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« Un État qui s'engage à lutter contre les inégalités »

Propos recueillis par FXG, à Paris Mardi 18 octobre 2016
« Un État qui s'engage à lutter contre les inégalités »
Alain Juppé le 17 octobre 2016 à Aulnay-Sous-Bois - Eric FEFERBERG (AFP)

Alors que la question en a fait trébucher plus d'un, parmi les grandes figures politiques de droite lancées dans la course pour la présidentielle, Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite et du centre, nous donne sa vision des Outre-mer.

Qu'est-ce que vous regrettez de ne pas avoir fait concernant les Outremer lorsque vous étiez Premier ministre ?
Je voudrais tout d'abord rappeler brièvement ce que j'ai fait. Avec Jacques Chirac, l'égalité sociale concrétisée par l'alignement des prestations familiales et celui du Smic sur la métropole. Ou encore l'extension de certaines allocations aux Dom comme l'allocation parentale d'éducation, ou l'allocation pour jeune enfant. Quand j'étais Premier ministre, le budget de POutre-mer a été très fortement augmenté au profit du logement et de l'emploi. Car je voulais donner à l'Outre-mer les moyens de mieux prendre en compte ses spécificités. Je n'ai pas pu, malheureusement, ouvrir le chantier de l'égalité économique et poser ainsi progressivement les fondements d'un environnement favorable à une croissance durable, portée par le secteur privé, permettant aux entreprises de créer des emplois et aux Outre-mer de valoriser leurs potentiels exceptionnels. C'était une démarche indispensable pour le développement de nos économies en Outre-mer et les préparer à la mondialisation.
Qu'est-ce qui vous en a empêché ?
Le temps tout simplement. Je vous rappelle que je n'ai été Premier ministre que deux ans, de mai 1995 à juin 1997 Le gouvernement socialiste, en 1997 après la dissolution, a cassé cet élan et n'a pas repris cette démarche. C'est Jacques Chirac, à partir de 2002, avec la loi de programme pour l'Outre-mer, qui a jeté les bases d'une relance économique en consolidant les exonérations de charges sociales au profit des bas salaires pour favoriser les embauches ; et en dynamisant la défiscalisation pour mieux l'adapter aux réalités économiques des Outre-mer et prendre en compte leurs handicaps structurels permanents. C'est aussi Jacques Chirac qui a donné un contenu concret à la continuité territoriale entre les Outre-mer et la métropole, avec le passeport mobilité qui a connu le succès que l'on sait et ouvert la voie, par la suite, à d'autres dispositifs de continuité territoriale portés notamment par les conseils régionaux.
Qu'avez-vous retenu de la crise sociale de 2009 aux Antilles ?
D abord, un moment de grandes tensions au sein des sociétés dans tous les Outre-mer. Ensuite, une réponse de l'État dans l'urgence qui a permis de provoquer les accords sur les salaires et les revenus ; et a essayé de construire une relation de confiance entre importateurs, distributeurs, producteurs et consommateurs. Cela a-t-il pour autant permis d'apaiser les tensions au sein des sociétés ultramarines ? Je ne le crois pas. Je me suis rendu aux Antilles en avril dernier et j'ai constaté que cette grève a laissé un profond traumatisme. D'abord parce qu'elle a divisé la population. Ensuite parce qu'elle a affaibli l'économie. Aujourd'hui, les attentes exprimées par les ultramarins sur les profondes inégalités qui traversent les Outre-merle démontrent. Le meilleur moyen d'éviter la répétition de cette crise sociale est de s'attaquer au problème du chômage. Notamment celui des plus jeunes.
Que recommandez-vous pour le développement des Outre-mer ?
Appuyer et accompagner l'esprit d'initiative, la volonté d'entreprendre et aussi l'envie d'être pleinement dans la France et l'Europe et ouvert dans l'environnement régional. Rétablir la confiance en s'engageant dans la stabilité des règles et promouvoir la coopération avec les collectivités et les partenaires sociaux. Comment les acteurs du développement d'un territoire pourraient-ils s'engager eux-mêmes pleinement dans la durée s'ils n'ont pas confiance ?
Plus largement quel est votre dessein pour les outre-mer ?
Mon ambition, c'est de donner un nouveau souffle aux outremer, en luttant contre le fléau du chômage qui frappe durement les jeunes ; en renforçant la compétitivité de ces territoires et en investissant pour l'avenir. Je veux un État fort qui garantisse la sécurité effective des ultramarins et qui protège en répondant à leurs besoins d'éducation, de santé et de logement. Un État qui s'engage à lutter contre les inégalités dès le début de son mandat! Mon projet, vous pourrez bientôt le lire dans le détail. Il est en cours d'acheminement dans les Outre-mer.
Quel serait votre premier acte pour les Outre-mer, une fois élu ?
D'abord, le soir de l'élection, j'aurai en mémoire tous ces visages et tous ces échanges lors de mes déplacements dans les Outre-mer et auprès des ultramarins de l'Hexagone. Et tout cela me rappellera combien la situation des Outre-mer exige du chef de l'Etat. Et ensuite je veillerai à nommer un ministre des Outre-mer qui sera une personnalité politique forte, susceptible de porter avec détermination les préoccupations des Outre-mer.
Vu des Outre-mer, Fillon s'est cassé les dents sur la « colonisation, culture partagée » , Sarkozy avec les « ancêtres gaulois » ... Quel discours faut-il tenir aux descendants d'esclaves noirs français en ces temps troublés par la peur de l'autre ?
En matière de mémoire, les Outre-mer n'ont de leçons à recevoir de personne. L'histoire de France, cette longue histoire, riche et douloureuse, d'espoirs, de fureurs et de sangs ; cette histoire singulière est aussi l'histoire de la colonisation et de la décolonisation, de l'esclavage et des luttes et de ses abolitions. Il faut donc rappeler que, par son lointain passé, chacune et chacun a participé et participe à l'histoire de notre pays. En dépit de cette histoire complexe et douloureuse, ce n'est pas l'exclusion qui singularise les Outre-mer ; mais la rencontre, le partage, le brassage culturel. Attachés au vivre ensemble, ils sont une source d'inspiration. C'est sur leur modèle que je veux m'appuyer pour incarner mon message d'optimisme, de foi en l'avenir et de fierté d'être Français.
Propos recueillis par FXG, à Paris

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3 commentaires

Vos commentaires

973MADE 20.10.2016

blabla n'importe quoi.
réfléchir avec ta tête et non avec tes pieds.

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jess 20.10.2016

il est vieux
a été au pouvoir
encore un retraité qui cherche une planque
pas pour moi ce type
un revenant
trop longtemps au pouvoir

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blabla 19.10.2016
Indépendance !

Juppé à oublié dans sa liste, un bon pour l'indépendance de la Guyane....comme ça ils finiront comme les pays d'Afrique et Haïti ????

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