3 QUESTIONS A Patrick Arnolin
« C'est une demande des jeunes pour retrouver leur racine. »
Propos recueilli par Alfred Jocksan (agence de presse GHM)
Hexagone
22.02.2012
Pourquoi cette « Ecole ouverte » consacrée au créole ?
C’est un signe fait à tout l’outre-mer. Nous avons mis en place ces ateliers pour faire découvrir une partie de l’identité française qui est l’outre-mer et qui fait partie de la richesse de cet ensemble national. Ce sont les jeunes de l’établissement qui ont demandé des cours de créole. Ici, ils font du gwo ka, du bèlè, et pour parachever le dispositif, ils ont demandé des cours de créoles. C’est une double demande, une demande de l’établissement pour fêter l’année de l’outre-mer et une demande des jeunes pour retrouver leur racine.
Ressentez-vous l’apport particulier de cet apprentissage chez les élèves ?
Chez nous, il y a beaucoup des jeunes d’origine antillaise qui n’ont jamais mis les pieds sur la terre maternelle. C’est une envie, chez eux, de retrouver quelque chose qu’ils ont perdu. Pour moi, faire confiance aux gamins, c’est leur donner des outils pour régler pacifiquement les conflits.
Quinze volontaires pendant les vacances scolaires, est-ce un succès ?
Quand vous démarrez une action, les jeunes sont incrédules, ils se disent : quand ça marchera, on viendra… Une quinzaine de jeunes et pour un démarrage, c’est bien. Dans l’établissement, ils sont une trentaine de jeune d’origine antillaise et réunionnaise. Nous avons aussi ceux qui arrivent de l’extérieur. Je peux vous dire que nous auront, au mois d’avril, plus d’une vingtaine de gamins. Je suis très content de ce démarrage car pour cette opération « Ecole ouverte », nous recevons plus de 240 jeunes. La plupart prépare les examens du bac et d’autres sont là pour des révisions et des approfondissements. En avril traditionnellement, on a beaucoup plus de jeunes, environ 450. Automatiquement le groupe de créole va augmenter.