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Prof A se « remet en jambes »

Pierre ROSSOVICH Vendredi 17 Février 2017 - 16h53
Prof A se « remet en jambes »
(photo : GYS)

Il a tracé le chemin du reggae-dancehall guyanais actuel avec des titres comme « Nou ja fè bon chimen » ou « Pa jen ké moli ». Installé dans l’Hexagone, Prof A a pris du recul pour mieux revenir. Il présente aujourd’hui deux nouveaux titres et prévoit d’en sortir régulièrement en 2017.

On a l’impression de l’avoir toujours connu. Il faut dire qu’Adhams Magdeleine, alias Prof A, a tenu son premier micro alors qu’il était encore un enfant. Son parcours bien rempli a permis de paver la voie aux chanteurs dancehall d’aujourd’hui. À 35 ans et père d’un garçon de 7 ans, Prof A a pris du recul par rapport à la musique. « Il fallait que je m’occupe de ma famille, je me suis remis aux études, raconte-t-il. Quand je suis arrivé à Paris en 2000, j’avais un BEP en poche. Depuis, j’ai passé le bac en candidat libre et j’ai continué afin d’obtenir des qualifications dans mon domaine ». Prof A ne vit pas de la musique, comme beaucoup. « En France, très peu de chanteurs reggae-dancehall vivent de leur art, à peine cinq ».

À l’occasion de son anniversaire, le 10 février, Prof A a sorti deux titres en téléchargement libre* : Que ça parle (composé par Skandalyze) et Obia (composé par Beatz Sound). « Ce sont des titres que j’avais en stock depuis un moment, précise-t-il. Que ça parle a été écrit en 2015. C’est une remise en jambes, une façon de me rappeler au bon souvenir du public guyanais ». Deux titres égotrip s’inscrivant dans la même veine que la fameuse mixtape Mo To Style vol1 sortie en 2008. « J’envoie quelques piques pour tout le monde. Mon but n’est pas de rentrer en compétition avec qui que ce soit, mais d’imposer mon truc », répond-t-il.
Un grand frère de la musique urbaine
Alors qu’il bénéficie d’un statut de grand frère dans la musique urbaine guyanaise, Prof A n’est pas forcément connu de la nouvelle génération. Il possède pourtant un solide répertoire : Nou ja fè bon chimen, Pa jen ké moli, Nou pli fò (avec Jacob Desvarieux et Dédé Saint-Prix), Exil, Tou lé jou a run, A pou nou tout (avec Tiwony)… « Aujourd’hui c’est le buzz qui fait tout, en bien ou en mal, juge-t-il. J’ai eu des propositions de maisons de disque mais j’ai toujours prôné l’indépendance artistique ».

(photo : Xavibes) -

Que pense-t-il de la scène guyanaise urbaine actuelle ? « Il y a des bons artistes mais aucun développement artistique ! La nouvelle génération est très productive. Il y a la quantité mais pas la qualité. Le problème est que le public s’y est habitué. Ca se limite à la Guyane alors que l’idée est d’aller beaucoup plus loin. Le seul qui a une vraie visibilité en dehors de la Guyane c’est Jahyanai. Lui, c’est un pikolet : tube sur tube ! Même les Antillais n’ont pas un artiste comme ça aujourd’hui ». Surtout, Prof A déplore le manque d’unité entre les chanteurs. « Il y a trop de hype ! » commente-t-il. Ainsi, Prof A compte prochainement enregistrer des collaborations avec des artistes locaux. « Je veux me poser en tant que fédérateur car sans unité, on arrivera à rien ».

Prof A devrait sortir plusieurs singles en 2017. « Aujourd’hui la manière de consommer la musique a changé, et revenir avec un album complet devient compliqué, explique-t-il. Je vais donc sortir des singles, des clips, et peut-être un EP en fin d’année ».

* ProfA vs ProfA : Disponible gratuitement sur le site hauteculture.com (https://www.hauteculture.com/mixtape/20189/profa-vs-profa)

 
 
Point de vue
L’insécurité en Guyane ?
« Vu de métropole, ça fait mal. On avait lancé des alertes depuis longtemps. Nous subissons les dommages collatéraux de la mondialisation. Nous ne pouvons pas avoir les bienfaits de la mondialisation sans en avoir les méfaits… Quand je rentre au pays, je sens la tension. Mo tchò ka fè mo mal. La violence ne va pas s’apaiser tant que l’on ne la traite pas à la racine : qu’est-ce qu’on propose comme avenir aux jeunes en Guyane ? »
 
 

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