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JUDO

« Le judo me permet de combattre la maladie »

Éric EMMANUEL Vendredi 19 mai 2017
« Le judo me permet de combattre la maladie »
Anccy Clet participe à l'encadrement des cours au CSAB (EE)

Anccy Clet est un homme heureux. À 27 ans, il vit sa passion pour le judo au CSAB. La pratique de ce sport de combat est devenue vitale pour lui qui, souffrant du diabète, a vu son état de santé s'améliorer depuis qu'il pratique régulièrement cette activité.

Le parcours sportif d'Anccy Clet est assez singulier, à l'image de son parcours de vie qui fait de lui un homme apprécié et respecté en Guyane dans le domaine culturel. « Mon premier sport a été le karaté. En CE1, j'étais turbulent et ma maîtresse de l'époque avait conseillé à ma mère cette activité pour me canaliser. J'en ai fait pendant un an au stade scolaire. En CE2, j'ai voulu essayer le judo que j'ai pratiqué pendant un an et demi au Judo club guyanais, à Mont-Lucas. Je me rappellerai toujours de ma première compétition à Matoury. J'avais terminé 2e derrière Alexandre Smith, un camarade de classe. » Après cette belle expérience, Anccy Clet déménage à Macouria. Sa mère n'a pas les moyens de faire le trajet régulièrement vers Cayenne et il doit arrêter le judo. Aujourd'hui, à 27 ans, c'est un solide gaillard de 120 kg, qui regrette de n'avoir pas eu la chance de poursuivre ce sport qui lui aurait permis de réguler sa prise de poids. « J'ai toujours été assez costaud, mais j'ai commencé à prendre beaucoup de poids quand, après mon bac, j'ai atteint plus de 135 kg. Je me suis dit alors qu'il fallait que je reprenne le judo dès que j'en aurais les moyens. Il fallait que je réagisse, quitte à pratiquer en loisirs, même si j'avais rêvé d'être un grand compétiteur. »
Clet a eu un parcours scolaire presque sans faute. Il n'a jamais redoublé jusqu'à l'obtention de son baccalauréat Sciences médico-sociales. L'année suivante, il fait un an de formation en sciences humaines, option musicologie. Après une pause de deux ans, il s'inscrit de nouveau à l'Université de Guyane et obtient un diplôme en sciences de l'éducation. Aujourd'hui, il oeuvre dans le champ du développement local et culturel et transmet son autre passion à travers son association Inspirasiyon Tanbou. Depuis deux ans, fort heureusement, il a enfin repris le judo. « J'avais prévu de reprendre, mais je n'ai pas eu le choix, parce qu'après une grave hospitalisation, j'étais à l'article de la mort. Les examens médicaux à ce moment m'avaient décelé un taux de diabète de 6,3 grammes. Je savais que j'étais diabétique mais je n'en prenais pas conscience car j'étais dans le déni » , se souvient-il. C'était la période de Pâques. Hospitalisé un mardi, il dira au médecin : « Vous faites ce que vous voulez, mais ce week-end, je dois être chez moi pour manger mon bouillon d'awara. »
RATTRAPER LE TEMPS PERDU
C'est suite à ce moment de partage familial important pour lui qu'il décide de réagir. « Il fallait que je me reprenne en main, avoir une alimentation saine et reprendre le sport. C'était pour moi l'occasion idéale de recommencer le judo. Je me suis renseigné dans mon entourage et on m'a dit qu'il y avait un très bon club à Bonhomme. J'y suis allé et j'ai été séduit par l'esprit de ce club de quartier. Les débuts ont été compliqués mais je me suis accroché. En plus, j'ai été intégré dans un groupe de jeunes très respectueux. Grâce à mes connaissances du monde associatif, j'ai pu participer à l'encadrement du cours. »
Pour sa deuxième saison, Anccy Clet retrouve la forme et le sourire. Il perd près de 20 kg et ses progrès sont très rapides, parce qu'il est déterminé à rattraper le temps perdu. Au mois de février dernier, ses efforts sont récompensés et son entraîneur lui propose de participer à sa première compétition. « C'était un moment fort pour moi, parce que j'en rêvais. La semaine précédente, j'avais même fait une prière. J'avais envie de me lancer. Et comme par miracle, mon entraîneur m'appelle pour me proposer de participer à la Coupe des ceintures de couleurs (sans les ceintures noires). J'étais aux anges, et malgré l'appréhension et le stress, cela s'est très bien passé. J'ai terminé à la première place de ma catégorie, des lourds évidemment (rires ). »
Dans la foulée, Anccy Clet est sélectionné de nouveau pour participer au championnat de Guyane prévu en mars. Mais il sera reporté en raison des mouvements sociaux qui ont secoué la Guyane et auxquels il a activement participé, comme tambouyen notamment. Le championnat aura lieu finalement dimanche à Suzini et il est fin prêt. Ce sera beaucoup plus dur, mais qu'importe : pour, lui, l'important, c'est sa santé.

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