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« Reconstruire une France juste et fière »

Propos recueillis par FXG Jeudi 13 octobre 2016

Après Nicolas Sarkozy dans notre édition du 4 octobre, Bruno Le Maire, candidat à la primaire de la droite et du centre, répond sur ses propositions pour l'Outre-mer. Il évoque l'immigration clandestine, la lutte contre la pêche et l'orpaillage illégaux ou encore les taxes créées par la CTG. Interview.

Qu'est-ce que vous regrettez de ne pas avoir fait concernant les Outre-mer lorsque vous étiez aux affaires ?
Je n'ai pas de regret concernant les trois ans où j'ai exercé les fonctions de ministre de l'Agriculture et de la Pêche. Dans la dynamique du conseil interministériel de l'Outre-mer de 2009, beaucoup a été fait pour l'agriculture des Dom ; pour [...] diversifier les productions locales à destination des consommateurs locaux. [...] Les agriculteurs et les pêcheurs ultramarins savent que je reste attentif à leur situation.
Que recommandez-vous pour le développement des Outre-mer ?
Il faut absolument sortir d'une économie basée sur le tout « emploi public » . Le projet de loi sur l'égalité réelle en cours de discussion est de ce point de vue une caricature. Il ne comporte aucune mesure en faveur des entreprises alors que la Fédération des entreprises d'Outre-mer avait fait de nombreuses propositions. Au contraire, il ne prévoit que de nouveaux transferts sociaux qui vont renforcer l'assistanat et l'inflation des prix. Les Outre-mer ont des richesses considérables : leurs espaces maritimes, leur biodiversité, leurs cultures diverses, des jeunes prêts à relever les défis et à innover. Il faut s'appuyer sur ces richesses pour développer l'initiative et l'emploi dans les entreprises privées. Pour cela, il faut que les entreprises bénéficient d'un environne- ment juridique et fiscal favorable mais aussi stable. Le matraquage fiscal des entreprises doit cesser ; voyez la collectivité de Guyane qui crée encore une nouvelle taxe sur les biens et services aux dépens des entreprises comme des consommateurs.
Plus largement, quel est votre dessein pour les Outre-mer ?
Notre projet vaut pour l'Hexagone comme pour l'Outre-mer : reconstruire une France juste et fière. Cette justice et cette fierté viendront d'abord de notre capacité à répondre au défi du chômage qui atteint dans les Dom des niveaux insupportables. Nous proposons un ensemble de mesures dans le domaine de l'éducation, de la formation professionnelle, du droit du travail et de la fiscalité qui répondent à cet objectif de donner un emploi à chaque jeune. Vous avez en Outre-mer une chance considérable : votre jeunesse. En Guyane, la population va doubler sa population d'ici dix ans. Comment répond-on à ce défi ? Nous nous engageons à ce que l'État augmente de 20% les dotations aux collectivités régionales responsables de la construction des équipements nécessaires. Nous pensons notamment aux lycées et aux écoles des métiers dont nous proposons la création. Nous souhaitons également la création dans chaque Dom d'un groupement d'intérêt public « Cadres avenir » sur le modèle qui a fait ses preuves en Nouvelle-Calédonie. Les Dom ont besoin d'ingénieurs, de médecins, et plus généralement de cadres spécialisés pour occuper les emplois les plus qualifiés. Nous avons le devoir d'accompagner ces jeunes qui ont la volonté de réussir.
Quel serait votre premier acte pour les Outre-mer, une fois élu ?
Nous renforcerons les effectifs de police et de gendarmerie dans les Dom et leur donnerons les moyens pour agir. Le niveau d'insécurité atteint des sommets aux Antilles, en Guyane [...]. N'oublions pas l'immigration clandestine, la pêche illégale et l'orpaillage en Guyane. Le plan sécurité présenté par le gouvernement il y a quelques jours n'est pas à la hauteur de ces enjeux. Nous ferons également en sorte de mieux impliquer les élus locaux dans cette politique de reconquête de l'autorité de l'État.
Vu d'Outre-mer, les propos de François Fillon sur la « colonisation, culture partagée » ont été mal vécus, comme les « ancêtres gaulois » de Nicolas Sarkozy... Quel discours faut-il tenir aux descendants d'esclaves français en ces temps troublés par la peur de l'autre ?
Je réfute ce terme d'identité française qu'on essaye de nous imposer dans le débat actuel. L'identité, c'est ce qui enferme, ce qui oppose. Le projet que nous portons défend au contraire la culture qui implique l'ouverture, l'échange, la capacité à évoluer pour répondre aux défis du monde de demain. Les Outre-mer tiennent une place importante dans l'Histoire et la construction de la culture française. Nous sommes un peuple de croisement et de rencontres, et les jeunes d'Outre-mer doivent être fiers de leurs origines. [...]. Pour cela, il faut sans doute changer le regard des Français sur l'Outre-mer. C'est pourquoi nous créerons au coeur de la capitale une grande maison des cultures d'Outre-mer, qui sera à la fois un lieu de rencontres et d'expression artistique des Outre-mer dans toute leur diversité.
Propos recueillis par FXG, à Paris

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