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En un an, tout a changé

Pierre-Yves CARLIER Lundi 30 juin 2014
Léon Bertrand, l'an dernier lors de son premier procès à Fort-de-France ( photos d'archives)

Aujourd'hui s'ouvre le procès en appel de Léon Bertrand, à Fort-de-France, dans l'affaire des marchés public de la CCOG. Entre le premier procès il y a un an et celui d'aujourd'hui, le corps de Myrtho Fowel a été retrouvé au fond du Sinnamary. C'est sa disparition qui avait lancé l'enquête.

Alexandre Varaut a perdu son pari. Il y a un an, au procès de Léon Bertrand, l'avocat du maire de Saint-Laurent et président de la communauté de communes de l'ouest guyanais (CCOG), avait pris « le pari que (Myrtho Fowel) ne perd pas une miette de ce procès. Qu'avec les 450 000 euros qu'il a pris, il est installé dans une jolie maison » au Suriname.
On le sait, fin septembre, le corps de l'ancien directeur financier de la CCOG a été retrouvé au fond du Sinnamary. Cette découverte, neuf ans après sa disparition, sera dans tous les esprits ce matin, à Fort-de-France, lors de l'ouverture du procès en appel de Léon Bertrand, dans l'affaire des marchés publics de la CCOG.
« UN RACKET » OU « UNE CARICATURE » ?
La disparition de Myrtho Fowel a déclenché l'enquête. En essayant de découvrir ce qu'il lui est arrivé, les limiers de la police judiciaire remarquent des détournements. De l'argent transite entre des entreprises qui travaillent pour la CCOG et ses comptes. Démarre alors une seconde enquête sur des marchés présumés frauduleux : des entreprises auraient été favorisées par les dirigeants de la CCOG en échange de pots de vin servant à financer les campagnes électorales de Léon Bertrand.
L'an dernier, lors du premier procès, personne ne parle d'enrichissement personnel de la part du maire de Saint-Laurent. Cet argent, selon l'accusation, lui aurait permis d'arroser à tout va pendant ses campagnes électorales et donc de conserver ses mandats et les indemnités qui vont avec.
Pour Me Varaut, il s'agit d'une « caricature [...] On fait de lui le roi du fleuve, un Gaston Flosse de l'Amazonie. » Pour Jean-Philippe Navarre, représentant du parquet au premier procès, le système Bertrand est, au contraire, « un racket organisé contre des entrepreneurs » .
900 000 EUROS DÉTOURNÉS
Installé au coeur des services financiers de la CCOG, Myrtho Fowel avait sans doute son avis sur la question. Après sa disparition, trois principales hypothèses se sont fait jour. La première, celle d'une fuite avec une somme désormais estimée à 896 086, 02 euros. La seconde, celle d'un assassinat pour faire taire quelqu'un qui en savait peut-être trop. La troisième, celle d'un accident. L'enquête n'a encore rien conclu.
Pour Léon Bertrand, la découverte de ce corps prouve qu'on « ne sait finalement pas ce qui s'est passé. La découverte de la voiture montre bien que l'enquête n'est pas terminée [...] On peut dire qu'il a détourné des fonds, mais on ne sait pas ce qui lui est arrivé. La découverte de la voiture montre que l'enquête a été faite à la va-vite et je ne tiens pas à être victime d'une enquête mal menée, comme cela semble être le cas depuis le début. »
Guy Le Navennec et Léon Bertrand, lors du procès de la Senog, le 12 juin dernier. ( photos d'archives)
Senog : verdict le 12 août
Les procès s'enchaînent pour Léon Bertrand. Réélu triomphalement en mars (65% au premier tour), le maire de Saint-Laurent a été jugé, le 11 juin, dans l'affaire de la société d'économie mixte de l'ouest guyanais (Senog). La décision sera rendue le 12 août. Dans ce dossier, il lui est reproché d'avoir fait verser par la Senog une prime de 887 000 euros à son ancien directeur, Guy Le Navennec, lors de son départ à la retraite, en 2008.
Le parquet souligne que le contrat de l'ancien directeur ne prévoyait pas de telle prime, pour justifier sa demande de faire condamner Léon Bertrand à un an de prison avec sursis et 100 000 euros d'amende, et Guy Le Navennec au double. Mais les débats ont vite pris un aspect moral. La situation financière de la Senog n'est pas glorieuse. Le salaire de Guy Le Navennec en a longtemps cannibalisé le budget. Aujourd'hui encore, la prime est versée par mensualités de 10 000 euros. Ce qui fait dire à Me Kelidjian, son avocat, qu'il n'y a pas d'abus de biens sociaux dans le dossier. « (On essaie) de les justifier par le montant des indemnités, mais il n'y a pas d'infraction. »
