La dénomination du nom de Rochambeau est toute simple à comprendre. Le colonel commandant la base américaine aurait proposé à son gouvernement que l'aéroport qui deviendrait international avant le départ de l'armée américaine prenne le nom de Rochambeau. Celui-ci a été proposé au Général de Gaulle alors président de la France libre, lequel l'accepta sans réticence.
Contrairement à ce que disent certains, il ne s'agit pas d'un certain général Rochambeau qui a servi en Haïti pendant l'esclavage et qui aurait laissé de tristes souvenirs, et qui n'était que le neveu, et non le fils, du général dont le nom a été donné à l'aéroport. Du reste, quand servait son neveu à Haïti, le général avait 82 ans et avait déjà quitté l'armée.
Le général dont le nom a été donné à l'aéroport est le général de Rochambeau qui a servi aux côtés du général Lafayette lors de la guerre pour l'indépendance des États-Unis d'Amérique. C'est cette raison qui a amené les Américains, en signe de reconnaissance, à proposer son nom et le général de Gaulle y a souscrit pour les mêmes raisons.
Je rappelle pour ceux qui ont la mémoire courte, que la Guyane a connu au cours de ces deux derniers siècles, deux grands hommes : l'un sur le plan national, oublié sous des arbres au Jardin botanique, Gaston Monnerville, ancien maire de Cayenne, député puis sénateur, qui a fait supprimer le bagne, a instruit avec Césaire et Senghor l'entrée des anciennes colonies (Guyane, Martinique, Guadeloupe, Réunion) dans la départementalisation, a rempli les fonctions de président de la République pendant des mois, certes par intérim, président du Sénat pendant vingt ans, etc. L'autre, sur le plan international, Félix Eboué, gouverneur des colonies ayant servi aux Antilles puis en Afrique avant de devenir gouverneur général nommé par de Gaulle pour son action ayant amené l'Afrique équatoriale dans la dissidence contre le régime de Pétain, lequel l'avait condamné à mort.
Je reste neutre dans cette bagarre. Le nom avancé d'un certain Cépérou, dont la vie ne figure nulle part dans l'histoire de la Guyane, sauf qu'il aurait été, paraît-il, tué lors d'une confrontation avec l'armée française vers les années 1643/1648, sur le Mont Cépérou qui est situé face à l'avenue du Général-de-Gaulle. Je laisse le soin au président de la République qui aura le dernier mot sur le choix des noms qui pourraient lui être proposés, ou, comme de Gaulle, de maintenir celui existant. J'informe que ce changement de nom, s'il y en a, coûtera excessivement cher, car il faudra rectifier tous les documents de navigation aérienne dans le monde entier. Alors bon vent au budget... si faible déjà. Georges Chaumet