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Rodolphe Alexandre : « Je n'ai jamais dit que j'étais fondamentalement opposé à l'article 74 »

Propos recueillis par Bernard DORDONNE Lundi 15 janvier 2018
Rodolphe Alexandre : « Je n'ai jamais dit que j'étais fondamentalement opposé à l'article 74 »
Rodolphe Alexandre est né le 25 septembre 1953 à Cayenne. Il est chevalier de la Légion d'honneur. Il a été président du karaté club de Guyane et membre fondateur du cercle Félix-Éboué de la Guyane. Les portraits de Justin Catayée (à gauche) et Félix Éboué sont visibles à l'arrière-plan (BD)

Rodolphe Alexandre est le premier président de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG). Il a été élu en décembre 2015 et dresse, pour France-Guyane, le bilan des deux premières années à la tête du pays. Il revient sur les dossiers brûlants et les événements sociaux et politiques qui ont marqué l'année 2017. Il se projette aussi dans l'avenir proche de la Guyane.

Quel est l'état financier de la Collectivité ?
Nous avons voté le budget 2018 avec plusieurs mois d'avance. S'agissant de ce dernier budget, je rappelle qu'il a été voté en équilibre à hauteur de 675 millions d'euros et qu'il nous permet de disposer d'une capacité d'autofinancement de 20 millions. Cela signifie que grâce à notre effort de rigueur budgétaire, mais aussi grâce aux dotations de l'État dont a bénéficié la Collectivité suite au mouvement social de mars, la CTG est désormais en ordre de marche, prête à investir pour procéder au rattrapage du retard infrastructurel dont souffre le territoire - je pense notamment aux collèges et aux lycées - mais aussi pour relancer la commande publique, dont tout le monde sait qu'elle joue un rôle fondamental en matière de dynamisme économique. La CTG joue véritablement son rôle de moteur du développement du territoire.
États généraux de Guyane et assises de l'Outre-mer, comment allez-vous mener ces deux rendez-vous ? Pensez-vous qu'un projet doit prendre le dessus sur l'autre ?
Il n'y a ni concurrence, ni lien de subordination. Certains ont voulu opposer ces deux événements mais à mon sens, cela n'a aucun fondement. Jusqu'à maintenant, je n'ai toujours pas entendu un seul argument sérieux pour expliquer en quoi le fait d'aider l'État à orienter au mieux sa politique en faveur des territoires ultramarins en participant aux assises serait antinomique de la tenue de nos états généraux, dont l'objectif est d'aboutir à la définition par les Guyanais eux-mêmes de leur projet de société. Au contraire, il s'agit pour nous d'une complémentarité.
Les collectifs et la société civile ont évincé les élus de Guyane des négociations avec le gouvernement de l'époque. Pourquoi n'avez-vous pas réagi ?
« Évincé » , je ne dirais pas cela. Il est vrai qu'au début, des tensions entre les membres de quelques collectifs et les élus ont pu exister, parce qu'il y avait cette crainte pour certains, pour qui ce grand mouvement populaire constituait une sorte de moment de gloire, que les élus récupèrent un bénéfice politique de leurs initiatives. Et je crois d'ailleurs que l'on a tous un peu mieux compris les motivations de cette tentative de mise à l'écart des élus quand deux d'entre eux ont annoncé leur candidature aux élections législatives qui s'en sont suivies. Mais, petit à petit, les choses ont fini par rentrer dans l'ordre. Il y a eu des discussions, au cours desquelles nous leur avons rappelé que nous étions dépositaires de la légitimité du suffrage universel et qu'à ce titre, toutes les initiatives qu'ils pouvaient prendre n'auraient aucune valeur ni aucune applicabilité si elles n'étaient pas in fine portées par les élus.
Regrettez-vous d'avoir défendu l'article 73, certains disent que maintenant que vous êtes au pouvoir, vous auriez préféré l'article 74 qui donne plus d'autonomie à la Guyane ?
