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Mondial: qui, dans le groupe H, peut arrêter l'Espagne?

REUTERS 16.06.2010

Photo prise le 15 juin 2010 / Marcelo del Pozo

JOHANNESBURG (Reuters) - Les champions d'Europe espagnols devraient s'extraire sans peine d'un groupe H très hispanophone composé du Chili et du Honduras et où la Suisse fait figure d'intrus linguistique.

L'Espagne, deuxième équipe au classement de la Fifa, a tout fait depuis quatre ans pour mériter son statut de grandissime favorite: une victoire à l'Euro 2008, une série de 35 matches sans défaite seulement brisée l'an dernier, un sans faute lors des qualifications pour le Mondial et, plus récemment, des matches amicaux très convaincants.

Le seul revers sur la route de la Coupe du monde remonte à un an lors de la Coupe des confédérations avec une défaite inattendue 2-0 en demi-finale contre les Etats-Unis.

Mais plus qu'un coup d'arrêt, cette défaite a été une piqûre de rappel salutaire pour un groupe qui frisait l'excès de confiance. La manière dont la Roja est repartie de l'avant depuis lors a rassuré ses supporters.

La victoire 6-0 en match amical contre la Pologne la semaine dernière a donné un aperçu de la quasi-perfection que peut atteindre le jeu offensif espagnol, très influencé par le style du FC Barcelone avec ses maîtres à jouer Xavi et Andres Iniesta.

"L'Espagne joue en ce moment le football le plus spectaculaire et le mieux organisé d'Europe", résume l'ancien capitaine et sélectionneur allemand Franz Beckenbauer.

N'étaient-ce les pépins physiques dont souffrent quelques joueurs - notamment Fernando Torres et Cesc Fabregas - le tableau serait parfait. Trop ?

L'Espagne, dont le meilleur résultat en Coupe du monde reste une demi-finale (1950), doit encore prouver sa faculté à répondre présente dans la plus grande compétition planétaire.

LE HONDURAS POUR UN MIRACLE

Le premier tour qui lui est proposé semble taillé sur mesure pour lui offrir une douce montée en puissance avant les matches à élimination directe. Sur le papier, elle n'a en effet pas grand-chose à craindre de ses trois adversaires.

La Suisse, face à laquelle elle débute mercredi à Durban, n'a pas totalement convaincu lors de ses derniers matches amicaux. Les Helvètes devront faire pour ce premier match sans leur attaquant et capitaine, Alexander Frei, touché à la cheville droite à l'entraînement la semaine dernière.

Le Honduras, lui, a déjà déjoué tous les pronostics en se qualifiant pour sa première Coupe du monde depuis 1982 et le petit pays d'Amérique centrale ne se fait guère d'illusions sur ses chances d'accéder aux huitièmes de finale.

"Passer le premier tour est pour nous un défi de taille", reconnaît le sélectionneur colombien des "Catrachos", Reinaldo Rueda. "Quand on voit la qualité de ces équipes, il faut reconnaître qu'il y a de fortes chances qu'on soit éliminé. Mais on a le droit de rêver car en football, tout est possible!"

Les Chiliens l'ont prouvé en prenant une surprenante deuxième place dans le groupe de qualifications de la zone Amérique du Sud, derrière le Brésil, mais devant le Paraguay ou l'Argentine.

Ils ont développé au passage un jeu offensif et spectaculaire, inscrivant 32 buts en 18 matches, dont 10 pour le seul Humberto Suazo, meilleur buteur des qualifications. Ce dernier sera malheureusement absent contre le Honduras, mercredi à Nelspruit, et peut-être aussi contre la Suisse le 21 juin.

Avec ce pedigree, le Chili s'avance malgré tout comme le favori à l'obtention du deuxième sésame derrière une Espagne a priori intouchable.

Clément Dossin pour le service français, édité par Gilles Trequesser

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24 mai 2012