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GUADELOUPE

« Le processus vers une collectivité unique ne se fera pas avant 2021 »

Propos recueillis par Karel CLOTAIRE Vendredi 12 octobre 2018
« Le processus vers une collectivité unique ne se fera pas avant 2021 »
Ary Chalus, président du conseil régional de Guadeloupe (Roberto Birhus)

Ary Chalus, président du conseil régional, a rouvert le débat en se prononçant en faveur d'une collectivité unique. Celui qui assure ne pas vouloir en être le président veut, en revanche, que ce projet soit fait en concertation avec la population et les élus, qu'il y ait une vraie notion de projet guadeloupéen, et réussir son action régionale qui reste sa priorité.

Vous vous êtes positionné ouvertement en faveur d'une collectivité unique. Une annonce qui a un peu surpris dans la mesure où on ne vous avait presque jamais entendu sur ce sujet...
Ce n'est pas d'aujourd'hui que j'exprime ma volonté pour une assemblée unique. Dès 2003, je m'étais déjà exprimé sur ce sujet en me prononçant pour. J'étais même à l'origine d'une réunion à Lacroix, aux Abymes, à ce propos, où il y avait des élus et des spécialistes. À l'époque, j'avais déjà dit : « Tout parent, père et mère de famille, a l'ambition que son enfant évolue dans la vie, et aille loin. » J'ai cette ambition pour la Guadeloupe jusqu'à maintenant.
Pourquoi êtes-vous favorable à une collectivité unique ?
Si nous avions une seule collectivité en Guadeloupe, nous serions déjà allés beaucoup plus loin sur certains dossiers, tels que l'eau, les sargasses...
Avec une seule collectivité en Guadeloupe, plusieurs choses auraient déjà avancé. Je ne dis pas que la collectivité unique réglerait tout. Aujourd'hui, la loi NOTRe nous permet de réunir la CTAP, la conférence territoriale de l'action publique. Allons-nous la réunir chaque fois qu'il y a un problème urgent ? C'est ma position personnelle.
Ça risque de déranger, car une collectivité unique signifie moins de mandats pour certains élus, il faut le dire. Je n'ai pas besoin d'être le président de cette collectivité unique. L'intérêt des Guadeloupéens passe avant tout. Ce qui est vraiment important pour moi, c'est que nous puissions, ensemble, réfléchir à un projet commun, rationaliser les choses, trouver des solutions pour faire avancer le pays. Nous avons cette volonté d'avancer. Il y aura une très large concertation à faire. Il faudra monter un projet ensemble avec les Guadeloupéens et faire comprendre pourquoi une collectivité unique est utile et nécessaire pour l'économie du pays. La collectivité unique n'est pas la priorité, mais si on doit y venir, il faut y aller.
Olivier Serva, conseiller régional au sein de votre majorité, s'est exprimé en disant que ce n'était pas une priorité ni le moment de rouvrir le débat. N'est-ce pas un petit grain de sable qui pourrait nuire à ce consensus politique ?
Non, ce n'est pas un grain de sable. Il a donné sa position personnelle. Il a le droit d'en avoir une. Il n'a pas dit qu'il était contre, il a juste dit que ce n'est pas une priorité.
Quelles sont vos relations avec Olivier Serva ?
Il n'y a aucun problème avec lui.
En 2003, la population avait largement rejeté ce projet d'assemblée unique. Une population qui a de moins en moins confiance en ses élus. Comment vous, élu, pouvez-vous les faire adhérer à ce projet ?
En 2003, lors du congrès, il y a eu un contre et une abstention dans l'hémicycle. Mais politiquement, des gens ont fait peur aux Guadeloupéens. Ces personnes sont arrivées au pouvoir en étant des marchands de la peur. Aujourd'hui, nous avons une population intelligente, une jeunesse bien formée et des jeunes diplômés qui prennent leurs responsabilités. Aux élus de faire comprendre qu'une seule entité sera bénéfique à la Guadeloupe, dans l'intérêt des Guadeloupéens et non dans notre propre intérêt. Nous sommes là pour servir la Guadeloupe et non se servir. Mais je le répéterai, c'est la peur qui fait que ça a échoué en 2003.
Quel sera le calendrier maintenant que le débat est relancé ?
Le débat n'est pas relancé. J'en ai parlé dans une réunion de rentrée. Je lance aux politiques le soin d'en discuter. S'il faut prendre des décisions, nous le ferons ensemble. Mais ce n'est pas la priorité. Il faut en parler, il faut y penser.
Seriez-vous à l'initiative de la convocation du congrès des élus ?
Si le Département le souhaite, si les élus le souhaitent, pourquoi pas ? Si c'est pour discuter du concret, il n'y a aucun problème à ce niveau.
Il faut un consensus. Je le dis et je le répète. Je ne ferai rien pour faire plaisir à Ary Chalus. Je ferai ce que les Guadeloupéens souhaitent. Ça a toujours été mon slogan. Je fais avec les Guadeloupéens, pour les Guadeloupéens.
Vous lancez quand même une petite bombe en disant que vous êtes favorable à une assemblée unique et quand on parle de calendrier, vous dites que ce n'est pas pour maintenant...
Il faut prendre son temps et avoir un vrai projet. C'est une bonne chose si le débat est relancé. Mais je le redis, c'est l'intérêt des Guadeloupéens qui m'importe le plus. Je le dis avec mon coeur, il y a des choses à faire pour les Guadeloupéens. Avec une entité unique, on travaillera mieux. Je vais même plus loin, je veux deux agglomérations en Guadeloupe. Une en Grande-Terre et une en Basse-Terre. Ça fera mal, car ça signifie la disparition de beaucoup de mandats pour certaines personnes. Mais les choses risquent de fonctionner plus facilement.
Ce sont plus les élus qui ont peur que la population au final...
(Sourire). Je crois bien.
Vous dites que vous ne souhaitez pas être président de cette collectivité. Peut-on vous croire ?
Ce qui est important, c'est de réussir notre programme proposé à la population. Les choses avancent très bien sur les travaux que nous avons débutés, le tourisme se porte bien. Nous continuerons. Si la population souhaite, en 2021, que je prolonge mon mandat, je le ferai. Mais le processus en vue de la mise en place d'une collectivité unique ne se fera pas avant 2021. Et si elle voit le jour, il est clair qu'Ary Chalus ne sera plus là. Je ferai deux mandats, mais pas plus. Je ne serai pas là pour la collectivité unique. Je ne veux pas d'autres responsabilités.
Peut-être donner des conseils, mais il faut savoir s'arrêter après un certain âge et laisser la place aux jeunes. Après 65 ans, je veux faire autre chose, accompagner et aider.
La population, elle pense quoi de l'assemblée unique ?
En 2014, l'institut de sondage Qualistat avait interrogé la population sur le projet de collectivité unique. À la question : « Que pensez-vous d'une fusion des deux collectivités actuelles en une collectivité unique ? » , 68% des personnes interrogées avaient déclaré que c'était une bonne chose contre 16% une mauvaise chose. Et 93% d'entre eux étaient favorables à une consultation.

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1 commentaire

Vos commentaires

xxl 12.10.2018
CONTRE

L'assemblée unique est une connerie arry chalus et croyez moi et prenez l'exemple de la martinique, dès que vous concentrez le pouvoir dans les mains d'une seule personne c'est la D I C T A T U R E.

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