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« La Guyane : toujours un pays colonisé »

Propos recueillis par MINOS Lundi 17 octobre 2016
« La Guyane : toujours un pays colonisé »
Louis Lafontaine a un regard très critique sur l'attitude de l'État (Minos)

Louis Lafontaine se retire de la scène politique. L'ancien vice-président du conseil général et ancien suppléant de Christiane Taubira reste toutefois attentif à ce qui se passe dans la société. À un an de sa retraite d'éducateur sportif, il nous fait quelques confidences.

Louis Lafontaine, vous êtes toujours sur le terrain depuis des décennies. Qu'est-ce qui vous motive ?
Les jeunes guyanais doivent être encadrés. Et si je peux encore apporter quelque chose à la jeunesse sportive, pourquoi pas ? Un jour viendra où il faudra bien que je m'arrête.
Vous étiez enseignant. Aujourd'hui, à la DDJS, votre directrice Sonia Francius quitte le poste. Quel bilan en tirez-vous ?
[...] Sous son impulsion, nous avons pu mettre des politiques publiques adaptées à notre territoire, tout en respectant les directives nationales. Connaître la réalité de la région est important. Et cela, elle le connaissait par les remontées qui lui en étaient faites. Elle avait une exigence sur les besoins des réalités locales.
On a l'impression que son départ vous chagrine...
Des services déconcentrés comme la jeunesse, la culture, le sport, doivent être l'affaire des Guyanais. Je prends le modèle GBA où la mutualisation des moyens et le consensus des politiques qui, à partir d'un pot commun (État, Europe, collectivités et Cnes), ont décidé de l'aménagement du territoire en équipement sportifs.
Nous connaissons notre territoire et c'est à nous de décider des politiques à mettre en place. On décide trop à 8 000 km. Et j'ose dire que la Guyane est toujours un pays colonisé. C'est la population qui, à chaque fois, se mobilise pour se faire entendre. La France ne veut pas nous donner de responsabilités.
Il y a eu pourtant une évolution avec la CTG ?
C'est au niveau des relations que nous avons avec l'État. Nous sommes obligés d'aller dans la rue pour demander ce que nous voulons. Je prends pour exemple, le rectorat, l'université, les zones d'éducation. C'est une volonté politique. Nous avons des cadres, des hommes capables, des élus... On ne peut pas nous imposer des plans et freiner un certain développement.
L'avènement de la CTG vous convient-il ?
Ce n'est pas ce qui était prévu au départ. Nous étions partis sur l'article 74. Et voilà ce que l'on récolte. Ceux qui ont voté l'article 73 se rendent bien compte que c'était le 74 qui nous conviendrait. La Guyane ne doit pas être considéré comme un Dom, mais comme un pays en voie de développement. Nous devons être un peuple, avec tous ceux qui sont impliqués dans cette région autour d'un projet commun. Notre pacte de développement est aujourd'hui reconverti en un pacte d'avenir au rabais.
Des choses ont été faites pourtant ?
Lesquelles ? De nombreux plans ont échoués. Il y a des visites ministérielles de saupoudrage. Il faudrait un plan pluriannuel. Sept milliards sur 20 ans. Faites le calcul. Si la volonté y est, tout est possible.
Souhaitez vous plus de responsabilités ?
De nombreux jeunes guyanais diplômés évoquent de grandes difficultés à accéder à des postes de responsabilité que les ministères semblent réserver à des candidats venus de l'extérieur. Il faut trouver les moyens pour inciter les jeunes guyanais à rester chez eux, ou à revenir.
Nous envoyons nos enfants en études dans les mêmes universités que ceux qui viennent occuper les postes. Et ils Sont en concurrence, alors que la majorité ne connaît pas le pays et vient pour deux ans, avec comme intérêts les primes. Notre niveau de compétence s'est considérablement élevé.
Vous prônez une guyanisation des cadres ?
Ce n'est pas tout à fait cela. Il convient de résoudre le fait que nos jeunes diplômés n'occupent que des postes subalternes. Il y a des rap- ports de force qui interrogent. Je prends le cas du combat de Monique Blérald pour reconnaître un personnage du carnaval guyanais. Sept mille voix contre une de l'État qui dit non. Il y a un problème. Il faut reconnaître notre patrimoine.
Vous êtes éducateur et formateur en sport. Vous voyez la jeunesse défiler...
Elle est en manque de repères éducatifs et sociaux. Il y va de la responsabilité individuelle des parents. J'ai été enseignant, je baigne dans le milieu sportif depuis des années. Et j'ai vu arriver un certain nombre d'évolutions. J'ai évoqué un peu plus haut la connaissance du pays. On ne peut pas continuer à accepter certaines choses. Notre société sera en décalage avec ses besoins de développement. Il y a une violence qui s'installe et qui est insupportable.
Vous avez des idées à suggérer ?
Il y a d'abord une plus grande approche de la responsabilité éducative, de la prévention. Il y a trop de jeunes enfants qui sont aussi parents et qui quittent les circuits scolaires. L'urbanisation sauvage et inadaptée parfois créent des poches, des repaires de violence. Et il faut inciter l'apprentissage. Il y a des pistes.

