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Jean-Marc Boudine sculpte l’esclavage

Mardi 25 juin 2013

Haïti

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Jean-Marc Boudine sculpte l’esclavage comme il sculpte l’angoisse du métro, l’épouvantable prix de l’essence ou encore la discrimination à la télévision. Ce plasticien de Villeneuve-Saint-Georges (94), né à Pointe-à-Pitre en 1973, fait feu de tout bois.

Il est tombé dans la sculpture dès son plus jeune âge. « Je récupérais du bois pour créer. Je ne sais pas si c’est par manque de moyen ou par passion ». Enfant en Guadeloupe, il fabriquait ainsi des petites voitures, des trottinettes. « Ça marchait ! » Ses créations ne sont alors pas encore de la sculpture, juste « du structurel ». Son adresse lui confère de la part de ses copains, le surnom d’architecte. « J’ai fait le premier « half pipe » en Guadeloupe, une rampe pour BMX en U… » Il allait avec ses copains à Jarry piquer du bois, et pas que du bois de palette !
Au lycée professionnel du Lamentin où il entre pour apprendre la menuiserie, il se fait attraper volant du bois. « On m’a traité de voleur ; j’ai répondu sculpteur… » « Jamais tu n’y arriveras ! », lui a dit son professeur. Sa première œuvre d’art est une statuette en bois de mahogany qu’il a travaillée au couteau et au ciseau. « C’est une femme étirée sur pied. »
Jean-Marc Boudine est un instinctif et la sculpture est le meilleur moyen de donner de l’impact à son expression. Lorsqu’il a réalisé sa série sur l’esclavage, il a ressenti une impérieuse nécessité : « J’ai eu l’impression que certaines personnes ne comprenaient pas trop l’esclavage… » Lors de son apprentissage (il a fait le tour de France des compagnons), il est stupéfait que nombre des Compagnons ignorent tout de la traite… « La sculpture est un moyen d’en parler. Chacune des œuvres represente un moment de la vie d’un esclave… »
Dix pièces composent cette série qu’il a exposée au moment du 10 mai à Villeneuve-Saint-Georges, puis à Grigny (91) et qu’il aimerait voir définitivement installées au Mémorial ACTe de Darboussier à Lapwent. Militant du Comité de la marche du 23 mai 1998 (CM98), il a eu le besoin de rejoindre l’association de Serge Romana car il était curieux de connaître « ce qui s’était passé avant ». Pour autant, il avoue tout ignorer de sa propre histoire, au-delà de sa grand-mère…
Quand il ne sculpte pas, Jean-Marc est sur les toits de Paris. Il est couvreur et zingueur et a même travaillé sur le palais du roi Fahd d’Arabie Saoudite. Il est aussi usager des transports en commun, de la pompe à essence, du supermarché, de la télévision et tout cela inspire aussi son travail créatif. Il devient alors un artiste très contemporain, usant de toutes sortes de matériaux modernes, tandis que lorsqu’il s’attelle à représenter l’esclavage, sa facture devient plus classique et les matériaux sont plus nobles avec de l’acajou, du citronnier ou de l’ébène…
Récemment, il s’est inscrit à l’URSSAF pour créer sa petite entreprise d’ornementation d’intérieur. Il s’est mis sur une série de représentations de la Guadeloupe en cuivre et zinc qu’il devrait montrer au public guadeloupéen à l’occasion des grandes vacances au bourg du Gosier.

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