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LES FIGURES DU MOUVEMENT SOCIAL

Mancée, le premier Frère

Karin SCHERHAG Mardi 11 juillet 2017
Mancée, le premier Frère
Mikaël Mancée (au centre) : « On a réussi à réveiller le peuple, mais les objectifs fixés sont encore loin » (photo d'archives)

Leader charismatique du mouvement social de mars-avril, Mikaël Mancée n'a pas fini de faire parler de lui. Ancien policier, il pourrait choisir de faire carrière en politique.

Pour tous les Guyanais, Mikaël Mancée est devenu « Mika » . L'ami, le fils, le frère que tout le monde rêve d'avoir. Un physique imposant (il mesure près de deux mètres) et une tête bien pleine, le jeune homme de 33 ans assume sans difficulté son rôle de leader du mouvement. Il s'exprime bien, trouve les mots justes pour mobiliser la population, apparaît toujours réfléchi, digne.
Droit. Cofondateur du collectif des 500 Frères avec José Achille, ce père de quatre enfants en a aussi été le représentant le plus charismatique. C'est lui, le premier, à tomber la cagoule pour apparaître à visage découvert et raconter son histoire. Officier de police judiciaire au commissariat de Cayenne, en disponibilité durant le mouvement social, il a démissionné depuis. Il dénonce l'échec d'un système auquel il a participé pendant onze ans. « J'ai compris pourquoi ça ne marche pas. Mais à l'intérieur, je ne pouvais pas parler, alors j'en suis sorti. Tous les jours, j'allais au travail à reculons. Continuer de travailler pour rien, ça me détruisait la santé. » Le meurtre d'Hervé Tambour, tué de deux balles dans la cité Eau-Lisette, à Cayenne, pour avoir refusé de donner sa chaîne en or à son agresseur, est le crime de trop. Achille, Mancée et leurs potes de musculation décident que « la peur doit changer de camp. » En février, les 500 Frères font leur apparition publique. Vêtus de noir, un tee-shirt flanqué d'un logo pour dire « stop à la violence » et encagoulés, ils débarquent dans les rues de Cayenne. Impressionnants, ils sont pourtant vite adoptés par la population. Pour les enfants, ils incarnent les nouveaux super-héros. Et si la cagoule noire est décriée dans l'Hexagone et associée aux milices, elle reste le symbole le plus fort du collectif qui refuse de s'en séparer.
LE VISAGE DE LA RÉVOLTE
« Il fallait marquer les esprits, argumente « Mika » . Sans la cagoule, nous n'aurions jamais été pris au sérieux. Depuis vingt ans, il y a eu beaucoup de collectifs, de marches contre la violence, ça n'a rien changé. Il fallait faire quelque chose de différent. Si on est écouté aujourd'hui, c'est bien grâce à cette cagoule » .
Mais Mancée la porte de moins en moins souvent. Et devient rapidement le visage de la révolte guyanaise. Contre l'insécurité d'abord. Puis contre toutes les inégalités qui règnent ici en maître. Partout sur le territoire, les collectifs se créent, se mêlent. L'ancien policier est proclamé porte-parole de Pou Lagwiyann dékolé. Presque malgré lui. « On a décidé de se battre ensemble, on a dû s'unir. Ça a aussi son lot de difficultés » , analyse-t-il. Sa cote de popularité ne cesse d'augmenter. Une jeune maman décide d'appeler son fils Mikaël « pour lui raconter son histoire » . Elle n'est sans doute pas la seule. Le magazine Gra zi a envisage même un temps de le faire poser pour des photos studio. Des rumeurs naissent, aussi, pour salir le jeune homme. On le dit violent. Il en fait fi. Poursuit son chemin. « Ça fait quinze ans que je suis mobilisé. C'est dans mon sang » , déclare-t-il. Mais coup de tonnerre le 18 avril : à trois jours de la signature de l'Accord de Guyane, le leader emblématique se retire du collectif Pou Lagwiyann dékolé. Il n'est plus en accord avec les méthodes utilisées. « Je ne conçois pas de taper sur la population pour laquelle on se bat » , déclare-t-il. Lui qui souhaite la levée des barrages se heurte à une majorité jusqu'au-boutiste. Mais il ne renonce pas au combat et demande aux Guyanais de continuer à lui faire confiance : « Nous préparons la suite du mouvement et nous ferons appel à la population et aux experts des différents domaines pour présenter des dossiers bien ficelés que personne ne pourra contester, annonce-t-il. On a réussi à réveiller le peuple, mais les objectifs fixés sont encore loin. On ne va pas rattraper 50 ans de retard en deux semaines ou en deux mois. Ce sera un combat sur la durée et il faut s'y préparer. Je suis confiant. Les choses se feront. On ne lâche rien. »
« Mika » n'a bien sûr pas fini de faire parler de lui. Sa chanson Mo pa pè piès G, entonnée le 28 mars devant la foule massée aux portes de la préfecture, fait le tour des réseaux sociaux. Le 26 avril, José Achille et Serge Mortin annoncent la naissance prochaine de l'association Les Grands Frères avec Mikaël Mancée pour président. La politique tend aussi les bras à ce dernier. Il avoue avoir été plusieurs fois sollicité. « Aujourd'hui, ça ne m'intéresse pas, répond-il. Bon, quand j'étais jeune, je ne voulais pas avoir d'enfant et maintenant j'en ai quatre. Et quand j'étais petit, la police ne m'intéressait pas non plus... » Le discours, lui, est déjà bien rôdé.

