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LE COUP DE GUEULE D'UNE SAINT-MARTINOISE.

« Il n'y a aucun cadavre qui flotte ici »

Boris COLOMBET Mardi 12 septembre 2017
« Il n'y a aucun cadavre qui flotte ici »
C'est depuis ce morne, situé entre Galisbay et Rambaut, que beaucoup de Saint-Martinois se rassemblent pour disposer d'un peu de réseau téléphonique. Objectif : donner de leurs nouvelles et glaner quelques informations sur la situation actuelle de leur île. Une gageure, tant les rumeurs et « fakes » pullulent sur les réseaux sociaux (B. C.)

Des « milliers de morts cachés par les autorités » , des « rapatriements réservés aux « blancs » ou femmes de gendarmes » , sans oublier la soi-disant « présence de gangs armés dans les rues, violant et tirant sur tout ce qui bouge » . Ces rumeurs mensongères, ou « fakes » , circulant sur les réseaux sociaux, n'ont pas été sans impact pour les Saint-Martinois qui ont besoin de tout, sauf de ça.

Elle se prénomme Anne-Laure et n'a pas hésité à apostropher un groupe de journalistes pour lancer un coup de gueule. Dans son viseur ? Les « fakes » qui se propagent sur les réseaux sociaux quant à la situation que rencontre Saint-Martin depuis le passage de l'ouragan. « Il faut arrêter de raconter des conneries. Parce qu'ici, ça crée de l'insécurité. Il y a forcément un impact important : tout ces « fakes » parviennent à faire peur aux gens vivant ici. »
Ce qui l'a particulièrement choquée, ce sont les messages qui se sont propagés sur Facebook et WhatsApp, avant d'être malheureusement repris par des radios. Les 1 000 morts qui serait à déplorer sur l'île. « C'est du grand délire! Oui, nous sommes dans la merde ici, mais aucun cadavre ne flotte du côté de Grand-Case. D'ailleurs moi, je n'ai vu aucun cadavre. C'est pareil, des viols, il n'y en a pas eu! À la place, je pense qu'il serait plus utile de faire savoir à la population qu'elle peut évacuer. Que les rapatriements sont possibles. Et qu'ils sont ouverts à tous, sans aucune distinction. En fin de week-end, beaucoup ne le savaient toujours pas. »
DES RUMEURS À LA PLACE D'INFORMATIONS FIABLES
Et sur ce point, Anne-Laure en veut terriblement à l'État, ainsi qu'à la collectivité, qu'elle juge terriblement défaillants en matière de communication. « Depuis le passage d'Irma, la collectivité aurait dû passer dans les quartiers avec les micros installés sur les voitures. Pendant le carnaval ou les élections, on les voit partout avec les micros dans les rues appelant à « voter pour Gibbs » . En revanche, là, les voitures, on ne les a pas vues. Moi, j'aurais aimé qu'elles viennent pour nous informer. Car ça aussi, ça m'énerve : le fait que la population soit longtemps restée sans la moindre information. À la place, nous n'avons eu droit qu'aux rumeurs et fausses informations. Ce n'était pourtant pas compliqué de venir dans les quartiers, de se mettre au milieu de la rue, et d'inviter la population à les écouter. Ça nous aurait rassurés. »
Les Saint-Martinois ont cruellement souffert d'un manque d'informations fiables, les jours qui ont suivi le passage de l'ouragan Irma. (B. C.)
Saint-Martin a aussi ses « gros mytho »
Alors qu'Anne-Laure enrage face à l'accumulation de fausses informations qui se propagent sur les réseaux sociaux, d'autres, au contraire, les entretiennent. La preuve, hier matin, sur une butte dominant Marigot et baptisée « la colline aux téléphones » depuis le passage d'Irma - c'est en effet là que se rassemble jour et nuit la population pour disposer d'un peu de réseau. Au beau milieu de la foule, se tient un homme en short et torse nu. Il se porte bien, ne présente aucune blessure apparente et converse avec un interlocuteur de Guadeloupe. Difficile de le rater : l'homme parle fort.
À l'entendre, son avion n'aurait subi aucun dégât. Quant à lui, il l'affirme : il aurait pris un coup de coutelas! L'image qu'il dresse de Saint-Martin ? Aux antipodes de la réalité... Le hic, c'est que cet homme noircissant le tableau en recourant aux mensonges n'est pas un cas isolé. Sur le tarmac de l'aéroport de Grand-Case, c'est cette fois un officier de l'armée qui, en colère, narre une anecdote hallucinante de bêtise : « Un type un peu bizarre arborait un tee-shirt de la gendarmerie. Je le gardais à l'oeil. Le souci, c'est qu'il a eu le temps de donner une interview à une équipe de BFM TV, affirmant qu'il y avait des milliers de morts qui se trouvaient actuellement dans un frigo réfrigéré. J'ai dû intervenir. Là, sans se démonter, cet individu m'a affirmé qu'il travaillait en fait pour l'ambassade de Belgique et qu'il était missionné pour rechercher les corps de ressortissants décédés ou disparus. Nous lui avons demandé d'arrêter ses délires et de quitter les lieux. »
B. C.

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