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Maire-Laure Phinéra-Horth : « Il faut se mettre en situation de dialogue. Les clivages passent après »

Propos recueillis par Bernard DORDONNE Lundi 11 décembre 2017
Maire-Laure Phinéra-Horth : « Il faut se mettre en situation de dialogue. Les clivages passent après »
Marie-Laure Phinéra-Horth dans son bureau cayennais possède le récit du quinquennat de Bernard Cazeneuve et les oeuvres de Jean Jaurés. Une manière de montrer son attachement à la gauche ouvrière et de rappeler son action lors du mouvement de mars et avril, très appréciée par l'ancien Premier ministre de François Hollande (BD)

Marie-Laure Phinéra-Horth se livre sans concession et analyse les problématiques qui concernent la ville de Cayenne dont elle est le maire, mais également le territoire de la Communauté d'agglomération du Centre littoral (CACL) dont elle est la présidente.

Où vous situez-vous dans l'échiquier politique ?
Je reste fidèle aux valeurs de gauche celle en particulier de la gauche guyanaise... En matière de sécurité et d'immigration par exemple, il faut à mon sens puiser à la fois dans les valeurs humanistes du socialisme et les positions de la droite pour traiter de ces thématiques. J'accorde une réelle importance à l'école publique et laïque c'est pour cela que je me suis efforcée de trouver des marges de manoeuvre pour investir dans la construction, la reconstruction ou la rénovation de l'immobilier scolaire. C'est pour moi fondamentalement une politique de gauche tout comme la politique de la ville, les politiques sociales menées pour la restauration des scolaires, remettre des services dans les quartiers ou à travers le développement des maisons et de régie de quartier, ou encore rénover le patrimoine urbain avec l'Anru (Agence nationale de la rénovation urbaine).
En mai 2016, vous avez mis en route votre propre mouvement politique que vous avez converti en parti politique. On n'entend plus parler de « Nouvelle Force de Guyane » ?
Vous n'entendez plus parler de nous peut-être parce que vous le voulez.... Depuis la date de notre création, nous avons rédigé nos statuts, notre charte et une déclaration de principes qui sont le socle du parti.
Il est vrai que des évènements importants ont émaillé l'actualité cette année : la mobilisation citoyenne de mars/avril, les élections présidentielles et législatives. Durant ces moments, nous avons assumé nos responsabilités dans les débats sur le mouvement social. Nous avons apporté notre soutien à un candidat à l'élection présidentielle et nous avons participé aux élections législatives en soutenant une candidate.
On vous a toujours reproché d'accueillir certains élus de gauche comme de droite en visite en Guyane. Que répondez-vous à vos détracteurs ?
Sans renier mes convictions profondes, je me mets en situation de travail avec des interlocuteurs variés au bénéfice de l'intérêt de la commune et de l'intercommunalité....
Il faut se mettre constamment en situation de dialogue. Les clivages passent après. Nous verrons cela lors des élections. Et je souligne que je refuse toujours d'accueillir les élus du Front National.
Quelle est la colonne vertébrale de votre mandature ?
Le champ d'intervention des communes et des intercommunalités est vaste et couvre en réalité tous les domaines qui touchent le quotidien des habitants. Il s'agit d'améliorer le cadre de vie, d'emploi et des activités.
Il y a aussi la question de l'attractivité de la ville et des territoires du Centre littoral. C'est donc fondamentalement au-delà de la gestion quotidienne des services publics locaux, une mandature de projets que je mène avec mes conseils municipal et communautaire.
Pour lutter contre la délinquance des jeunes, vous avez mis en place beaucoup d'actions en place et pourtant la délinquance augmente, pourquoi n'arrivez-vous pas à renverser la tendance ?
Autour de la question de la délinquance des jeunes, il y a un malaise social et un phénomène de société qui indéniablement marque l'échec des pouvoirs publics. Il y a lieu aussi de responsabiliser les parents qui selon le code civil ont des droits et des devoirs sur leurs enfants. On se trouve avec une responsabilité partagée combien même le maire se retrouve toujours in fine dans le viseur. Ce sont des réponses pluridisciplinaires et globales qui doivent être recherchées à tous les niveaux de décisions de l'État à la commune en passant par la Collectivité territoriale de Guyane (CTG).
Considérez vous que le transport urbain est une épine dans votre mandature ?
Absolument pas mais c'est sans doute un défi à relever. Lorsque l'on fait de la politique il faut avoir le courage d'affronter les difficultés et de les surmonter en se concentrant sur les enjeux. Toutes les études le montrent, la mobilité des personnes est un facteur d'inclusion et d'insertion sociale. Le conseil communautaire m'a autorisé à prendre les mesures pour la mise en place d'un BHNS (Bus à haut niveau de service) à l'horizon 2021/2022.