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32 commentaires

Vos commentaires

Altron 20.10.2016
Momo

Je crois que si la Guyane est sous développée comme vous dites cela ne vient pas du manque de subvention attribuées par l'Europe ou par France. Au contraire je crois qu'en proportion chaque Guyanais est bien plus aidé qu'un Français en général.Le problème à mon avis c'est plutôt l'usage qui est fait - ou pas fait - de ces subventions ici, en local. Manque de sérieux dans le montage des dossiers, manque de compétences etc. Mais ça passe mieux de claironner que la France n'aide pas, que les outre-mer sont les mal aimés et toutes ces choses démago

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skol973 20.10.2016

Nous avons eu l'occasion de se développer avec la décentralisation en 1982, mis à part Monsieur Georges OTHILY qui a su utiliser cette décentralisation, les autres qui ont pris la place, se sont enrichis. Nous avons eu la possibilité de choisir en 2010 entre l'art 73 ou 74, nous avons préféré l'assistanat (art 73), donc arrêtons de tout mettre sur le dos de l'Etat Français.

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MOMO66 20.10.2016
Vive la Guyane Libre !

Ce n'est pas le nombre de personnes qui constitue un pays mais la volonté de se sentir unis face au reste du monde avec des valeurs communes, une ancienne colonie a toujours vocation de s'affranchir de son ancienne puissance coloniale mais il est plus facile de vivre aux dépends d'un pays lointain dans des conditions de sous développement économique... C'est unique au monde.

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Ubu 20.10.2016

"Une ancienne colonie a toujours vocation de s'affranchir de son ancienne puissance coloniale". Je vous souhaite beaucoup de courage pour aller expliquer ça aux habitants de l'Alaska, d'Hawaï, de Gibraltar, des Falklands ou même aux Savoyards qui furent colonisés par la France en 1860...

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Modica 20.10.2016

Proportionnellement à sa population, nous sommes le 7ieme pays au monde à avoir le taux de fécondité le plus élevé, quand toute cette jeunesse arrivera en Age de travailler, la population Guyanaise quadruplera mais le problème c’est que le territoire manque d'infrastructure capable d'absorber un tel changement et je n’ose même pas imaginer les conséquences. Nous, Guyanais, vivons dans le déni de la réalité en pensant qu'un État se trouvant à 8 000 KM au-delà de l’océan atlantique aura toutes les réponses. Alors que la Guyane aura de plus en plus l'apparence du fait de sa démographie non pas à un département, mais à un véritable Pays, dès lors ça sera à Nous, guyanais, de prendre les choses en main, dans la fange, le cambouis, pour donner demain à toutes cette jeunesse future, un avenir décent et pour cela nous devons nous ouvrir au marché économique et des spécificités sud-américaine et non plus européenne ou française, car nous ne sommes ni des européens ni des gaulois.

