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Matoury vit au-dessus de ses moyens

Audrey VIRASSAMY France-Guyane 01.02.2012

Pour Gabriel Serville, (à l'extrême gauche), le rapport est fidèle à ce que disent les membres de l'opposition depuis longtemps (photo d'archives)

La chambre régionale des comptes a examiné la gestion de la commune entre 2000 et 2011. Les observations font état d'une commune déficitaire et dont les comptes recèlent d'irrégularités et d'erreurs.

La tension, toujours perceptible dans les conseils municipaux à Matoury, était à son comble lundi dernier. Comme souvent, les propos sont durs, les attaques parfois personnelles, que ce soit dans la majorité ou dans l'opposition. Entre les deux, comme arbitre : un rapport d'observation de la chambre régionale des comptes. Celui-ci est un examen de la gestion de la commune, demandé par le président de la chambre en 2009.
Jusqu'en août dernier, les contrôleurs de la chambre ont passé au crible les comptes de Matoury. Leurs conclusions dépeignent une situation financière catastrophique.
UN TRAIN DE VIE EXCÉDANT SES RESSOURCES
Première observation, et non des moindres : il y a des erreurs et des irrégularités dans l'écriture de comptes. Ensuite, malgré le plan de restructuration lancé en 2008, grâce notamment aux deux prêts signés avec l'AFD et la Chambre des dépôts et consignations, Matoury est toujours dans le rouge. Pour rappel, ces prêts avaient pour but d'apurer l'ensemble des dettes, de retrouver une capacité à financer les investissements, retrouver un équilibre budgétaire. Ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui. Tous les fournisseurs en attente de paiement n'ont pas été payés. Cette dette s'élève à près de six millions d'euros. De plus, Matoury s'était engagé à maîtriser ses charges de personnel. Or, la masse salariale a augmenté. Tout comme comme les charges à caractère général qui sont même supérieures à celles liées au personnel.
Une situation que la chambre qualifie « d'atypique » , avant de préciser que cette situation résulte « du choix d'externaliser certaines prestations et d'un train de vie excédant les ressources. » Et les comptes de Matoury n'incitent pas les établissements de crédits à lui prêter à des conditions favorables.
RECETTES INSUFFISANTES
Si la situation est aussi grave c'est aussi parce que les ressources de la commune sont limitées. Et « les marges de manoeuvres sont étroites pour rétablir une situation saine » note la chambre. La majeure partie des recettes de fonctionnement provient de l'octroi de mer et des taxes sur les carburants. « Des recettes sur lesquelles la commune ne dispose pas de pouvoir d'action » , précise le rapport des enquêteurs. L'augmentation des recettes a aussi été moins rapide que prévue. Le règlement sur la publicité, qui aurait pu apporter 42 000 euros selon les estimations, n'a pas pu être mis en place tout simplement parce que la commune n'a pas encore décidé si sa mise en oeuvre se fera en interne ou par un cabinet.
LE TON MONTE
L'augmentation des recettes fiscales, elle, « aurait pu être plus rapide si le prestataire de service en la matière n'avait pas été défaillant » , reconnaît la chambre. C'est, à peu de choses près, un des seuls éléments en faveur de la gestion de Jean-Pierre Roumillac. C'est peu dans un rapport de 67 pages. Et lors du conseil municipal, même si le document n'a pas été lu, le maire semble effectivement avoir du mal à se défendre lui-même. « Nous créons du lien social » avance le premier magistrat lorsque l'opposition met en avant le coût de la Biennale du Marronnage. « On a lancé la RHI (résorption de l'habitat insalubre, ndlr) de Cogneau, il y a eu l'Anru... » énumère le maire. Le ton monte vite entre majorité et opposition. « Nous ne contestons pas les réalisations du maire. Mais regardez, lui-même ne conteste pas ce rapport » , lance, depuis le banc de l'opposition, Jean-Victor Castor. « Tout ce qui est dans ce rapport, c'est ce que l'opposition dit depuis deux mandatures » rappelle Gabriel Serville.
- Les mauvais choix de Matoury
Parmi ce qui a contribué à augmenter le gouffre financier, la chambre relève plusieurs augmentations pour les frais de déplacement (congrès des maires, voyages au Sénégal, au Gabon...), les subventions aux associations - alors que celles de la caisse des écoles ont diminué un temps - les dépenses relatives aux fêtes et cérémonies, les diverses études confiées à deux cabinets pour des prestations très proches. Pour la chambre des comptes, cette « croissance plus rapide des charges, au regard des recettes de fonctionnement a provoqué une érosion de la capacité d'autofinancement. »
Le rapport indique également que « si l'on avait tenu compte des mandats en instance de paiement, la trésorerie serait ressortie au 31 décembre 2009 à - 5,6 millions d'euros et au 31 décembre 2010, à -8,8 millions d'euros » .
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Vos commentaires

mica05.02.2012  recommander (0)

Dettes

Six millions! Ben voyons c'est une collectivité pas une entreprise privé à qui on demande surtout(la CGSS et l'IGRC) de déposer le bilan pour moins que cela.Une entreprise qui dessert Cayenne à Iracoubo (il y en a 2 pour ce secteur)est priée de déposer le bilan pour dettes)si il n'y a pas de repreneur, avec l'autre il y aura doubles pleurs...Pour revenir aux collectivités ,l'Etat leur demande de faire un gros effort surtout côté embauche comme dans les Administrations , oui économie sur le personnel mais le gaspillage il est toujours présent dans d'autres domaines et souvent ceux qui réclament plus de fêtes ou ceci et cela ne payent pas d'impôts, en tous les cas ceux qui sont à la tête d'une collectivité auront plus de cheveux blancs avec les nouvelles réformes, je ne les envie pas.


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