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Guadeloupe

Jégo consulte

France-Antilles Guadeloupe franceguyane.fr 03.02.2009


Yves Jégo a reçu, à Saint-Claude et en préfecture les socioprofessionnels, les élus, écouté, dit… Les rencontres avec la Région et le département auraient permis d’avancer sur la quasi intégralité des points évoqués. Idem avec le patronat. Il semble que concernant les socioprofessionnels, les avancées soient telles qu’elles devraient permettre d’ouvrir des négociations salariales « intéressantes ».

 
 
Au deuxième jour des discussions, où en sont celles-ci ? Les rencontres avec la Région et le département auraient permis d’avancer sur la quasi intégralité des points évoqués. Idem avec le patronat. Il semble que concernant les socioprofessionnels, les avancées soient telles qu’elles devraient permettre d’ouvrir des négociations salariales « intéressantes », selon un observateur (lire ci-dessous).
Ces mêmes propositions pourraient permettre, dans le même temps, d’apporter une réponse sur les 200 euros demandés par Liyannaj.
Un engagement pourrait aussi être entériné, portant sur l’intéressement dans les entreprises de plus de 20 salariés.
Comment contribuer au pouvoir d’achat des Guadeloupéens, de manière immédiate, directe, sans contestation ? On parle de plus en plus d’une annonce que pourrait faire aujourd’hui le ministre concernant la mise à disposition en septembre de 40 000 billets d’avion Pointe-à-Pitre/Paris, aller-retour pour les foyers les plus modestes… pour un peu plus de 300 euros.

Rencontre après rencontre, la journée d’un ministre bien occupé.
 
 
 
— La proposition la plus spectaculaire : le RSA en Guadeloupe dès 2009
 
Yves Jégo a annoncé hier que le gouvernement allait « appliquer à la Guadeloupe le RSA dès cette année, alors qu’Outremer, le RSA ne devait être appliqué que l’année prochaine ».
« Voilà pour 61 000 Guadeloupéens une source de revenu, c’est 30 millions d’euros qui vont être injectés » pour « donner une vraie réponse de pouvoir d’achat », a-t-il ajouté.
Le revenu de solidarité active (RSA) est une allocation qui vise à la fois à remplacer des minima sociaux existants (comme le revenu minimum d’insertion, le RMI, et l’allocation de parent isolé, l’API), à se substituer à des dispositifs d’intéressement de retour à l’emploi (comme la prime de retour à l’emploi, le PRE, et la prime forfaitaire de retour à l’emploi).
Le RSA, c’est pour ceux qui ne travaillent pas un revenu minimum et pour ceux qui travaillent un complément de revenu. C’est donc un instrument « mixte » qui met fin aux cloisonnements entre dispositifs et qui supprime les trous dans le dispositif. Le RSA est à la fois un moyen de garantir que le retour au travail procure des revenus supplémentaires et un puissant instrument de lutte contre la pauvreté.
 
 
 
- Constater la double insularité de Marie-Galante
 
Yves Jégo a aussi reçu Eric Jalton, député et maire de la plus grande ville de Guadeloupe. M. Jalton lui a dit que la crise est fondée parce que « il y a une frange de la population qui est dans la pauvreté, une jeunesse diplômée qui n'a pas accès à des emplois valorisants, des chefs d'entreprises qui n'ont pas accès aux crédits bancaires, des entreprises locales qui n'ont pas accès à des marchés publics intéressants » . Il a dit qu'il souhaitait que le ministre se penche particulièrement sur l'amélioration du pouvoir d'achat des Guadeloupéens et sur les problèmes des habitants des Iles du sud, soumis à une double insularité. « Je l'ai invité à venir constater les choses à Marie-Galante. Il s'est engagé à venir durant son séjour. »
Autre dossier présenté par le député : celui de la représentation des syndicats locaux aux négociations salariales. « Il m'a demandé de présenter un amendement au projet de loi programme. Qu'il me soutiendrait. »
 
 
 
- Aux socioprofessionnels : « Je veux des engagements »
 
