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VENDREDI CULTURE

Montagne d'or : « Je suis contre le projet »

Propos recueillis par Marlène CLÉOMA Vendredi 25 mai 2018
Montagne d'or : « Je suis contre le projet »
C'est à l'âge de 14 ans que l'artiste décide de se lancer dans une carrière musicale ( Ramon N'Gwete)

Après plus de deux ans d'absence de la scène musicale, le rappeur C. R. B. 10 de son vrai nom Biblos Castin, a fait son retour le mois dernier avec le titre Cocolo épisode 1 du concept #DFSP (Doit faire ses preuves). Une composition egotrip qui est accompagnée d'un clip de circonstance. Un format classique du rap qui consiste à flatter son propre égo en multipliant les punchlines. Il s'explique sur son actualité musicale et donne son ressenti sur les sujets forts de l'actualité guyanaise.

Pourquoi avoir attendu plus de deux ans avant de sortir un nouveau titre ?
J'ai vécu un deuil familial. Mon père est décédé et ça a été très dur pour moi de trouver l'inspiration. Je n'arrivais plus à écrire. Sans rien vous cacher j'ai fait des essais mais la production n'a pas validé car ce n'était pas ça. Par la suite je n'ai pas vraiment forcé les choses et au fur et à mesure, j'ai commencé à retrouver de l'inspiration et sorti ce titre Cocolo.
Vos fans ne risquent-ils pas de vous faire payer cette absence de la scène musicale, qui n'a pas été suffisamment expliquée ?
Pour tout vous dire, je n'ai pas eu ce sentiment. Les personnes m'interpellent dans la rue et me demandent quand est-ce que je reviens. Toutes sont impatientes d'écouter le « nouveau » C. R. B. 10, et ça me motive pour la suite.
Le titre Cocolo raconte votre histoire personnelle ou est-ce un moyen astucieux de combler votre absence ?
Ce n'est ni mon histoire personnelle et encore moins une manière de combler mes absences. Ce serait insulter mes fans. Cocolo raconte l'histoire de DFSP (1), c'est un titre egotrip, un registre dans lequel je me sens à l'aise.
Quels messages avez-vous voulus véhiculer à travers ce titre ?
Il est vrai que j'ai donné l'habitude au public de véhiculer un message mais avec Cocolo c'est différent. J'ai vraiment voulu me lâcher, délirer, prendre du plaisir et montrer qui est le patron dans le rap ici d'où le DFSP. Mais je n'ai pas voulu faire passer un message, surtout pas dans un morceau egotrip, même s'il y a toujours une part de vérité dans un tel registre.
Vous avez choisi beaucoup de Guyanais pour tourner votre clip, est-ce une manière de montrer l'amour que vous portez à votre péyi ? Êtes-vous indépendantiste ?
(Rire) Non, je n'irai pas jusque-là, si demain je tourne avec Chris Macari, ça ne voudrait pas dire que je n'aime pas mon pays.
La Guyane indépendante, en un mot ça vous inspire quoi ?
Révolution!
L'actualité guyanaise du moment est focalisée autour du projet de la Montagne d'or. Avez-vous un avis ?
Je suis contre le projet car c'est trop facile de venir en Guyane, faire des profits, profiter de la situation, nous dépouiller... ils veulent nous prendre pour des c... en prétextant que ça va générer des emplois alors que nous n'avons aucune certitude.
La situation de la santé en Guyane est préoccupante, iriez-vous vous faire soigner au Char, à Cayenne ?
Je n'ai pas le choix non plus (rire). Mais, il est vrai que cette situation ne peut pas me laisser indifférent et ça ne date pas d'aujourd'hui. Pour faire un aparté, lors de l'hospitalisation de mon daron, j'ai remarqué que l'hôpital était insalubre. Il y a un manque d'organisation au sein du groupe pour que ça arrive à ce point. J'espère que l'État trouvera vite une solution car c'est la vie de plusieurs milliers de Guyanais qui est en danger.
Vous êtes d'origine haïtienne, pour vous comment est perçu la communauté haïtienne en Guyane ?
J'irai même plus loin. Je suis Haïtien. Je suis né en Guyane, mes parents m'ont éduqué avec une culture haïtienne, je l'ai mis en avant dans mon titre Cocolo quand je dis « grandi avec du compas, pas avec les sonorités de Kassialata » .
Pour répondre à la question, je dirai que nous sommes perçus comme des travailleurs, des bosseurs, nous renvoyons une image positive malgré les quelques préjugés qui subsistent mais ça c'est pour tous les ressortissants.
