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JUDO

Guy Pina, enfin la reconnaissance

E. E. Jeudi 01 février 2018
Guy Pina, enfin la reconnaissance
Guy Pina, 76 ans, est un sensei respecté de tous (EE)

Guy Pina était invité le 20 janvier par la Fédération française de judo à la cérémonie de remise de distinctions des hauts gradés à Paris. Parrainé par Lucie Decosse et Larbi Benboudaoud (entraîneurs nationaux), il a officiellement reçu son 6e dan. Ce sensei va pouvoir désormais savourer cette reconnaissance tardive mais ô combien méritée.

Guy Pina est l'un des personnages les plus atypiques du judo guyanais. Malgré son caractère bien trempé, celui qui a toujours dit tout haut ce que les autres pensaient tout bas, restera toujours l'entraîneur préféré des Guyanais. Aujourd'hui, proche d'une retraite qu'il repousse tous les ans, Il fait l'admiration de tous, parce qu'à 76 ans, il est encore en activité avec autant d'ardeur qu'à ses débuts. L'étendue de ses connaissances en arts martiaux font de lui un sensei respecté par tous les acteurs du judo et de la société civile.
Rencontré avant son départ pour Paris, il nous a rappelé son parcours : « Je suis arrivé en Guyane en 1970. J'étais gendarme détaché comme enseignant judo au club de la gendarmerie et infirmier. Après une mutation à La Réunion et en Martinique avec les mêmes fonctions, j'ai été muté à la Garde républicaine à Paris toujours comme enseignant en arts martiaux, responsable de la section sport. En 1985, j'ai demandé ma retraite pour venir m'installer en Guyane. J'ai alors repris les clubs EAMC à Cayenne et JCSK à Kourou. Par la suite, j'ai contribué à la création du club de Matoury et il y a deux ans, d'un autre club à Saint-Laurent. » Guy Pina est également à l'origine de la création actuellement d'un nouveau club à Régina. Après des désaccords avec la FFJDA (Fédération française de judo, jujitsu, kendo et disciplines associées), tout en continuant à travailler avec elle, il s'est orienté vers une autre fédération, le Dojo de France, ce qui lui a valu de nombreux problèmes. L'an dernier, le nouveau président de la ligue de judo Karim Keita a présenté à nouveau la candidature de Guy Pina à la fédération, et celle-ci a enfin été acceptée. Karim Keita, s'en félicite : « Guy mérite vraiment son grade. C'est un exemple pour nous, on lui doit beaucoup. Nous n'avions pas de 6e dan formé et licencié en Guyane. Il est le premier et ce n'est que justice. Le travail de notre ligue lui aussi va être encore plus reconnu à travers sa distinction. »
« FIER POUR MES ÉLÈVES ET MA FAMILLE »
C'est à l'occasion de la cérémonie annuelle qui s'est déroulée à l'Institut du judo à Paris, le samedi 20 janvier, que les choses sont rentrées dans l'ordre. Accompagné de l'un de ses fils (François), de Karim Keita, d'Éric Ponsot, de Lucie Decosse et de Larbi Benboudaoud, Guy Pina a reçu son grade tant mérité des mains du président de la Fédération, Jean-Luc Rougé.
« Je suis vraiment fier, surtout pour mes élèves et ma famille qui me soutiennent depuis toutes ces années. Je leur dédie ce 6e dan » , précise Guy Pina. Il regrette l'attitude de ceux qui l'ont, pendant toutes ces années, marginalisé pour cette question de grade non reconnu. Mais fair-play, il laisse tout cela derrière lui, d'autant plus fier de s'être vu remettre « son 6e dan » au côté de « sa championne olympique Lucie Decosse, qui a été son élève au JCSK avant de partir en sport études.
ILS ONT DIT
François Pina, l'un des fils de Guy Pina : « Il nous montre l'exemple »
(EE)
« J'ai assisté à la remise de son 6e dan à Paris. Ça a été un grand moment pour lui, parce qu'il a enfin été accueilli dans la grande famille des hauts gradés de la Fédération française de judo. Je retiens sur tout l'exemple qu'il nous montre depuis toutes ces années, et tout le travail qu'il a accompli. Cette passion, j'essaie comme lui de la transmettre modestement à mon niveau. »
Bruno Prévoteau, président de l'EAMC : « Une reconnaissance »
(EE)
« Je suis président de son club depuis dix ans. On s'est connu en Martinique il y a trente ans et on s'est retrouvé en Guyane où j'ai continué le judo avec lui. Il a toujours oeuvré et donné tout son temps pour le judo. On est vraiment heureux d'avoir un sensei comme lui, d'autant qu'il est maintenant 6e dan, le premier licencié et formé en Guyane, une reconnaissance pour lui. »
Frédéric Munos, président du JCTM : « Mon cousin, mon ami et mon maître »
(EE)
« Guy est mon cousin, mon ami et mon maître. Tout vient à point à qui sait attendre, et c'est pour cela qu'il est aujourd'hui 6e dan. Je dirais que la voix de la souplesse est impénétrable, car lors de la cérémonie des voeux de la ligue samedi dernier à Suzini, il nous a montré, à son âge, un kata magnifique qui m'a fait plaisir. Je suis fier de tout ce qu'il donne à tout le monde avec sourire et dynamisme. »
Gilbert Charron, entraîneur au CSAB : « Respect »
(EE)
« Guy a beaucoup donné au judo guyanais. Si aujourd'hui, j'enseigne le taïso (renforcement musculaire) dans mon club, c'est grâce à lui, qui m'a pris sous son aile pendant toute une saison pour me former, il y a quelques années. Il transmet jusqu'à aujourd'hui tout son savoir dans ses nombreux clubs en Guyane et à la ligue. Ça ne peut inspirer que le respect. »
Nicole Sazy, entraîneur au JCSK : « L'âme du judo guyanais »
(EE)
« Guy est mon papa judo, c'est l'âme du judo guyanais. Que de fier té pour le Judo club spatial de Kourou. D'ailleurs, le centre spatial a été informé de sa nomination, et il devrait faire l'objet d'un article dans Latitude 5, le journal du CSG (centre spatial guyanais). On appelle les hauts gradés les gardiens du judo, et Guy est maintenant le nôtre en Guyane. Nous lui devons beaucoup de respect. »
Armand Ho-Ten-You, 1er dan de l'EAMC : « Ce n'est que justice »
(EE)
« Je suis extrêmement fier de mon maître Guy Pina, qui est aujourd'hui un haut gradé. Ce n'est que justice car c'est un homme qui emmène toujours vers le haut tous ces élèves. Il ne vit que par et pour le judo. Il avait la force extérieure et aujourd'hui il a atteint ce qui lui manquait, la paix intérieure, et nous sommes vraiment tous très heureux pour lui. »
Propos recueillis par E. E.

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