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Little Guerrier : « La musique te libère l’esprit »

Propos recueillis par Fabienta Prosper Lundi 21 Août 2017 - 11h05
Little Guerrier : « La musique te libère l’esprit »

Le 26 août, Little Guerrier est la tête d’affiche du concert Familyvibes à Saint-Laurent du Maroni. Âgé de 34 ans et originaire du Suriname, August Main de Bouja, de son vrai nom, est un vrai amoureux de la musique. Guyanais d’adoption, il a, depuis son plus jeune âge, baigné dans tous les types de musique avec ses parents. Après 15 ans de carrière, il ne dit être jamais épuisé de partager ses good vibes.

Que ce qui vous passionne dans ce que vous faites?
Le fait de rassembler les gens autour d’un message de vraies valeurs. Quand la musique te frappe tu n’as pas mal, elle te libère l’esprit et te permet de te retrouver toi-même, ça te calme, t’apporte de la joie. C’est une chose qui éveille les conscience. Tout cela fait un en moi. C’est quelque chose que j’adore.
Pourquoi le reggae ?
Je n’ai pas choisi le reggae, c’est ce qui me parlait le plus et qui était le plus à ma portée. Ce qui me plaît, c’est le fait d’avoir le « one drop beat » qui est une manière de jouer le reggae. C’est une musique qui rappelle les battements du coeur. Elle te parle spirituellement. Mais je n’ai pas forcement choisi le reggae, j’ai choisi la musique tout court. C’est pourquoi j’arrive à chanter sur du hip-hop, à jouer sur de l’acoustique, à faire du R&B, un peu de toutes les musiques du monde. À chaque fois que la musique me parle, je suis attiré à chanter dessus, à faire de nouveaux textes, et de nouveaux projets.
Depuis quand avez-vous plongé cet univers ?
Professionnellement parlant, je fais de la musique depuis 2002. Sinon, j’ai toujours vécu dans la musique, à la maison, avec mes amis, ou seul. Je suis quelqu’un qui écoute beaucoup de musique et qui lit beaucoup. Ça fait 15 ans que je joue de la musique. Mes parents en étaient amoureux. On y est attaché. Que ce soit aux « bigi poku » du Suriname ou le kasékò. On écoutait beaucoup de blues américain à la maison. Même s’ils n’en faisait pas, tous les dimanches on avait une série de musique qu’on écoutait pour détendre la famille.
Qu’est ce qui vous a poussé à en faire votre métier ?
C’est la passion. Je suis passionné de musique. J’aurais aimé avoir fait ça tout le temps pour vraiment être dans le vif. Après mon expérience avec le groupe Reggae Matic de 2000 à 2006, à Cayenne, j’ai voulu en faire une vraie profession. J’ai évolué avec ce groupe. On a sorti deux albums, Reggae Matic vibes et Roots rock reggae. On a fait pas mal de live ensemble.
Parvenez-vous à vivre de votre métier aujourd’hui ?
90 % de mon temps je ne fais que de la musique. Les autres choses que je fais à côté peuvent être des propositions d’ateliers de chants, d’écriture et parfois des prestations de service en fonction de ce qu’on me demande pour les différents festivals organisés en Guyane.
Quelles sont les plus grandes difficultés auxquelles vous devez faire face ?
Peut-être le côté marketing… Il faut avoir plus de contacts, afin que ta musique soit véhiculée le plus rapidement possible auprès des gens. C’est peut-être ce qui manque. Mais aussi les structures, des accompagnements, des gens qui peuvent faire la différence dans le monde. Je n’ai pas de difficulté à faire de la musique, je comprends ma musique. J’ai acquis beaucoup de maturité au fil des années. C’est quelque chose que je maîtrise maintenant. Aujourd’hui c’est un réel plaisir. Quand on sait faire de la musique et qu’on la comprend, on n’a pas de difficulté. Je travaille tous les jours, je répète tout le temps.
Quel est le plus gros atout quand on joue de la musique ?
Le fait de faire passer des messages surtout auprès des jeunes. Ça me touche beaucoup quand je vois que des jeunes de 5-6 ans arrivent à comprendre ma musique. C’est aussi le fait de pouvoir parler à un grand nombre de gens en même temps. Ton message peut ouvrir les yeux et éveiller la conscience de quelqu’un. C’est un réel atout. C’est pourquoi il ne faut pas prendre à la légère la force et le pouvoir de la musique.
Quel pays vous a le plus marqué lors d’un déplacement en concert ?
L’Éthiopie en 2013. C’était un retour à la Terre mère, aux sources, aux racines. C’était pour moi une fierté d’être entouré des membre de la communauté rasta. C’était un rêve d’enfant spirituellement parlant. Mais j’ai aussi beaucoup aimé les autres pays où j’ai chanté. Je ne peux pas choisir, c’est difficile. À chaque fois on retrouve des gens qui nous accueillent à bras ouverts avec beaucoup d’amour.

Quels sont les moments qui vous ont le plus marqués dans votre carrière ?
Je retiens tout, tout est important dans ma carrière. Mais la sortie de mon premier album solo Cry out en 2007 m’a vraiment marqué. Aussi quand j’ai reçu mon « Prix spécial de la représentation de la musique guyanaise à l’international en 2013 ». C’était pour toutes les années de travail que j’avais entrepris dans la musique. C’est quelque chose qui te marque, les gens reconnaissent ton travail grâce à ça. J’ai aussi remporté le concours 9 semaines et 1 jour en 2008 avec le titre Black woman ce qui m’a permis de faire une tournée en France et de représenter la Guyane aux Francofolies et aux intendances de Paris plage. Il n’est pas toujours donné à un Guyanais d’arriver quelque part et faire la clôture d’un festival. La sortie de mon album More love en 2016 est aussi une grande fierté pour moi. Il a été fait entre le Pays-Bas, la France, la Guyane, l’Angleterre, et la Jamaïque. On a pris trois ans à le réaliser. C’est mon 5 ème album.
Avez-vous toujours eu de bon retours ?
Je n’ai pas de mauvaise expérience avec mon public. Je peux en avoir dans l’évolution de ma musique avec le marketing, la production, le développement des moyens financiers. Mais être devant le public en général se passe très bien.
Qu’est ce qui vous manque pour aller encore plus loin ?
J’aurai besoin de plus de moyens économiques, de structures, plus de partenariats, mais sans pour autant demander à qui que ce soit. Je pense que ça permettrait à ma musique d’évoluer encore plus loin, et me permettrai d’avoir un public plus large dans le monde entier. C’est qu’on vise le tour du monde! On a la certitude que notre musique peut aller au-delà de nos frontières.
Vous citez souvent les jeunes, quel est message avez-vous pour eux ?
De garder le respect, l’amour pour les ancêtres, pour les anciens, les écouter, travailler à l’école, toujours être à l’écoute des message positifs, être solidaire entre eux-mêmes car l’union fait la force. Que quand ils tombent, il faut se relever. C’est ça la vie. Aller de l’avant malgré les chutes. Nous devons être un modèle pour les jeunes pour qu’ils puissent avoir un repère.


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