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LA SÉRIE DU JEUDI : LAGWIYANN FÒ

Élie Nicolas, la flamme de la boxe

Audrev VIRASSAMY Jeudi 13 juillet 2017
Élie Nicolas, la flamme de la boxe
Aujourd'hui, Élie Nicolas enfile ses gants pour faire ressortir le meilleur des boxeurs du péyi. (AV)

Il n'avait que 11 ans lorsqu'il a enfilé des gants de boxe pour la première fois. À 45 ans, Élie Nicolas, devenu éducateur, insuffle à d'autres cette étincelle. Avec passion, toujours.

Ça commence par dix minutes de corde à sauter. Puis ça s'enchaîne. En musique, certes, mais ce ne sont pas les notes qui rythment les mouvements. Les boxeurs qui s'échauffent calent leurs gestes sur la voix d'Élie Nicolas. 1,84 m, 110 kg. Depuis quatre ans, le gaillard de 45 ans coache le Boxing club cayennais. Avec succès : plusieurs de ses poulains ont déjà été titrés et il suit de très près les progrès de quelques licenciés plus que prometteurs.
Le monde de la boxe, Élie Nicolas l'a embrassé à l'âge de 11 ans. Dès le premier jour, il était accro. Il faut dire qu'à l'époque, l'influence des films de Stallone est palpable. Mais le petit Élie ne veut pas être Rocky Balboa. « J'étais plus impressionné par Apollo Creed, confie le boxeur. Peut-être que je m'identifiais plus à lui à cause de la couleur. En tout cas, j'aimais son charisme. » Outre le personnage du film Rocky, le petit garçon subit, sans doute aussi, l'influence de son père qui pratique également la boxe. Mais paradoxalement, ce n'est pas son père qui le fait monter sur le ring, mais sa mère. « J'étais bagarreur, reconnaît Élie. Et à cette époque-là, il y avait beaucoup de campagnes nationales qui vantaient les mérites de la boxe. Elle m'a emmené là pour me canaliser. » Le gamin se prend au jeu. « Faire de la boxe demande d'avoir beaucoup de discipline. Plus sans doute que lorsqu'on fait un sport d'équipe. Et il faut que tu sois bon mentalement pour pouvoir y arriver. Tu ne peux pas gagner sans ça. » Tout suite, la boxe anglaise prend beaucoup de place dans sa vie quotidienne. Toute la place ? Élie sourit. « C'est vrai que l'école... Dès que je revenais, je prenais un goûter et je partais m'entraîner à pied. »
REPOUSSER SES LIMITES
Il changera de quartier, cité Césaire et Village chinois à Cayenne, Balata à Matoury... Mais il ne quittera jamais la boxe qui l'occupe pleinement. Pas de temps pour les copains, Élie Nicolas n'est pas « trop potes » de toute façon. Mais il refuse l'image, peut-être romantisée, du boxeur qui s'entraîne, seul face à lui-même. « Le boxeur n'est pas seul. Il a son coach derrière lui. C'est comme Tyson! Il était au top avec d'Amato! Une fois qu'il n'était plus là, il a dégringolé! » Aujourd'hui, le coach, c'est lui, en boxe thaï désormais. Mais avant d'être celui sur qui les sportifs s'appuient, Élie Nicolas a sué sur le ring. « J'ai boxé pour la première fois à 11 ans et un an après, j'ai été pris dans la sélection. Au hall Donzenac, avec Chinon, c'était la compétition à fond. J'avais 12 ans et de grandes aptitudes apparemment. » Sans doute puisqu'il gagne de nombreuses compétitions. La première, remportée aux Palmistes lors de la fête de Cayenne en 1985, a une saveur particulière. Champion de Guyane, il devient ensuite champion Antilles-Guyane dans la catégorie des 63 kg, est titré au Venezuela dans le cadre des Carifta games. Mais à l'âge de 17 ans, il cesse la compétition. Le sport lui plaît toujours autant. Mais le monde de la boxe de moins en moins. Là-dessus, Élie Nicolas n'en dira pas plus.
TOUCHE-À-TOUT
Professionnellement, Élie Nicolas a fait un peu de tout. Un CAP de plomberie en poche, il travaille dans le bâtiment, est armateur en pêche côtière comme son père, charpentier, ferrailleur. Avant de devenir éducateur. Il exerce, entre autres, au Centre éducatif fermé de Cacao ou pour l'Aide à enfance. Et là même dans le cadre de son métier Élie Nicolas utilise ses poings. Car la boxe comme thérapie pour enrayer la violence ou l'échec scolaire il y croit dur comme fer. Pour exemple , une opération qui lui a particulièrement plu. « À Paul-Kapel avec l'association du collège on a mis en place une activité boxe durant les interclasses. Certains gamins qui ne venaient pas en cours venaient à la boxe. Du coup on a fait quelques deals : OK tu viens à la boxe mais tu vas en cours en échange. » Il espère d'ailleurs fortement reprendre l'opération. Car Élie Nicolas n'en démord pas : la boxe peut mettre KO bien des maux.
Jacobin, son modèle
S'il a cité Tyson, Élie Nicolas ne peut s'empêcher de parler de son modèle, localement : Jacobin Yoma, son beau-frère, par ailleurs. « Ce n'était peut-être pas le meilleur de la salle. Mais il est devenu champion de France, d'Europe, troisième mondial grâce à un investissement sans relâche. » C'est cette discipline-là qu'il transmet dans son club, à Cayenne, mais aussi à son fils de 10 ans, Taïrick, le seul de ses six enfants à enfiler des gants de boxe.

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1 commentaire

Vos commentaires

MOMO66 14.07.2017
Cool

La boxe est un sport qui a ses limites dans l'adversité, le tout c'est de ne pas se tuer en le pratiquant, c'est du travail, surtout la thaï.

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