En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt.
Pour en savoir plus et paramétrer les cookies, cliquez ici. X Fermer
  • S'abonner aux flux RSS de France-Antilles.fr
  • Partager cet article sur Facebook
  • Partager cet article sur Twitter
  • Partager cet article sur LinkedIn
  • Partager cet article sur Google +
LES FIGURES DU MOUVEMENT SOCIAL

Monique monte la garde

Audrey VIRASSAMY Mardi 08 août 2017
Monique monte la garde
Monique Guard a été de toutes les manifestations en mars et avril au sein de son association Citoyennes et citoyens. Elle s'est occupée avec autorité et brio de l'animation du rond point de la crique Fouillée (Bernard Bosc)

Monique Guard est l'une des voix féminines à s'être fait entendre durant le mouvement social. Si elle ne laisse pas indifférente, la militante estime que « les gens ne la connaissent pas » . Dans notre série sur les figures de la mobilisation, elle lève un peu le voile.

« Bonjour! C'est Monique! » Ces mots ont ponctué nombre de messages envoyés via WhatsApp durant la mobilisation sociale. Derrière les coups de gueule et les encouragements : Monique Guard, professeur de cuisine, étudiante le soir en licence de sciences de l'éducation et militante de « presque cinquante-sept ans » . Militante, mais pour quoi ? « Je suis de tous les combats » , affirme la dame. Et il suffit de l'entendre égrener son « CV » dans le monde associatif et syndical pour en juger. Dans un bar de la place des Palmistes, Monique Guard remonte le fil de ses souvenirs. Née à Cayenne, septième enfant d'une fraterie de onze. Son père décède lorsqu'elle a quinze ans. « J'étais un garçon manqué, une enfant turbulente. Alors je suis partie rejoindre un de mes grands frères en Suisse. » La suite, ce sera en Allemagne, en Alsace, à Paris. Ses premiers combats seront en Alsace, « avec des mineurs » . Il y aura ensuite son incursion dans le monde associatif, à commencer par Familles de France. Puis la politique avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. L'un de ses enfants, Jemetree, s'est aussi lancé dans la politique avec deux campagnes aux législatives, mais en toute indépendance. En tout, Monique Guard a eu treize enfants : Séphora, Thermouthy, Gemwanda, Gemina, Genety... Elle rigole en énumérant ces prénoms hors normes. « Je n'aime pas tout ce qui est bien cadré. » Elle redevient sérieuse. « Mais attention! Je ne suis pas impulsive! Je suis très réfléchie! Quand je fais quelque chose, c'est parce que j'ai longtemps pesé le pour et le contre. »
SENSIBILITÉ À FLEUR DE PEAU
Pourtant, la dame a fait parler d'elle, il y a trois ans pour un acte qui semble impulsif : menacée d'expulsion, elle s'est retranchée dans son logement et a menacé de s'immoler. À l'évocation de ce souvenir, Monique Guard se braque et menace de couper court à l'entretien. Des larmes perlent à ses yeux.
« Beaucoup de choses ont été dites. Mais les gens n'étaient pas là pour savoir. On me dit dure, mais je suis très sensible. C'est pourquoi quand je suis chez moi, je laisse tout dehors. Je fais le vide. »
Hors de chez elle, Monique Guard enfile le costume qu'elle préfère : la combattante qui crie fort. Plus qu'un costume c'est sa protection. « Je me dis que les mauvaises langues vont parler, mais ce n'est pas moi qui prend les coups, c'est mon personnage. »
Il y a dix ans, elle faisait la navette entre l'Hexagone et la Guyane avant d'y poser définitivement ses valises, il y a cinq ans. Au péyi, elle est encore sur tous les fronts. La lutte contre le carburant trop cher, l'association Consommateurs, consommatrices de Guyane, Citoyennes, citoyens et enfin le Collectif pour plus de sécurité en Guyane (Coseg). Selon elle, c'est le Coseg qui a allumé la flamme qui deviendra le brasier qu'on a connu en mars-avril. « Dès le 28 octobre, on a fait une réunion contre l'insécurité à la Chambre de commerce. On a attaqué le président Alexandre sur le Pacte d'avenir, après il y a eu le barrage devant France-Domaine pour le foncier, puis on est parti auprès des habitants de Kaw qui manifestaient. En janvier, on militait avec l'Union des travailleurs guyanais (UTG) pour un recteur de Guyane... »
« UNE ÉTINCELLE TROP VITE ÉTEINTE »
Pour Monique, une chose est sûre : il faut partir au combat. Le Coseg envoie un courrier dans ce sens au président de la république le 10 mars. Le 11, une première tentative de barrage avorte. « Au début, les 500 Frères n'étaient pas prêts. C'est moi qui ai dit : prêts ou pas, j'y vais. » Les choses sont lancées. La suite, on la connaît. Plusieurs mois après, alors qu'elle est toujours membre du collectif Pou Lagwiyann dékolé, qui a pour mission le suivi de l'Accord de Guyane, Monique Guard regarde en arrière. « On a payé le prix fort. On nous a pris pour des pestiférés. Mais il fallait y aller. »
Aujourd'hui, Monique Guard concède : « Je pense qu'il aurait fallu préparer le peuple psychologiquement. Est-ce que la population a vraiment compris ce qui se passait ? Parce que c'est sept milliards d'euros qu'il aurait fallus pour faire décoller le pays. On s'est arrêté à la moitié du chemin! Je reste sur ma faim. Aujourd'hui, au lieu d'être soudés, les gens se disloquent. » Monique Guard parle des égos à ménager, de personnes qui étaient au combat mais sans la nécéssaire expérience du militantisme. À travers ses mots, la déception est perceptible. « J'ai l'impression que pour certains, on parle pour parler. Hormis chez certaines personnes de conviction, je ne vois pas cette flamme. »
Pourtant, nul n'oublie la ferveur qui s'est emparée de la Guyane en mars... « Il y a eu cette étincelle, reconnaît la militante. Mais pour moi, elle s'est éteinte trop vite. »

