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LITTÉRATURE

« Ce sont des gens qui nous ont permis d'être fiers de nous-mêmes »

Propos recueillis par Maud ALAMACHÈRE Vendredi 07 septembre 2018
« Ce sont des gens qui nous ont permis d'être fiers de nous-mêmes »
Thierry Sinda est poète, journaliste et universitaire (MA)

« Né sur le bord de la Seine » , Thierry Sinda est le fondateur d'un mouvement de la néo-négritude. Poète, journaliste et universitaire, il est invité, aujourd'hui et demain à l'université de Guyane à l'initiative de l'association des Amis de Léon Gontran Damas. Il y présentera, à l'occasion du colloque ayant pour cadre les commémorations du 40e anniversaire du décès du poète, une communication intitulée Sève créole et négritude parisienne. À l'instar d'Eugénie Rézaire, il a à coeur de perpétuer la mémoire de ces grands penseurs noirs du XXe siècle.

Vous êtes auteur de deux ouvrages de poésie, journaliste, universitaire et fondateur du Printemps des poètes des Afriques et d'ailleurs, qu'est-ce qui vous motive ?
En 2003, quand j'ai créé le Printemps des poètes des Afriques et d'ailleurs à Paris, il y avait énormément de poètes du monde noir qui ne se connaissaient pas. Il n'y avait pas d'événements qui permettaient de se rencontrer. Très vite, on s'est aperçu que nos thèmes étaient les mêmes : travail de mémoire, colonisation, racisme, c'est là qu'est né le concept de néo-négritude.
L'anthologie des poèmes d'amour des Afriques et d'ailleurs, publié en 2013 aux éditions Orphie, c'est le manifeste de la néonégritude, le Printemps des poètes sa vitrine. Ce sont des manifestations de la présence noire dans le monde francophone et au-delà. Il est nécessaire que nous puissions faire connaître nos poésies, nos recherches.
Pourquoi, selon vous, faut-il encore parler de négritude en 2018 ?
Cela répond à un besoin, que le Noir soit debout, qu'il relève la tête, qu'il fasse un travail de mémoire. Petit à petit, les auteurs de la négritude, Réné Maran, Damas et les autres ont pris conscience de leur identité. Ce sont des gens qui nous ont permis d'être fiers de nous-même. Après la départementalisation, en 1946, et le mouvement de décolonisations, la négritude se termine. C'était un mouvement de combats qui a donné des cadres et qui a permis une littérature décomplexée dans laquelle les auteurs noirs n'ont plus besoin d'imiter les auteurs blancs. La néonégritude c'est la revalorisation culturelle du monde noir dans les lettres françaises à une époque post-coloniale. Si des gens qui ont mon âge ne font rien, elle va disparaître. Et on a tout de suite eu une audience. En 2006, on a eu une page dans Libération. On peut trouver notre anthologie dans la plupart des universités françaises. De nos jours, il serait davantage nécessaire de développer la technologie pour être économiquement libéré. La négritude, c'est une psychanalyse, la poésie c'est une étape, elle est à continuer...
Sur quoi portera votre présentation aujourd'hui à l'université de Guyane ?
« Léon-Gontran Damas : sève créole et négritude parisienne s'intéresse à comment Damas, petit bourgeois antillo-guyanais va faire un travail pour accepter son identité et l'apporter à la négritude. Je m'intéresse à Damas depuis longtemps, mon père était un ami du poète. Étudiant, j'ai écrit une thèse sur René Maran, Gontran Damas et les poètes révoltés de la négritude. Dans le cadre du Printemps des poètes des Afriques et d'ailleurs, nous avons fêté, en 2012, le centenaire de la naissance de Damas. On a également organisé plusieurs événements autour des 60 ans de Black Label en 2016. Je ne suis pas un néophyte, je ne suis pas quelqu'un qui commence à découvrir Damas. C'est pour cette raison qu'Eugénie Rézaire m'a invité à présenter mon travail à ce colloque.

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