Texte
imprimer envoyer l'article commentaires (1) fils RSS partager Twitter facebook MySpace del.icio blogmarks wikio Viadeo

L'élection de Louis Bierge annulée

P.-Y.C. France-Guyane 20.05.2011

Alors qu'il avait quelques cartes faciles pour faire annuler l'élection de Louis Bierge, Maurice Juniel a finalement opté pour une voie plus ardue (photos d'archives)

Le tribunal administratif a annulé l'élection de Louis Bierge, au siège de conseiller général du canton de Saint-Georges de l'Oyapock. Son opposant Maurice Juniel, battu de 76 voix, contestait le déroulement du scrutin au bureau de Trois Sauts.

Les électeurs du canton de l'Oyapock (Saint-Georges, Camopi et Ouanary) devront revoter. Ce matin, le tribunal administratif a annulé l'élection de Louis Bierge. Le 27 mars, le candidat de l'UMP avait battu Maurice Juniel (PSG) de 76 voix. Eddy Pollux, du MDES, avait terminé en troisième position. Le faible écart - 76 voix - avait incité Maurice Juniel a déposé un recours, d'autant que de nombreuses irrégularités apparaissaient dans le bureau de Trois Sauts.
Louis Bierge annonce d'ores et déjà son intention de faire appel. "Je suis toujours au combat, en permanence. Si les juges ne connaissent pas les particularités oyapockoises et les coutumes amérindiennes, j'irai au Conseil d'État."
Avant cela, Maurice Juniel avait peut-être passé une mauvaise nuit. Le 27 mars, le candidat du Parti socialiste guyanais a été battu de 76 voix par Louis Bierge (UMP), dans le canton de l'Oyapock. Il avait quelques cartes faciles pour faire annuler l'élection, mais a finalement opté pour une voie plus ardue.
Au soir du second tour, Maurice Juniel reste stupéfait face aux résultats du bureau de Trois-Sauts. La participation a bondi de 65 à 91% entre les deux tours. Le score de Louis Bierge est passé de 123 à 237 voix.
Il découvre que 60 électeurs ont signé d'une simple croix, sans qu'un membre du bureau n'ajoute la mention : « L'électeur ne peut signer lui-même. » C'est pourtant obligatoire. Face au nom de quatre électeurs, il relève que la signature du second tour est différente de celle du premier. Il est très probable que les juges annulent ces 64 votes, comme l'a demandé hier le rapporteur public. Cela ramènerait l'écart entre les deux candidats à douze voix.
C'est là que Maurice Juniel aurait pu avoir des regrets. Dans le bureau de Camopi, 14 électeurs ont signé d'une croix sans la mention ; à Saint-Georges, au moins une électrice. Mais le candidat ne conteste pas ces résultats et il est désormais trop tard.
« Absent » en lettres rouges
Il préfère mettre en doute un autre aspect du scrutin de Trois-Sauts. Au premier tour, un membre du bureau de vote a noté « Absent » , en lettres rouges, en face du nom d'électeurs qui ne sont pas venus voter. Selon Maurice Juniel, « le but était que ce soit visible des électeurs et de leur mettre la pression » . Il ajoute qu'un membre du bureau de vote « a pu glisser (au second tour) autant d'enveloppes que de personnes absentes qui ne pourront pas venir vérifier qu'elles ont voté » .
Le rapporteur public a fait part, lui aussi, du « doute sérieux suite aux marques rouges et compte tenu de la hausse exceptionnelle de la participation au second tour, sans commune mesure avec l'évolution enregistrée dans les autres bureaux de vote ».
Le vainqueur, Louis Bierge, estime que « les observations relevées par mon adversaire dénotent une certaine mauvaise foi ou une méconnaissance de la vie politique guyanaise » . Il rappelle qu'en 1973, les électeurs de Trois-Sauts ont voté pour lui à 100% et que, six ans plus tard, ils se sont tous tournés vers son adversaire. Le résultat du 27 mars ne le choque donc pas. Et ce d'autant que le bureau était tenu par un membre du MDES qui, selon le candidat UMP, « est un parti politique rigoureux et qui n'a fait aucune remarque » .
Finalement, les juges ont donné raison à Maurice Juniel.
A Roura, Clovis gagne une manche contre Riché
Son éviction du poste de première adjointe au maire semble illégale.