C'est une interprétation complètement déformée de la réalité. Je rappelle qu'en 2010, je n'ai jamais dit que j'étais fondamentalement opposé à l'article 74. J'ai dit - et nous étions nombreux à le penser - qu'avant d'envisager une telle évolution statutaire, il fallait se préparer, s'organiser, en procédant notamment à la création d'une collectivité unique à partir des deux collectivités existantes tout en conservant notre identité législative dans un premier temps, de façon à bénéficier de l'ensemble des dispositifs auxquels nous pouvions prétendre, et notamment les fonds européens. Les difficultés organisationnelles et financières que nous avons rencontrées au moment de la fusion m'ont, je pense, largement donné raison : imaginez-vous ce qui se serait passé si, en plus de tout cela, il nous avait fallu absorber un transfert massif de compétences pour lesquelles nous aurions encore dû trouver des financements complémentaires ? Alors qu'on était déjà complètement plombé par le RSA (revenu de solidairté active) ? Cette collectivité serait probablement morte née! Aujourd'hui, elle commence à disposer de marges de manoeuvre. Au niveau du personnel, nous devons poursuivre le travail de réorganisation - notamment spatial - pour que tout le monde se trouve dans les meilleures dispositions possibles. Il reste encore beaucoup à faire, mais l'idée, c'est celle d'une montée en puissance progressive qui nous permette, demain, d'absorber de nouvelles compétences et d'assumer de nouvelles responsabilités ; et ce quel que soit l'article de la Constitution auquel nous serons rattachés.
Est-il vrai que la question institutionnelle n'intéresse pas la population guyanaise ?
Je ne crois pas. En tout état de cause, les états généraux nous permettront d'y voir plus clair à ce sujet.
Avez-vous un poulain pour le poste de président de votre parti politique Guyane Rassemblement ?
Je n'ai pas de poulain, Guyane rassemblement n'est pas un club d'équitation mais un parti politique, régi par des règles de fonctionnement, avec un bureau et un président. Le moment venu, nous procéderons à l'élection d'un nouveau président, et conformément aux statuts du parti, les adhérents feront leur choix. Mais pour l'instant, c'est toujours moi qui en assume la présidence.
Allez-vous soutenir Lénaïck Adam, candidat aux élections législatives de la 2e circonscription ?
Comme je l'ai déjà annoncé, Guyane Rassemblement soutiendra Lénaïck, cela va de soi. Il fait partie de notre majorité, il a déjà été un relais précieux à l'Assemblée nationale et auprès de certains cabinets ministériels pour nous permettre de faire avancer un certain nombre de dossiers durant le temps où il a été député. Nous connaissons ses qualités et son potentiel, et nous lui apporterons tout le soutien nécessaire lors de cette seconde élection qui s'annonce.
Spécialiste de l'histoire contemporaine de la Guyane
Rodolphe Alexandre est reconnu comme un spécialiste de l'histoire contemporaine de la Guyane. Il a écrit de nombreux ouvrages notamment : Gaston Monnerville et la Guyane (1897-1948), éditions Ibis rouge, 1999 qui a obtenu le prix Louis Marin de l'Académie des sciences de l'Outre-mer ; La Révolte des tirailleurs sénégalais. L'Harmattan 1995 qui a été nommé au prix Carbet ou encore L'Installation des sinistrés martiniquais sur le domaine colonial de Montjoly (1902-1903), éditions Conseil de la culture de l'éducation et de l'environnement en 2002.
Une main de fer dans un gant de velours
- Entre 1979 et 1982, Rodolphe Alexandre a exercé comme Professeur d'histoire-géographie aux collèges République et Non-non de Cayenne, puis au lycée de Kourou.
- 1983 - 2008 : Membre du Parti socialiste guyanais (PSG)
- 1983 - 1988 : Directeur de cabinet de George Othily, président de Région de 1983 à1989, qui a été le mentor de Rodolphe Alexandre.
- 1989 - 1992 : Attaché territorial et conseiller technique d'Élie Castor député et président du conseil général de 1985 à 1994.
- 1993 : Attaché territorial au conseil régional de la Guyane
- 1989 - 1995 : Conseiller municipal puis adjoint au maire de Cayenne sous le règne du maire Holder.
- 1995 - 2008 : 1er adjoint au maire de Cayenne avec Jean-Claude Lafontaine.
- 2001 - 2014 : Président de la communauté de communes du Centre littoral (CCCL) puis communauté d'agglomération du Centre littoral (CACL).
- Mars 2008 - mars 2010 : Maire de la ville de Cayenne. Il démissionne de son mandat pour la présidence de la Région.
- Mars 2010 - Mars 2014 : 1er adjoint au maire de Cayenne sous la mandature de Marie-Laure Phinera-Horth.
- Mars 2010 - décembre 2015 : Président de la Région
- Septembre 2015 : Président-fondateur du parti politique Guyane Rassemblement.
- Décembre 2015 : Président de la Collectivité territoriale de Guyane
- Avril 2016 : Président de l'Association des régions ultrapériphériques (Arup)

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