Le ministre a reçu les socioprofessionnels, les patrons des grandes surfaces, entre autres. Que leur a-t-il dit ? Sûrement ce qu'il a dit sur France Info, hier : « Il faut aller au fond de tous les sujets. Il faut que chacun ressorte gagnant de ce conflit. Il faut que le Medef ouvre des négociations salariales sinon il n'y a pas de solutions possibles. Regardez les prix dans les supermarchés, qui ont augmenté de façon considérable sans qu'on puisse l'expliquer. » Hier après-midi, les socioprofessionnels ont fait le point de ce qu'ils pouvaient envisager. En fait, les résolutions prises dans la douleur, dimanche, au WTC... Mais, Yves Jégo l'a dit et répété : « Je veux des engagements. Je veux que le patronat envisage des relèvements des bas salaires. »
Hier soir, le ministre a dîné avec les grands patrons de la distribution. Que leur a-t-il dit : sans doute de lâcher, un peu, beaucoup... avant de risquer tout perdre ?
« Moi, je ne céderai sur rien. Le commerce, la distribution, doivent redonner du pouvoir d'achat aux Guadeloupéens » , nous a-t-il dit au soir de son arrivée. C'est clair.
Pour ce qui est de l'essence, le ministre a rassuré ses interlocuteurs qui savent bien que le retour des salariés non grévistes à leur poste de travail dans les entreprises, donc le retour à une vie normale, est soumis au plein d'essence : « On a quelques signes d'apaisement avec 25 (en fait 23) stations ouvertes. J'ai négocié toute la nuit avec le syndicat des gérants. Nous avons signé un accord pour limiter pendant trois ans le nombre de stations. Nous continuons de travailler. C'est une de mes priorités. D'ici mercredi, je pense que la totalité des stations sera ouverte » , a dit M. Jégo à France Info.
Trois stations automatiques supplémentaires viendront s'ajouter au trois existantes et c'est Total qui devra céder le nombre équivalent. Qu'en diront les salariés de ces entreprises, théoriquement - et pratiquement - toujours en grève au côté de Liyannaj, « pour préserver environ 1 000 emploi de pompistes » , a dit Elie Domota ?
 
 
- Lurel/Gillot : finaliser avec l'Etat des réponses au collectif
 
Victorin Lurel et Jacques Gillot ont rencontré le ministre. Les chefs des services des collectivités locales ont travaillé, avec les services de l'Etat, hier matin, à la finalisation de réponses coordonnées. Le président Lurel s'est entretenu avec M. Jégo sur l'octroi de mer. Comment travailler sur une charte pour répercuter les baisses des taux d'octroi de mer et de la TVA sur les marges.
« Il faut que les socioprofessionnels avec lesquels nous sommes en contact acceptent que ce qu'ils gagnent en exonération de charges patronales soit reversé sous forme de cotisation sociale employée pour permettre une augmentation des salaires réels de ceux-ci » , affirmait-on dans l'entourage du président Lurel.
Autres dossiers portés par le président de Région : la revalorisation des revenus des planteurs de cannes et le maintien des dispositifs de la continuité territoriale. S'assurer avec les services de l'Etat que c'est possible...
Autre point sans doute évoqué avec le ministre par les deux présidents : celui de la méthode pour renouer un dialogue constructif avec le Collectif Liyannaj. Même si l'on peut penser que des discussions informelles sont en cours...
 
 
- Ki gran patwon ?
 
Hier soir, le ministre devait dîner à la résidence préfectorale de Saint-Claude avec « les grands patrons » . Un débat s'est engagé au Medef pour savoir qui sont ces fameux « grands patrons » , chacun essayant de se glisser à la table du ministre. Colette Koury ? Oui, sûrement, en qualité de présidente de la chambre de commerce et d'industrie pointoise. On parlait aussi de la venue de MM. Despointes et Hayot, Martiniquais possédant de forts intérêts en Guadeloupe
 
 
 

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Les commentaires

Jeanne-Marie03.02.2009

Le RSA en Guyane tout de suite, ce serait bien, mais à condition de créer des emplois. Au lieu de perdre de l'énergie, et donc du fric, dans un changement coûteux du RMI vers le RSA, on ferait peut-être mieux de dépenser tout ça à développer des filières créatrices d'emplois.

Henri de Kourou03.02.2009

Et la double insularité pour l'île de Cayenne, c'est possible ?

Jo03.02.2009

Qu'il est doux de regarder les Guadeloupéens gesticuler. Nous, on a le carnaval.

J'y go tout de suite03.02.2009

Qu'on fasse comme les Guadeloupéens en Guyane. C'est le bon moment de faire plier le gouvernement. Ils ont les boules que ça s'embrase en métropole après la grève de la semaine dernière alors ils sont prêts à jouer aux pompiers partout où ça va brûler, pour éviter que ça se répande à tout le pays. C'est le moment de faire la révolution.

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12 mars 2010