Quelle a été votre réaction, lorsque vous avez appris que l'année 2018 était l'année d'Haïti à Kourou ?
J'ai vaguement entendu parlé, à cette période d'autres choses me préoccupaient... Il m'a fallu du temps pour faire mon deuil.
Et aujourd'hui comment va le « nouveau » C. R. B. 10 ?
Aujourd'hui je vais très bien. Je suis déterminé. Je reviens avec dix épisodes de DFSP. Je compte tout faire et prouver que j'aime ce que je fais. J'aime le rap. J'ai évolué. J'ai d'autres visions sur certains sujets, certains thèmes. Cependant ce n'est pas vraiment changé je reste le CRB10 d'avant avec le même message mais le discours sera différent.
Quels sont les projets de C. R. B. 10 ? Avez-vous prévu des duos, des collaborations ou encore même de mettre la clef sous la porte ?
Cocolo est le début d'une longue série. J'ai prévue de faire 10 épisodes du concept DFSP, dans lequel je pense faire des collaborations. Au contraire de l'épisode 1, l'épisode 2 raconte une histoire. La sortie est prévue 1er juin (en exclusivité sur franceguyane.fr).
Écouter et/ou télécharger le titre Cocolo gratuitement sur : https ://soundcloud.com/sas-prod/crb10
Retrouver également toute l'actualité de CRB10 sur son facebook : http ://www.facebook.com/crb10officiel
Mais aussi sur Instagram : http ://instagram.com/crb10officiel
(1) « Autrement dit, Doit faire ses preuves, est un morceau egotrip, avec dix morceaux ou je délire, je m'amuse, c'est de l'autodérision. D'ailleurs, les clips des dix épisodes se tourneront dans les quartiers « dits » les plus chauds de Guyane, (Balata, Cogneau, Chicago, Mango ou encore à Kourou...). Pour les deux premiers épisodes, j'ai choisi le quartier de Balata, à Matoury, pour les tourner, car c'est là où commence l'histoire c'est de là que je viens, c'est là que j'ai grandi donc j'ai choisi de le mettre à l'honneur. Pour l'épisode 3 j'ai prévu d'aller à Cogneau. »
Quelques récompenses de l'artiste
C.R.B.10 n'a pas toujours voulu être rappeur, à 10 ans, il souhaite devenir footballeur. Son rêve : porter le numéro 10 comme Zinedine Zidane, mais le destin en a décidé autrement. En 2006, à seulement 14 ans, il se lance dans une carrière musicale. Il collaborera avec plusieurs artistes guyanais et internationaux notamment Maldone M'Say, Ramsin, Maryloo, Lady Lao, Sweet Way... En 2010, il sortira son premier album solo Prisonnier de ce monde, composé de 14 titres en combinant avec plusieurs artistes dont Lady Lao avec le titre Amour impossible. Un titre qui va l'emmener aux Lindors en 2012, durant lesquels il est récompensé en tant que meilleur duo de l'année et meilleur clip en 2013. Biblos Castin continuera à vivre sa passion musicale, acharné et travailleur, il sera également nommé aux Lindors 2014 au côté de Sweet way pour le titre Je t'aimerai. Après une longue pause, l'artiste reprend le micro, motivé plus que jamais. Le public et les autres MC sont prévenus. Le titre Cocolo a été composé par Baws music et le clip a été réalisé par Fiu Lann, un jeune « à qui j'ai décidé de donner sa chance car il fait du bon travail » .

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2 commentaires

Vos commentaires

Citoyen Guyane 26.05.2018
Choix du titre

Sérieusement France Guyane, c'est un artiste qui parle de sa carrière, de ses choix et de plein de choses en Guyane. Pourquoi un titre focalisé sur un paragraphe de quelques mots ? Surtout un titre aussi politique que celui la alors que nous sommes dans la catégorie Musique. Dommage que le talent de nos artistes ne soient pas plus mis en valeur au détriment de leur orientation sociaux économique. En fait, on a même l'impression que sa musique vous n'en avez rien à faire et que c'était une belle occasion de faire encore un titre sensation.

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Paassy 26.05.2018
Belle dose de toupet

"Nos artistes" ? Il dit qu'il est Haïtien, pas Guyanais. Quand tu ne te considères pas Français, ben ton avis sur Montagne d'Or ou sur l'actualité du département, on s'en cogne. J'aurais juste voulu savoir quand il pense retourner au pays.

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