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KARATÉ

« Les valeurs du sport m'ont construite »

Propos recueillis par Guillaume REUGE Mardi 10 avril 2018
« Les valeurs du sport m'ont construite »
Avec sa victoire de ce week-end, la Mananaise Leïla Heurtault (à gauche) va intégrer le top 10 mondial de karaté dans la catégorie des -61 kg (FFK)

Combattante de karaté en -61 kg, la Mananaise Leïla Heurtault a remporté ce week-end l'open de Rabat au Maroc en battant en finale la numéro un de sa catégorie. Une performance qui lui permet de s'installer dans le top 10 mondial à deux ans des JO de Tokyo où le karaté sera discipline olympique pour la première fois. Entretien.

Votre sentiment après cette victoire à l'open de Rabat, une des douze manches de la ligue mondiale ?
De la joie, énormément même, d'autant plus que je reviens de blessure après m'être fait mal à un orteil. Le moral était en berne et ce week-end, nous avons beaucoup travaillé cet aspect. Notre préparateur mental est venu sur la compétition pour la première fois et j'ai pu complètement me lâcher. Gestion du stress et concentration m'ont permis de revenir dans les 20 dernières secondes du quart de finale que je perdais 3 à 0. Ce moment m'a désinhibée pour le reste de la compétition et le combat final contre la numéro un mondiale, la Chinoise Yin, qui m'avait battue en janvier dernier à l'open de Paris. Cette combattante est de toutes les finales depuis un an. C'est une grosse marche de franchie qui fait du bien à un mois des championnats d'Europe.
Vous êtes tout de même une habituée des prestations majuscules ?
J'étais surclassée en junior au niveau national et j'ai intégré le circuit mondial il y a cinq ans, à ma majorité. J'ai toujours été forte le jour J des championnats de France, d'Europe et des mondiaux, mais plutôt discrète sur les autres compétitions internationales comme les opens. Je commence maintenant à performer partout.
Pourquoi le karaté ?
J'ai commencé à 10 ans à Mana. J'avais un côté bagarreuse qu'il fallait canaliser, une énergie à évacuer. À 13 ans, mon ancien entraîneur m'a parlé des sports études et étant butée, j'ai imposé à ma mère mon envie de rejoindre le haut niveau.
Malia Metella, Béatrice Edwige et maintenant Leïla Heurtault, comment expliquez-vous cette profusion de championnes mananaises ?
Les jeunes ont envie de bien faire à Mana. Il y a du tempérament dans cette commune et pas grand-chose à faire non plus. Donc le moyen que l'on a pour développer les choses, c'est de partir, de performer pour ensuite revenir et faire bouger les lignes. Le sport est une porte de sortie. J'espère que de plus en plus, nous pourrons faire davantage pour les jeunes de Mana. Dommage qu'en Guyane, beaucoup de choses soient remises au lendemain.
Vous êtes partie très jeune de Guyane, cela vous manque ?
Oui, à 14 ans. Avec mon calendrier et le coût du voyage, ce n'est pas simple, mais je m'évertue à revenir le plus souvent possible pour voir ma mère et ma grande-soeur. Dans ma tête, j'habite encore là-bas, c'est ma maison. À chaque fois que je rentre, j'essaye de partager mon expérience sportive qui m'a offert beaucoup de valeurs. C'est le sport qui m'a construite. Quitter sa famille à 14 ans, ce n'est pas simple, mais je me suis toujours dit que je n'étais pas partie de la Guyane pour ne pas être performante.
Le karaté est un sport amateur, que faites-vous à côté ?
En parallèle, je suis des études de gestion par correspondance. C'est vraiment important pour moi d'étudier car lorsque je suis moins bien dans le karaté, je peux me raccrocher à quelque chose. Sans les études, je ne suis plus aussi solide sur le tatami. Les deux se complètent.
Le karaté sera un sport olympique aux JO de Tokyo en 2020 pour la première fois, c'est un rêve accessible ?
Pour l'instant, il faut rester dans les 50 premiers mondiaux d'ici juillet 2018 pour continuer l'aventure. Avant ce week-end, j'étais 14 e et là, je vais faire partie du top 10. Nous ne serons que dix qualifiées par catégorie au JO, mais pour moi, la difficulté n'est pas de se trouver dans ce classement, mais d'être la première Française. Une seule combattante partira et nous sommes trois à être vraiment fortes.
« Un beau porte-drapeau pour la Guyane »
« C'est vraiment un plaisir de coacher Leïla qui est très complète techniquement, confie Didier Moreau, son coach au club Samouraï 2 000 du Mans. Elle sait tout faire et peut s'adapter à tout type d'adversaire. Ce qu'il faut, c'est qu'elle soit bien mentalement comme elle l'a fait ce week-end en battant les meilleures du monde. Elle a déjà été championne du monde par équipe en senior, mais pas encore en individuel, mais c'est un beau porte- drapeau pour la Guyane. »

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