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Ubu 20.10.2016

Modica "Alors que la Guyane aura de plus en plus l'apparence du fait de sa démographie non pas à un département, mais à un véritable Pays"

Complètement inepte comme raisonnement. Compte tenu de sa natalité, la Guyane devrait se placer dans 20 ans quelque part entre Indre-et-Loire et la Guadeloupe, soit dans le milieu des départements français. Très loin du million d'habitant de la Réunion.
Penser que l’État serait incapable de prendre soin de moins de 1% de sa population relève soit du fantasme, soit dans votre cas d'une propagande visant à désinformer les Guyanais.
Et si vous ne pensez pas être européen ou gaulois, vous êtes encore moins sud-américain. La Guyane est dans une communauté de destin avec la France, pas avec le Brésil. Et si ce fait vous parait insupportable, vous pouvez régler ce problème en moins de 3 heures de voiture...

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Modica 21.10.2016

Je me contrefous de ce que peut penser un métropolitain parfait héritier du colonialisme, de l'avenir de la Guyane. Contrairement à moi, vous n'êtes pas Guyanais et vous le serez jamais, si vous viviez en Corse, les Corses vous diraient exactement la même chose. Juste un métropolitain ayant une suractivité cérébrale très développé dans le cortex reptilien, celui qui gère l'instinct du territoire et assoir sa domination culturelle et politique à ceux qui occuperont toujours les soubassements de la chaine alimentaire et dont le sommet sera toujours occupé par les mêmes. Alors ton avenir de destin, tu peux t’assoir dessus et te faire plaisir. Dans 20 ans et en l'état actuellement des choses il y aura plus de France économiquement parlant, elle a été relégué à la 10ieme place des pays riche par PIB et par habitant, après l’Indonésie. Donc non elle ne pourra certainement pas s’occuper d’un problématique situé à 8000km de son territoire sauf en y envoyant l’armée et des cars de CRS, quand ça explosera.

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Modica 20.10.2016

jml973 "Très fier d'être français et surtout de le rester"

Complétement inepte comme raisonnement, tu vis sur le continent sud-américain et Tu es fier d'être guyanais, mais tu es encore plus fier d'être "européen" !!!! Typique du colonisé délirant incapable de vivre dans le pragmatisme de sa réalité jusqu’à en faire un individu schizophrène géographiquement juste pour satisfaire l'amour de la servitude et du confort (ou plutôt des restes quand le maitre daigne remplir la gamelle). C'est ça le problème avec nous guyanais, du fait de la crise, la France est sur le plan économique en plein déclin. Pour survivre à son échéance qui est inéluctable Oui .... C’est inéluctable, elle devra faire des sacrifices et s'attarder à des réponses au rabais afin de maintenir la structure politique et social en place. Ainsi désolé de le dire mais la Guyane ne fera pas partie des impératives de l’états et s’encombrera pas à solutionner des problèmes complexes sur le long terme. Dans un avenir proche ce bout de Terre d'Amérique du Sud proposera à la France un défi beaucoup trop grand pour le coût de son économie.

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Féfé973 20.10.2016
Article 74 ?

Ce monsieur est libre d'estimer que la Guyane est un pays colonisé, ça permet au journal de faire son gros titre bien racoleur. En revanche une phrase pose problème: "Ce n'est pas ce qui était prévu au départ. Nous étions partis sur l'article 74". Cette phrase n'a aucun fondement. Rien n'était prévu, l'état a proposé un changement de cadre et les électeurs ont décidé de répondre par la négative. Qui était parti sur l'article 74 à part quelques élus ? Pas grand monde, et le peuple souverain a tranché. De toute façon le statut de DOM aurait perduré. Les martiniquais ont d'ailleurs fait le même choix tout remontés qu'ils semblaient pourtant être contre l'état à l'époque. A croire que tous les habitants de ces "pays en voie de développement" (sic) s'accommodent très bien de leur condition de "domiens".

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Altron 19.10.2016
Formation universitaire

Il y a peut être aussi un travail à faire à l'université, sélectionner mieux ceux qui y donnent des cours et qui ne sont pas professeurs d'université. Ça permettrait peut être de rehausser le niveau, parce que là j'ai le sentiment que cc'est le ras des pâquerettes pour les licences.

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