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10 commentaires

Vos commentaires

Katchopine 14.07.2017
on fait quoi maintenant?

Bravo à Mika . Mais on fait quoi maintenant ? Tout semble à refaire !!!
Charier dlo ké panyen !!

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MOMO66 14.07.2017
Dieu Merci

Grâce à ces beaux hommes, les habitants d'ici se sont fait remarquer dans le Monde entier ; en effet, n'en déplaise à d'autres, l'esthétisme ne se complait pas de la médiocrité.

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xxl 14.07.2017
RESPECT

TOUS,
CEUX,
qui ont oeuvré à ce réveil collectif de la guyane dékolé, les mika mancé, coudé, rimane les 500 ET TOUS LES AUTRES VOUS MERITEZ du respect !

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MONSIEUR GUYANE 14.07.2017
Respect?

Entre ceux qui ont financé le mouvement pour leurs interets personnels, ceux qui ont accepté cet argent pour leurs ambitions personnelles, et ceux comme mika qui ont pris le train en marche avant de decouvrir que le plan était truqué, et toute une population qui a suivi comme des moutons… Je ne vois pas ce qui mérite le respect, à part peut etre l'union sacrée autour de la marche du 28.03, qui meme si les enjeux étaient faussés , a eu le merite de montrer une unité guyanaise le temps d'un jour…

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Josse 13.07.2017
Mika va à la plage, Mika fait ses courses...

Quel dieu vivant. Pourquoi l'auteur de cet article a attendu 3 mois pour faire une telle déclaration d'amour ?

Après les aventures dessinées de Martine à la plage, Martine à la ferme, Martine à l'école...
voila la version Guyanaise:
Mika met sa cagoule... Mika crie Aouh Aouh... Mika chante... Mika ferme les magasins... Mika veut rentrer en force à la préfecture...
A quand l'épilogue de la série avec "Mika rejoint ses copains à la colonie de vacances de Rémire ?"

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kiki973 13.07.2017
En politique, mais...

Pour remplacer les nullards-toquards, il n'aurait eu pas de mal à s'imposer, mais que pèsera-t-il face à un Gabriel ou un lénaïck ?
Erreur d'époque...il aurait briller face aux mitrons de Matoury ou aux Antoinette de Kourou, ou aux...
On a assez vu les PEGC-Prof de fac-inspecteurs généraux-pervenches de Madagascar...

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den97300 13.07.2017
Réponses aux commentaires

Aux commentateurs,cessez de dire des sottises. Je ne sais pas si vous vivez en Guyane ou même ailleurs mais la vie ici, sous le soleil comme le pense les gens de l'hexagone, cette vie en Guyane est dangereuse. Personne n'est a l'abri. Des vols, du racket, des meurtres, crapuleux ou passionels, la vie n'a rien de simple en Guyane. C'est une réalité pas une fiction. Michael Mancée l'a toujours dit, l'a toujours crié et cela des années avant le mouvement social majeur de 2017. Il en parlait, nous en debattions et tous était unanime : la vie est irrespirable tant elle est étouffé par l'insécurité. Des bandits, des voyous qui ne se cachent même plus pour vous dépouiller, vous frappez en toute impunité. Alors merci beaucoup, merci milles fois à Mika d'avoir su porter une image au delà de la Guyane elle même. Les rues étaient désertées la nuit et quelques courageux s'aventuraient à s'arrêter à un distributeur automatique. On avait tous peur de se faire braquer. Se défendre ? La prison guette la victime pu alors le cimetière n'en est pas loin. Alors merci à Mika. L'économie ? Il y a eu des dégâts oui mais c'était nécessaire car de toute façon, combien de temps aurions nous pu tenir encore avec une économie sous perfusion au seul bénéfice d'une maigre minorité, multi millionnaire. Les extrêmes flirtent en Guyane : des habitants qui vivent avec de quoi survivre, de voyous qui vous prennent ce qu'ils veulent quand ils le veulent, des multi millionnaire qui exploitent toute une population...Et un groupe de personnes dont Mika qui a su porter haut les couleurs de la Guyane.

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Altron 13.07.2017
Coup de foudre ?

J'ai l'impression que l'auteur de cette hagiographie est tombée en amour. Pour un peu on nous disait que Mika ce héros guérit les malades.

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MONSIEUR GUYANE 11.07.2017
HAS BEEN...

Le pauvre a tout perdu dans cette histoire, pas facile de se refaire après avoir collaboré à la mise à mort de l'économie guyanaise, il s'est réveillé beaucoup trop tard.
Ceci dit, pas un mot sur goudet ni palmot, les grands oubliés de l'article, ce sont eux les vrais fondateurs des 500.
Le mika n'a fait que suivre un mouvement dont la vraie nature et les financements occultes le dépassaient...
Il n'a joué que le role d'une icone, un peu comme la marianne sur les timbres postaux : un symbole que l'on utilise, que l'on colle sur une enveloppe, avant de la jeter à la boite...

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rienaciré 13.07.2017

vous avez fait des études en économie

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