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Maripa-Soula : « Tradition et multiculturalité pour le progrès » *

Pr Jean-Marie FOTSING France-Guyane 24.02.2011

France-Guyane et l'IRD vous proposent, le dernier jeudi de chaque mois, une commune vue du ciel, « hier » et « aujourd'hui » . Onzième commune : Maripa-Soula. Le mois prochain : Ouanary.

Maripa-Soula est une commune rurale du sud-ouest de la Guyane. Elle est limitée par le Suri-name à l'ouest, le Brésil au sud, les communes de Camopi au sud-est, Saül au nord-est et Papaïchton au nord-ouest.
Avec 18 761 km2, elle est la plus vaste commune de Guyane et de France. Elle occupe le 9e rang des communes du département avec une population totale de 5 584 habitants en 2009 (source Insee), ce qui la place dans le groupe des communes rurales de niveau supérieur.
Cette population est regroupée en plusieurs foyers de peuplement de 150 à 500 habitants (Antécume Pata, Taluen-Twenke, Elaé, New Wakapou, Pidima et Kayodé). Maripa-Soula, chef-lieu de la commune avec environ 3000 habitants, est la plus importante concentration humaine.
Situation en 1956
La photographie aérienne de 1956 (ci-dessous) montre un village aéré, installé dans une clairière sur la rive droite du Lawa. On y dénombre une cinquantaine de constructions dispersées le long de quatre rues orthogonales, dont deux rues principales parallèles au fleuve. Quelques constructions s'imposent, comme « la maison du médecin » au nord et « le presbytère » à la pointe sud du village. L'élément le plus saisissant du paysage est l'hétérogénéité des constructions dans un espace ouvert au milieu de la forêt dense.
A plus de 200 m au nord, quelques cases alignées se distinguent, dont une imposante construction à l'extrémité nord. C'est le village Atimba, relié à Maripa-Soula par un chemin à peine perceptible.
Situation actuelle
Vue par le satellite Spot 5 en août 2009 (photo ci-dessus), Maripa-Soula est une petite ville en étoile, adossée à la rive droite de la rivière Lawa et enfermée dans le méandre de cet affluent du Maroni.
Bloquée à l'ouest et au sud par le Lawa, la croissance du bourg s'est faite en trois directions majeures, le long des routes qui partent ou aboutissent au coeur historique de la ville : la route Sophie vers le nord-est, la route de l'aérodrome vers le nord et la route Abdallah vers le sud-ouest.
La photo permet ainsi de distinguer plusieurs types de quartiers qui structurent l'espace urbain.
Le « coeur historique » de Maripa-Soula occupe l'emplacement originel de la ville. Ces vieux quartiers, occupés par les Aluku et les créoles, concentrent à proximité de l'église et de la mairie les services publics et l'essentiel des infrastructures socio-éducatives (gendarmerie, Poste, écoles, antennes du Conseil général, ADI, antenne du Conseil régional, internat pour collégiens, etc.).
Ce vieux bourg, où subsistent des zones non bâties, se poursuit au nord par le quartier de la montagne (ancien DDT), prolongé par un lotissement résidentiel à la périphérie, au sud par le quartier Poti-Soula, aux belles résidences occupées par les fonctionnaires métropolitains, et au sud-ouest par le quartier Souanpou, peuplé de familles amérindiennes et Aluku.
Au nord-est de la ville, des villages et quartiers urbains relativement anciens se succèdent, guidés par la route Sophie et le fleuve. A proximité de ce dernier, on peut citer, du sud vers le nord, la Monnaie, les villages Atimba et Kouakou, le camp Limier et le village Machine. Au-delà de ce bloc, le quartier Sophie éparpille ses grandes villas dans la verdure, de part et d'autre de la route principale.
Le long de la route de l'aérodrome, se sont développés deux quartiers aux paysages très différents. Le quartier Detroit, où réside le « Grand Man » , l'un des chefs coutumiers suprêmes des Aluku, présente des habitations dispersées dans un espace traversé par des voies piétonnes. Plus loin, le quartier Matoury, avec ses rues orthogonales, offre un paysage plus ouvert. Plus au sud, la décharge communautaire marque la fin de l'espace urbain.
Le long de la route Abdallah, vers l'ouest, se succèdent des lotissements résidentiels sur la partie nord de la route (cité Sigy, cité Djakata à proximité du collège), séparés par des espaces verts et des zones peu bâties. La partie sud de la route, plus densément bâtie, affiche un paysage urbain moins organisé. L'ensemble se termine par les installations de la scierie, d'EDF et aboutit au village Abdallah sur le débarcadère.
En conclusion, Maripa-Soula, avec ses infrastructures, est le principal pôle économique des communes du fleuve Maroni. On y dénombre deux boulangeries, quatre hôtels (pour une capacité d'accueil de plus de 60 chambres), des restaurants, des commerces, des écoles et un collège à cycle complet. Des liaisons aériennes quotidiennes relient le bourg à Cayenne. La croissance et le développement de la ville ont fait émerger du côté du Suriname le village « Albina » , qui s'est spécialisé dans le commerce des produits et matériels de première nécessité.
L'originalité de Maripa-Soula est sa population pluri-ethnique, la proximité et les échanges avec le Suriname. A 15 minutes du bourg, l'aérodrome de Lawa-Tabiki assure plusieurs liaisons quotidiennes avec Paramaribo, contribuant ainsi à fluidifier les relations entre la commune, le Suriname et le littoral guyanais.
Pr Jean-Marie FOTSING
(directeur de l'IRD en Guyane)
2009 (Maripa-Soula 2009, image Spot 5 du 10 août 2009. Copyright Cnes. Distribution commerciale exclusive Spot Image : Seas Guyane. Traitement d'image : Centre IRD de Guyane - UMR Espace-Dev)2009 (Maripa-Soula 2009, image Spot 5 du 10 août 2009. Copyright Cnes. Distribution commerciale exclusive Spot Image : Seas Guyane. Traitement d'image : Centre IRD de Guyane - UMR Espace-Dev)
1956 (Maripa-Soula 1956 - Photographie aérienne, copyright IGN)1956 (Maripa-Soula 1956 - Photographie aérienne, copyright IGN)
(1) Signification du blason de la commune
- Vue du sol...
A la question : « Comment voyez-vous l'avenir de Maripa-Soula ? » , ses habitants répondent :
 
- « L'avenir passe par la coopération transfrontalière, axe majeur du développement économique et social » (Tobi Balla).
 
- « La population étant très jeune, il faut développer des infrastructures sportives et favoriser la création de PME » (Jean-Claude Doudou).
 
- « Il faut faciliter l'accès des marchés publics aux jeunes artisans et entrepreneurs locaux » (Christian Apouyou).
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24 mai 2012