REPÈRES - Il y a un an, les condamnations
Le 3 juillet dernier, le tribunal de Fort-de-France condamnait six prévenus.
LÉON BERTRAND
Président de la CCOG, il est soupçonné d'avoir bénéficié de pots de vin des entreprises en échange de l'attribution frauduleuse de marchés publics. Condamné pour corruption passive et favoritisme à 3 ans de prison ferme, 150 000 euros d'amende. Il a fait appel.
AUGUSTIN TO-SAH BE-NZA
Ancien directeur général de la CCOG. Condamné pour corruption passive et favoritisme à 32 mois de prison, 150 000 euros d'amende, interdiction d'exercer des fonctions de direction dans les collectivités locales et territoriales pendant cinq ans. Il a fait appel.
GUY LE NAVENNEC
Ancien directeur de la Senog et proche de Léon Bertrand, il aurait touché des pots de vin. Relaxé des faits de favoritisme. Condamné pour corruption à 18 mois de prison et 100 000 euros d'amende. Il a fait appel.
RICHARD CHEUNG-A-LONG
Cousin et ancien directeur de cabinet de Léon Bertrand, il organisait les campagnes électorales du maire de Saint-Laurent. Relaxé pour le favoritisme, relaxé pour une partie de la prise illégale d'intérêts (le fait de gérer l'entreprise Ouest Voyage qui avait des contrats avec la mairie de Saint-Laurent où il était directeur de cabinet du maire). Condamné pour corruption passive à 18 mois de prison dont 12 avec sursis, 75 000 euros d'amende et une interdiction d'exercer une fonction de direction dans les collectivités locales ou territoriales pendant cinq ans. Il a fait appel.
JEAN PRADIÉ
Ingénieur, patron d'un bureau d'études, il est soupçonné d'avoir organisé l'attribution frauduleuse de marchés de la CCOG. Condamné pour corruption passive à 18 mois de prison avec sursis et 32 000 euros d'amende. Il a fait appel.
JEAN-PIERRE LASALARIÉ
En tant qu'architecte, il était au coeur de certains chantiers de la CCOG et notamment de la préparation des commissions d'appel d'offres.
Condamné pour favoritisme à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende. Il a fait appel.
ABONGO ADAM
À la tête d'une société de transport sur le Maroni, il a bénéficié de chantiers de la CCOG (hangars à Grand-Santi, Maripasoula et Apatou, centre multiservices de Papaïchton...).
Condamné pour recel de favoritisme et corruption d'Augustin To-Sah Be-Nza à un an de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende. Relaxé pour corruption de Léon Bertrand.
FRANÇOIS COMBELLES
Chef d'entreprise travaillant pour la mairie de Saint-Laurent et la Senog, il a avoué avoir versé de l'argent pour les campagnes de Léon Bertrand. Condamné pour l'ensemble des faits qui lui sont reprochés à un an de prison avec sursis et 50 000 euros d'amende.
JACKY HILDENBRAND
Chef d'entreprise travaillant pour la CCOG (centre multiservices de Mana, boulangerie de Saül...). Condamné à un an de prison ferme (il ne s'est pas présenté au procès et avait avoué durant ses garde à vue), ainsi qu'à 25 000 euros d'amende.
Myrtho Fowel, l'élément déclencheur
La disparition en 2004 de l'ancien directeur financier de la CCOG devait entraîner une série d'enquête financières au sein de la structure.

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3 commentaires

Vos commentaires

ed973 02.07.2014
Un pour tous, et tous pourris...

La politique est dégoûtante, il ont manipulé les textes et créer la présomption d'innocence, min en ten ki vié neg grosomodo mi ka di " pa gin la fimin san difé". On dit que ceux qui ne votent pas sont consentants, mais et ceux qui votent alors? Aujourd'hui on sait, mais on joue la montre et cherche des vices de procédure. Mais dans ce système il y a que pour la racaille. Au royaume des aveugles les borgnes sont rois, et bien con est celui qui ne profiterai pas. Les cols blancs de saint Laurent ont encore de beau jours devant eux.

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rienaciré 01.07.2014

on mangent bien à St-Laurent

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kiki973 30.06.2014
ça sent mauvais

Comment les électeurs de St Laurent ne prennent pas l'odeur ? La même question peut se poser pour les affidés de Sarko.

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