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« On a une histoire, soyons en fiers ! »

Propos recueillis par FXG, à Paris Mardi 26 Septembre 2017 - 10h15
« On a une histoire, soyons en fiers ! »

Yann Cléry, flûtiste, sort le 20 octobre un album intitulé Motozot, et est invité à chanter un de ses titres lors de la prochaine cérémonie des Lindor, samedi.

Votre album a un parfum de jazz, mais également de fleuve… C’est un jazz mouillé !

Enfin, je veux dire un jazz qui part en apnée, un jazz qui a besoin de reprendre son souffle, qui sort de l’eau, à l’image de la pochette ! D’abord, elle ne montre pas mon visage. C’est en rapport avec le nom de l’album, Motozot, qui représente la Guyane. C’est elle qui est mise en avant… Cet album, c’est un hommage à la Guyane.
À voir les auteurs que vous interprétez, on vous sent en quête de patrimoine…

Mes choix ont été guidés par les recherches. J’ai commencé à lire de la poésie d’auteurs guyanais, des livres sur la musique traditionnelle pour m’imprégner. Du coup, ça m’a donné envie de mettre au tambour ; j’ai appris à jouer les rythmes traditionnels, à me les approprier… Et puis, la recherche du patrimoine, elle vient aussi de la recherche d’identité. Je suis un Guyanais de Paris et j’ai dû me replonger dans la culture et le patrimoine guyanais.
Vous faites une large place au conteur Franck Compper, pourquoi ?

L’espiègle Franck Compper… Ça a été une plongée dans le conte guyanais ; il est multiple avec les contes bushinengue, créoles et amérindiens. Et Franck Compper maîtrise les trois facettes. Notre rencontre a été vraiment importante pour façonner l’univers de cet album.
Vous êtes aussi allé chercher Élie Stéphenson et Léon Gontran Damas…

Élie Stéphenson est un monument d’écriture ; il m’a renvoyé directement face à ma négritude. Je ne sais pas si ça a été vraiment volontaire au début, mais chaque fois que je viens en Guyane, je suis obligé d’aller le saluer ! Nous nous sommes rencontrés lors d’un festival et puis, je lui ai demandé de pouvoir utiliser un de ses textes. À partir de là, une connivence s’est mise en place.
C’est le titre Neg Marron et c’est lui que vous chanterez aux Lindor…

C’est très emblématique ! Mais, je ne suis pas du tout dans une revendication revancharde. Le match a déjà été joué. Par contre, nous avons un futur à construire avec les jeunes ! On a une histoire, soyons en fiers ! Utilisons la richesse que nous avons pour aller vers l’avant !
Pourquoi avoir choisi Foi de marron de Léon Gontran Damas ?

Avec Trebe, c’est pour moi un des textes les plus forts que j’ai pu lire. J’ai la chair de poule à chaque fois que je le lis et j’ai ressenti le besoin de l’apprendre par coeur, tel qu’il a été pensé et écrit ! Ce texte sonne presque comme du rock et moi, je suis un enfant du punk ! J’ai eu un groupe pendant cinq ans, c’était du ska punk !
Comment est née l’envie de réaliser cet album ?

Quand je suis revenu après quinze ans d’absence en 2012… L’Encre, à Cayenne, m’avait invité à venir à l’occasion de mon précédent album, Fever. J’ai ressenti un besoin de retrouver la fierté de qui j’étais, d’existence. Et j’ai retrouvé ce sentiment avec les événements de mars et avril dernier, où j’ai entendu un cri unitaire d’existence de la part de la Guyane ! Après le concert à l’Encre, nous sommes allés à la plage. J’ai mis les deux pieds dans l’eau et… J’ai eu une absence, peut-être une heure… J’avais toujours les deux pieds dans l’eau, la tête orientée vers l’horizon et je me suis dit ok ! C’est mon pays ! Ça a été une transmission, mais par l’eau.

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1 commentaire

Vos commentaires

zipan 27.09.2017
jouwé mizik a'w o lyé ou jouwé jaz a méwiken

O fèt ka ki mizik a'w, biguine mazouk ?
Ki mizik la Gwiyan kwéyé ?
Ka ki mizik gwiyanè ?

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