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TAEKWONDO

Objectif JO pour la fratrie Célin

E. E. Jeudi 11 janvier 2018
Objectif JO pour la fratrie Célin
Lyve-Stone, Maryse et Laurygan Célin sont revenus en Guyane pour y passer les fêtes de fin d'année (EE)

Laurygan et Lyve-Stone Célin sont des champions au parcours atypique. Pensionnaires de l'Insep et membres de l'équipe de France de taekwondo, ils étaient de passage en Guyane pendant les fêtes de fin d'année en compagnie de leur mère, Maryse. Des vacances studieuses durant lesquelles ils ont encadré un stage à l'invitation d'un club local.

Maryse Célin est aujourd'hui une maman presque comblée. Après avoir quitté la Guyane il y a sept ans avec ses enfants, ces derniers ont atteint une partie de leurs objectifs. Rendez-vous compte : deux Guyanais de la même fratrie pensionnaires ensemble à l'Insep (Institut national du sport, de l'expertise et de la performance), c'est du jamais vu. Mais pour y parvenir, tout n'a pas été simple. Rencontrés avant leur départ, les deux champions de taekwondo nous ont rappelé leur parcours. Laurygan, l'aînée, raconte le début de l'aventure : « Je suis partie en 2010 pour intégrer le Creps (centre de ressources, d'expertise et de performance sportive) d'Aix-en-Provence, où j'ai été scolarisée pendant trois ans. En 2013, j'ai été admise à l'Insep. » L'année suivante, son jeune frère Lyve-Stone la rejoint avec sa mère : « Moi, je suis parti à l'âge de 11 ans. On a d'abord vécu à Toulouse où j'ai fréquenté plusieurs clubs. Ensuite, on est remonté vers le centre de la France (Nogent-le-Rotrou), puis à Paris. En 5e, j'ai été détecté par l'équipe de France et j'ai fait mes premiers tournois internationaux. »
À l'âge de 17 ans, Laurygan réalise ses premières grosses performances : « À cette période-là, les pôles de Toulouse et d'Aix-en-Provence ont été fermés et les meilleurs d'entre nous ont été admis à l'Insep. Je fais troisième au tournoi international de Paris (il est rare qu'un Français soit médaillé à cet évènement majeur). » Au cours de la même saison, l'adolescente remporte également le championnat de France seniors (- de 57 kg). « Cette saison là, j'ai remporté aussi le championnat d'Europe espoirs en Roumanie, c'était la seule médaille pour la France » . Lyve-Stone, qui est le premier supporteur de sa grande soeur et suit sa carrière de près, ne rêve alors que d'une chose : la rejoindre à l'Insep. « Je n'avais que cette idée en tête, mais comme je n'ai pas fait la filière pôle, il fallait que je fasse de gros résultats. Avec le club de Champigny-sur-Marne, j'ai fait deux fois champion de France en juniors et champion de France espoirs (- de 68kg). J'ai aussi été troisième au tournoi international de Paris. » Cette mission accomplie, il a été admis à l'Insep au début de cette saison.
« UN DÉRACINEMENT TOTAL ET DES SACRIFICES »
Maryse Célin ne cache pas sa fierté, mais n'oublie pas les moments difficiles qu'ils ont dû surmonter : « Ce n'était pas évident de quitter la Guyane seule avec deux enfants, c'était un déracinement total. Mais pour qu'ils puissent arriver dans la cour des grands, il fallait passer par ce genre de sacrifices. » L'intégration de cette famille monoparentale a été difficile dans l'Hexagone. À tel point que Laurygan s'est retrouvée face à un important dilemme : « On n'avait pas d'aides de nos clubs ou de la fédération en Métropole. Il fallait se débrouiller seul, notamment pour financer notre matériel. Maman devait souvent emprunter à la famille, et j'ai moi-même dû faire des petits boulots pour l'aider. » En effet, pour gagner un peu d'argent, elle a entraîné des femmes battues en Île-de-France. Elle a aussi donné des cours de boxe. Pendant ses vacances en Martinique, elle a lavé des voitures et des bus. Pendant ces six années, Maryse Célin, parallèlement à la progression de ses enfants, a poursuivi son parcours d'insertion : « Il fallait que je me forme pour à terme, trouver du travail, assurer mon avenir et continuer à accompagner mes enfants. J'ai obtenu deux diplômes d'État, dont le dernier cette année (aide-soignante spécialisée gérontologie). » Avec ce CV, Maryse Celin espère trouver un poste dans un hôpital. « J'ai toujours prié le Seigneur pour qu'il puisse m'aider à réaliser le rêve de mes enfants : décrocher tous les deux une médailles aux Jeux olympiques. On est sur la bonne voie et un travail durable me permettrait enfin de souffler et surtout de rembourser mes dettes. »

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