« Large victoire de l'abstention » , tel est le titre de l'article que France-Guyane (25 janvier) attribue au résultat de l'élection du 24 janvier dernier sur l'évolution institutionnelle du territoire. Mais qui a vu une majorité silencieuse s'écrier : j'ai gagné (ou perdu d'ailleurs) ? Certes, ce titre est une boutade car les 49 006 électeurs ayant choisi l'abstention savent que « les absents ont tort » . Par contre les 18 519 votants ne sont pas pour autant une minorité qui va décider de l'avenir institutionnel de toute la Guyane, car cette minorité (un Guyanais sur quatre) ne représente pas une communauté particulière, ni une partie du territoire, mais le peuple français de Guyane dans toute sa diversité, et d'autant mieux que le taux d'abstention se révèle sensiblement le même en tous lieux du territoire. D'ailleurs y a-t-il eu un coup d'État (même un « mini » ) ? Et les 67 582 électeurs inscrits ne disposaient-ils pas de 73 (ou 74 ?) bureaux de vote et d'une journée (triste il est vrai) pour exercer leur droit de vote ?
Certes, comme le souligne l'article, la différence est faible entre les partisans de la collectivité unique régie par le 73 (9 914 électeurs) et les partisans de la collectivité régie par le 74 (9 583 électeurs) ; mais la règle veut qu'une « main » suffise, oh pardon! que l'épreuve fatidique « des tirs au but » suffise pour départager deux camps, non ? De plus on ne vote pas seulement pour mais aussi contre un projet ou une personne et avec 22 147 électeurs contre le 74 face à 7 330 contre la collectivité unique du 73 : « Y'a pas photo » . La comparaison ci-des- sus montre plutôt que 19 497 électeurs (9 914 + 9 583) se sont exprimés pour un territoire géré par une seule collectivité.
Ainsi l'histoire future de la Guyane s'écrira dans ce cadre, tous ensemble et avec la « large confiance de l'abstention » , puisqu'elle a gagné.