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« Nous avons enlevé les chaînes qui pendaient à nos pieds pour en mettre dans notre tête »

Propos recueillis par Krysten ARNOLIN Lundi 11 juin 2018
« Nous avons enlevé les chaînes qui pendaient à nos pieds pour en mettre dans notre tête »
Kité Mona Nzinga est vice-président du Mouvement international pour les réparations de l'esclavage (RNG)

Dans le cadre de la commémoration de l'abolition de l'esclavage, Kité Mona Nzinga, vice-président du Mouvement international pour les réparations de l'esclavage (Mir), est revenu sur l'importance des réparations pour les populations afro-descendantes françaises.

Pourriez-vous nous rappeler les objectifs du Mir ?
Depuis 2001, le Mouvement international des réparations (Mir) commémore l'abolition de l'esclavage. Nous ne commémorons pas l'acte d'abolition de l'esclavage mais la résistance de tous ceux qui ont lutté pour permettre qu'il y ait une véritable abolition de l'esclavage. Il faut savoir que pour nous, le crime contre l'humanité que constitue l'esclavage n'est pas encore terminé tant qu'il n'y aura pas reconnaissance de ce crime et qu'il n'y aura pas réparation pour cela.
Le combat est loin d'être terminé...
Nous, nous faisons une distinction entre ce qu'a fait Victor Schoelcher et le gouvernement français avec le décret d'abolition de l'esclavage, un bout de papier et la lutte anti esclavagiste des esclaves qui n'ont jamais cessé de se battre et qui ont forcé les esclavagistes à appliquer cette abolition. Mais la lutte n'est pas finie, parce qu'au lendemain de l'abolition, ce sont les esclavagistes et colonialistes qui ont été récompensés. Ils ont eu la terre et ont été dédommagés alors que les esclaves n'ont rien reçu. Notre combat au Mir, c'est de se souvenir de cette date du 10 juin et rappeler qu'il y a eu des personnes qui se sont battues pour que ce crime contre l'humanité cesse. Nous ne devons pas les oublier. Mais le plus important est de rappeler que ce crime n'est toujours pas réparé. Les esclaves n'ont jamais été indemnisés. Pour que cela cesse, il faut que celui qui a commis un crime reconnaisse son crime et toutes les personnes qui ont subi un préjudice pour ensuite faire des réparations.
Qui sont ces criminels ? Et comment ces réparations pourront-elles être faites ?
Les criminels, c'est le gouvernement et les colons, qui ont profité de l'esclavage. Mais cela continue même avec les descendants de colons aujourd'hui. Regardez aux Antilles, les békés (descendants de colons), ils ont pleinement profité de cela. Aux Antilles-Guyane, c'est eux qui ont main mise sur la grande distribution. Nous sommes dominés par ce groupe parce qu'ils ont su mettre en place un système qui perpétue une forme d'esclavage et de dépendance. Nous avons enlevé les chaînes qui pendaient à nos pieds pour en mettre dans notre tête. C'est beaucoup plus grave. Nous devons reconnaître ce problème pour permettre la mise en place d'une réparation pour ceux qui ont été lésés. Ces réparations pourront être faites de plusieurs façons mais il est important de les reconnaître. Le processus se met lentement en place mais je pense que nous allons quand même dans ce sens. Récemment, il y avait un reportage à la télévision où le représentant des communautés amérindiennes avait prononcé un discours qui rejoint celui du Mir. Nous sommes tous Guyanais et nous devons nous battre ensemble pour définir notre guyanité.

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2 commentaires

Vos commentaires

joko973 14.06.2018

Quelles chaines ? Le crime contre l'humanité a été reconnu. Ils ne sont pas au courant ? les chaines sont dans leurs propres têtes. Ils ont beaucoup de mal à les enlever, pour quel bénéfice ? sinon les vieux discours qui tournent en boucle...

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g6d 13.06.2018
et les "fournisseurs"?

Pas de réparations demandées aux descendants des Africains qui ont capturé et vendu ceux qu'ils ont vendu comme esclaves?

Répondre Signaler au modérateur