtemps, en le privant des délibérations approfondies sur le manque de perspectives et d'emploi de nos jeunes, cause première d'insécurité.
Ainsi du congrès. Le mot est réapparu dans notre espace public depuis quelques jours. Des congrès, la Guyane en a eu son lot depuis des décennies. Avec comme résultat, en mars-avril dernier, cette colère exprimée par des dizaines de milliers de parents dans la rue. Plus que le congrès lui-même, ce sont les raisons de ce congrès qui méritent glose et attention. En premier lieu, le réexamen en profondeur du contrat fiscal et social qui nous lie à l'Hexagone et l'Europe depuis la départementalisation.
À Saint-Laurent du Maroni des producteurs de cassaves peuvent en témoigner. En 2015, à la télé, l'un d'entre eux a expliqué que le manioc, la matière première de la cassave, était interdit de subvention par l'Europe. Et que ses dizaines de milliers d'euros d'investissement, potentiellement créateurs d'emploi dans la région, devenaient dès lors inutiles.
L'Europe : l'autorité suprême en termes de fiscalité, donc de finances et de développement. Avec des conséquences quotidiennes sur notre budget familial, notre comportement économique : ami lecteur, n'as tu pas constaté avec quelle facilité tu as pu mettre sur la table familiale la pizza, au contraire de la cassave ? Alors que le blé, la matière première de la pizza, pousse à 8 000 kilomètres d'ici et que le manioc, tu pourrais en cultiver dans ton jardin.
Cette suprématie de l'Europe, les élus du congrès en discuteront sans doute. Car on attend du président de la Commission européenne une réponse au mémo que lui a adressé notre Collectivité territoriale en début d'année. Cent vingt pages de propositions consultables sur internet pour améliorer le devenir des Rup, les régions ultrapériphériques.
Dans ce monde en guerre, la Guyane a montré les 28 mars et 4 avril que son projet pour s'en sortir se basait sur la non-violence. Notre responsabilité de parents aujourd'hui est de garder intacte cette forme de détermination. Par un dialogue le plus clair possible avec tous ceux qui nous représentent. Et, venant de nous, de solides arguments.
René Lockhart

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