C'est cette innovation en matière de transport qui apportera un changement notable en faveur du transport urbain. Nous réalisons cela sans prévoir d'augmentation de la fiscalité sur les ménages. C'est un engagement qui est pris.
Après plusieurs mois à la tête de la municipalité et de la CACL, on a l'impression que vous êtes à bout de souffle. Avez-vous pensez à baisser les bras et à quitter la politique ?
Je conduis une mandature de projets. J'en ai évoqué un certain nombre ici et d'autres figurent sur mon bilan à mi-mandat. On peut toujours considérer que les choses n'avancent pas assez vite. Je le regrette souvent pour ma part.
Mais lorsque l'on ne se heurte pas à la question foncière, on ne peut raisonner sans tenir compte de la contrainte budgétaire, de la longueur et de la complexité des procédures juridiques notamment du code des marchés publics ou encore des autorisations environnementales préalables. Malgré ces difficultés il y a des réalisations qui sont visibles dans le paysage urbain. Mon bilan de mi-mandat à la municipalité est à la disposition de tous.
Si vous ne réglez pas le problème des grèves répétées dans les transports en commun de la ville capitale, vous risquez d'être sanctionnée par vos administrés qui sont pris en otage de façon récurrente ?
J'ai dit l'importance du transport urbain et collectif. J'ai bien évidemment le souci d'apporter un service régulier aux 10 000 voyageurs par jour et d'en attirer d'autres. Oui, il y a malheureusement trop de mouvements sociaux qui se sont accompagnés d'interruptions du service trop longues sans pouvoir mettre en place un service minimum. Je le regrette d'autant qu'avec le conseil d'exploitation et l'administration, les conditions du dialogue social sont mises en place.
Pour ma part, je ne refuse jamais de recevoir les organisations syndicales et les représentants du personnel. Je ne sous-estime pas les difficultés et le malaise social au sein de la RCT (Régie communautaire de transport). Il y a un passif hérité du SMTC (Syndicat mixte des transports en commun) et mon tempérament optimiste me pousse à croire que les choses avancent.
Ces grèves à répétition qui pénalisent les usagers masquent la réalité de ce qui est fait.
Lors des élections à laCollectivité territoriale, la liste, que vous conduisiez avec l'ancien président du conseil général Alain Tien-Liong a perdu car vous n'avez pas fait le plein des votants dans les quartiers de Cayenne. Avez-vous rencontré ses administrés en colère et que vous ont-ils dit ?
Le principal motif de colère dont m'ont fait part les administrés que j'ai rencontrés est celui de mon positionnement non pas en tête de liste mais en seconde position.
Les sans domicile fixe gangrènent la vie des riverains et des touristes dans le centre-ville. En tant que première magistrats d'une ville capitale, avez-vous une solution ?
Il y a des situations sociales et des problèmes d'addictions qui conduisent des personnes à être sans domicile fixe. Il faut traiter ces personnes au cas par cas. J'y travaille avec les services sociaux et dans certains cas, des moyens de coercition à des fins d'assistance sont employés avec l'aide de la justice.
Cela étant, il faut reconnaître qu'ici comme ailleurs, les réponses ne sont pas immédiates et les solutions d'hébergement ou de prise en charge sont limitées.
Concernant votre actualité judiciaire, considérez-vous que vous avez occupé un emploi fictif comme vous le reproche la justice ? Avez-vous été malhonnête ?
Comme vous devriez le savoir, je n'ai pas le droit de m'exprimer, et encore moins dans un média public, sur une affaire judiciaire en cours. Concernant votre dernière question, étant quelqu'un d'intègre je reste sereine.
BIO EXPRESS - Au nom du père
Marie-Laure Phinera-Horth est orthophoniste de profession, née le 28 juin 1957et mère de deux garçons d'une vingtaine d'année. En 1988, elle suit les traces de son père, Stéphan Phinera-Horth, ancien président du Conseil Général de la Guyane, et adhère au Parti socialiste guyanais, où elle occupera le poste de trésorière, de 1994 à 1996. Elle réintègrera le bureau du Parti de 2005 à 2007. Marie-Laure Phinera-Horth entre vraiment en politique, en 1995, et sera, jusqu'en 2001, conseillère municipale de Cayenne, en tant que 6e Maire-Adjoint. En 2008, elle deviendra, le 1er Maire-Adjoint, pour atteindre l'étape ultime celui de premier magistrat de Cayenne, le 8 avril 2010.
Sportive, ses hobbies sont la pêche sportive, le vélo, la marche, la pratique du jet-ski et la conduite de bateau de plaisance.
Source : Ville de Cayenne

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1 commentaire

Vos commentaires

aucun 11.12.2017
Pokemon Go !

on est d'accord que cette robe a été taillée dans une Pokéball?

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