Verdu : « Impatient d'être en mer »
Propos recueillis par A. S.-M.
France-Guyane
26.01.2012
Pierre Verdu et La Fileuse (DR)
Les vingt-trois participants de la Bouvet Guyane 2012 sont à Dakar où ils se préparent au départ de l'épreuve qui sera donné dimanche. Nous avons joint le Cayennais Pierre Verdu, skipper de La Fileuse.
Comment se passe cette semaine à Dakar pour vous ?
On a eu beaucoup de vent ces derniers jours mais là, ça s'est calmé. Je fignole les détails sur mon bateau. J'ai eu un souci avec le désalinisateur, j'ai reçu le moteur lundi et la société m'envoie un monteur. Sinon, tout est fin prêt. Je reçois beaucoup de messages de la Guyane par mail, notamment de ma famille, c'est très important pour moi. Quel accueil recevez-vous des habitants ?
Les habitants sont surpris, ils ne réalisent pas trop ce qu'on s'apprête à faire. J'ai utilisé l'art tembé pour un grand drapeau que j'ai placé en haut d'un mât sur mon bateau et les gens en sont très curieux. Quelques notables de la ville sont passés mais de manière générale les gens sont plus préoccupés par la politique (le président Wade a demandé à pouvoir briguer un troisième mandat, ndlr). Avez-vous le temps de profiter un peu de la ville ?
Je n'ai pas pris le temps de visiter Dakar, je suis entièrement axé sur mon bateau, trop dans la course. Cela fait deux ans que je prépare cette aventure donc je reste concentré sur le départ. Une fois mon bateau à l'eau, j'aurai encore vendredi et samedi et je prendrais peut-être le temps de faire un peu de tourisme, d'aller sur l'île de Gorée. À quelques jours du départ, quelle est l'ambiance entre les skippers ?
L'ambiance entre skippers est extrêmement bonne, il y a beaucoup d'entraide, c'est comme une famille qui s'est formée avec des liens très forts. On s'aide tous, chacun apportant sa spécialité. Cela fait beaucoup de bien, c'est important de sentir cette solidarité avant de prendre le départ. Mais une fois en mer, vous deviendrez aussi des adversaires, comment le vivez-vous ?
C'est vrai qu'il y a l'épreuve et chacun donnera son meilleur pour traverser. Personnellement, ce n'est pas la course qui m'intéresse, c'est la traversée. Si j'ai envie de m'arrêter pendant une heure pour pêcher ou simplement pour profiter, je m'arrêterai. Bien sûr, si je suis bien placé, je ramerai un coup de plus mais c'est surtout important de bien réussir ma traversée et je ne serai pas la tête dans le guidon. Votre bateau doit être mis à l'eau ce matin (jeudi), c'est la dernière étape avant le départ...
Je suis très enthousiaste, impatient que mon bateau soit sur la ligne et impatient d'être en mer. À quelques jours du départ, on se rend compte qu'on arrive à l'aboutissement de deux ans de travail. En fait, on se met insidieusement dans la peau d'un skipper pendant deux ans, petit à petit. On s'est mis en conditions physique et psychologique pour y arriver. Donc, maintenant on est forcément impatients d'y être.