Pour transmettre un commentaire, merci de vous identifier (ou de vous inscrire en 2min)

Mot de passe oublié?
Inscription express
4 commentaires

Vos commentaires

Josse 09.08.2017
... 13 enfants ...

13 enfants, what else ?

On imagine aisément le parcours professionnel de cette brave femme et au combien ça a dû être dur pour elle de participer activement à la vie professionnelle en Guyane.

Merci FG de nous dévoiler les facettes de ces "figures" du mouvement de Mars/Avril. (le roi des barrages, le papa chinois, l'homme qui se rêvait député... voila venir la G.O - Gentille Organisatrice - de la crique fouillée)

Grace à vous, on voit combien tous ces personnages ont trimé toute leur vie pour faire dékolé la Guyane.
Combien ils sont altruistes et n'ont pas hésité en mettre en péril leurs vies professionnelles et/ou leurs sociétés pour le bien de nous tous. sisisi ils le disent.

Nulle doute qu'au alentour du 5 Avril, certains ont du quitter leur chaise au rond point de la crique fouillée pour se rendre à leur bureau de poste.

http://www.franceguyane.fr/actualite/faitsdivers/monique-guard-retranchee-puis-expulsee-213789.php


Je me languis de lire le prochain portrait.

Répondre Signaler au modérateur
joko973 08.08.2017

Les apparences sont parfois trompeuses. Un bon journaliste doit-il s'en contenter ?

Répondre Signaler au modérateur
fran973 08.08.2017
undefined

Sephora c'est toujours mieux qu'Yves-rocher niveau prebom

Répondre Signaler au modérateur
jess 08.08.2017

bravo elle se bat relève des sujets importants continuez madame

Répondre Signaler au modérateur
L'info en continu