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Blackwood is b(l)ack !

Propos recueillis par Pierre ROSSOVICH /photos : Kathryn VULPILLAT Lundi 6 Février 2017 - 08h53
Blackwood is b(l)ack !

Blackwood, un nom bien connu en Guyane, une référence. Le groupe a aujourd’hui 33 ans d’existence et présente son quatrième album. Interview.

Aujourd’hui, qui fait partie de Blackwood ?
Théo : Toujours les mêmes ou presque : Kiko à la basse, Momo alias Choose One à la batterie et au chant, Djabar à la guitare et au chant, et moi au clavier.
Kiko : Ça, c’est la base. D’autres sont ensuite venus nous rejoindre, comme Mac, il y a plus de quinze ans, mes soeurs, mon petit frère Christian ou encore notre ingénieur son Guy Papius.
Pourquoi revenir après douze ans sans album ?
Théo : Cela fait quatre ans que l’on travaille sur ce nouvel album. Au fur et à mesure des compositions, les morceaux ont évolué. Ils sont bien au goût du jour. Il était temps de sortir un album, de porter notre pierre à l’édifice par notre parole. Blackwood est un groupe de messages. Les temps sont graves, la jeunesse a besoin de repères. L’engagement pour le pays, la défense de nos valeurs et une part de spiritualité : c’est ça notre message.
Kiko : Entretemps on a joué pour Burning Spear, on a fait des tournées à Marseille, en Provence, au Brésil, au Suriname… On a eu une période de recherche.
Constatez-vous aujourd’hui l’influence que vous avez eue sur la scène guyanaise ?
Kiko : Bien sûr, surtout dans le reggae. Mais nous-mêmes avons été impulsés par des groupes comme Arouman de Jean-Paul Agarande, défunt Guy Robert, Jean Privat, Eudor Lucas qui nous a rejoints depuis ; par I’n’I de défunt Roger Jadfard… Cet album est d’ailleurs dédié à tous nos frères disparus, comme Olivier de Montréal.
Théo : Nous avons été précurseurs en son et lumière, les premiers à utiliser des fumigènes sur scène. Les premiers, après les Vautours, à avoir réuni plus de 1 000 personnes, au Mogador…
Kiko : Le premier groupe également à obtenir 7 Lindor. France-Guyane avait titré « La nuit Black » !
Vous avez toujours fonctionné en autoproduction ?
Kiko : Oui, on a toujours eu notre staff, notre sono… Tous les grands groupes avant nous faisaient ça. Les Vautours, les Super Yutas, l’orchestre Théolade… C’est dans la culture locale.
Vous avez 33 ans de musique derrière vous, comment faites-vous pour qu’elle reste au goût du jour ?
Kiko : La musique est une roue qui tourne. Avant, la mode étaient à la soul, au funk ou au rhythm’n’blues. Aujourd’hui c’est revenu, on appelle ça le r&b. Nous, nous sommes 100 % roots rock reggae music et on le restera !
Choose One : C’est l’expérience qui parle. On évolue, en tant que musiciens et en tant qu’êtres humains. On a grandi dans les années 1960, on a donc connu les prémices du reggae et de la musique caribéenne.
Et votre longévité en tant que groupe ?
Djabar : Le fait d’être presque tous compositeurs nous permet de durer. Car les groupes où il n’existe qu’un seul compositeur ne durent pas.
Avec l’arrivée d’internet, on assiste à une explosion de chanteurs…
Kiko : Dorénavant, tout le monde à sa chance, mais tout le monde ne réussit pas. C’est le talent qui tranche. Aujourd’hui, les supports physiques s’en vont. On débarque donc sur internet. On rentre dans l’histoire ! Et puisqu’on annonce la mort du CD, on va également remettre des CDs en bac !
Que pensez-vous de la nouvelle génération ?
Kiko : Il y a du bon et du mauvais. Je trouve que les jeunes ont une bonne plume en général. La Guyane a toujours eu de bons écrivains. La bande à Gifta, Rude Empire… Je leur tire mon chapeau car ils n’avaient aucune plateforme d’expression quand ils sont arrivés. Ils ont réussi avec la rage, en autodidactes. J’aime des artistes comme Lova Jah, Amadeous…
Y a-t-il un héritier de Blackwood ?
Kiko : Le reggae guyanais ! Une certaine direction musicale. Blackwood a toujours prôné l’émancipation et le développement de l’esprit et des conditions sociales en harmonie avec notre spiritualité. Les jeunes ne chantent pas ça. Eux, c’est « Faya pour faya ». Mais ils changent petit à petit. « You can never stop the train », comme chantait Peter Tosh. Le problème est que dans ce pays, il n’y a rien pour accompagner la culture. Si tu es dans un clan, on t’aide. Sinon, c’est du feu qu’on allume sur toi. Et c’est ce qu’on a toujours dénoncé : la domination de l’homme par l’homme. La Guyane n’est pas un pays où les forces vives sont encouragées. Nous sommes dans une communauté de communautés. Mais au temps de Catayée toutes les communautés se mélangeaient. Ils ont enlevé tout ça à des fins politiques. C’est le pouvoir.
Quels sont vos projets pour 2017 ?
Théo : Un deuxième album est déjà prêt, plus un album live. On a différents projets à différents stades de production. On veut faire plus de discographie.
Kiko : On va sortir des choses régulièrement. Au lieu de sortir des albums avec des titres qui se concurrencent, nous sortirons des maxi tous les six mois.
TRACK BY TRACK
Gangan yan di mo : « Il y a un proverbe qui dit : « Ne pêche pas pour ton fils, apprend lui à pêcher ». Notre problème aujourd’hui, avec l’évolution globale, n’est plus d’apprendre à nos enfants à pêcher, mais qu’il n’y a plus de rivières. Ce monde ne cesse de se dégrader. Chaque génération apprend à résoudre les problèmes auxquels elle fait face. On n’apprend pas aux générations suivantes à affronter les problèmes futurs. »
Badness : traite de la situation des jeunes dans la société. « Quel espoir pour eux ? ».
Fils de Dieu fille des hommes : « La place de l’homme vis-à-vis de l’Éternel ».
Elle : chanté par Linda Rey, « traite de la condition de la femme amoureuse ».
To lespri : « Un clin d’oeil à To ké to lidé. Beaucoup n’ont pas vraiment écouté la chanson. Ce n’était pas simplement un appel à l’exaltation du corps mais aussi à l’esprit. »
Emeop : « Un ska instrumental. Emeop est le verlan de poème. »
Girl : « L’histoire classique d’un homme et d’une femme », chanté par Mac.
Soulajé mo : chanté par Choose One. « Traite de la discrimination raciale. Entre nous, nou pé pa gadé nou ko é di nou lé choz. Pou mo pa jouré moun, mo plisimyé chanté sa mo ka resanti. »
Electric dub : « Une de nos premières compositions datant des années 1980. Pour la première fois sur support CD. »

Invités : Défunt Olivier de Montréal, MaryLoo Coppet, Régine Lapassion, Gilda Rey, Linda Rey, Amadeous, Stéphane Verin.
 




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