Roura, la mésentente entre le maire David Riché et son ancienne première adjointe Annie-Claude Clovis ne date pas d'hier. Elle s'est illustrée jusque dans les urnes. Ils se sont affrontés en mars, pour le siège de conseiller général. Le maire, candidat de l'Ageg, a été facilement élu au premier tour (64,10% des suffrages) devant la sympathisante du PSG (19,34%). Mais la brouille était plus ancienne.
En début de campagne, Annie-Claude Clovis confiait qu'elle « continue de travailler avec (David Riché). J'ai voté les dossiers qui me semblent intéressants. Mais il faut faire attention. » L'ex-première adjointe affirmait que le maire l'avait « pressentie » pour être candidate aux cantonales, avant d'y aller lui-même. De son côté, le maire expliquait qu'il ne pouvait plus accorder sa confiance à une première adjointe qui ne votait pas certaines délibérations.
Ces dissensions avaient connu un premier épisode un an plus tôt, le 3 mars 2010. Ce jour-là, le maire fait voter une réélection des adjoints par son conseil municipal. Annie-Claude Clovis, jusque-là première adjointe, est éjectée. Un mois plus tard, David Riché signe un arrêté lui retirant toutes ses délégations. Mais il y a un problème. Si le maire a le droit d'attribuer ou de retirer des délégations comme bon lui semble, il doit respecter des procédures précises pour changer les adjoints. Selon le rapporteur public du tribunal administratif, il ne les a pas respectées.
La réélection des adjoints ne figurait pas à l'ordre du jour du conseil municipal du 3 mars 2010. David Riché a d'abord voulu le traiter dans les questions diverses, avant d'en faire un point supplémentaire du conseil, en début de réunion. Trop tard, selon le rapporteur public, pour qui « une question aussi importante » ne peut pas être traitée par un petit tour de passe-passe. Si les juges suivent sont raisonnement, dans les prochaines semaines, Annie-Claude Clovis redeviendra première adjointe... sans délégation. Comme Thierry Louis à Macouria. La mairie pourrait aussi lui devoir 2 000 euros, au titre des frais de justice.
Riché et Clovis, une brouille qui ne date pas d'hier. ( photos d'archives)Riché et Clovis, une brouille qui ne date pas d'hier. ( photos d'archives)
Papaïchton au tribunal, ça continue
Le tribunal administratif s'invite une nouvelle fois dans la vie de la mairie de Papaïchton. Il y a tout juste un an, dix conseillers municipaux démissionnaient pour protester contre la gestion du maire Gilbert Fossé. Cela allait provoquer de nouvelles élections, où le maire était battu par Richard Lobi. Parmi les griefs adressés au maire, le licenciement du secrétaire de mairie, Philippe Cherdieu. Dans les faits, le maire l'avait remplacé par Patrick Gusteau. Celui-ci n'était pas agent de la mairie, mais salarié de l'entreprise d'écrivain public du maire. Selon un des conseillers démissionnaires, Touine Kouata, Gilbert Fossé avait demandé aux élus « d'envoyer (à Patrick Gusteau) tous les documents concernant la mairie » .
Le secrétaire de mairie s'en était évidemment plaint. Et Gilbert Fossé l'avait viré. Selon le rapporteur public, l'ancien maire a commis « une erreur de droit » . Philippe Cherdieu pourrait donc être rétabli dans ses fonctions et toucher 5 000 euros d'indemnisation. La décision sera rendue début juin.
2014, ils y pensent déjà
Aucun ne le dira publiquement, mais nombre d'élus locaux ont déjà les élections municipales de 2014 dans un coin de leur tête. Après son galop d'essai à la cantonale de Roura, Annie-Claude Clovis, qui retrouvera probablement son siège d'adjointe au maire (lire ci-contre), pourrait être tentée de recommencer lors des municipales. Une situation similaire est possible à Macouria. Beaucoup voient, dans la bataille que se livrent le maire Serge Adelson et son adjoint Thierry Louis, un avant-goût de la prochaine élection.
Certains se sentent pousser des ailes depuis les cantonales de mars. A Rémire-Montjoly, l'opposant Claude Plenet a ouvert une brèche en battant le candidat de la majorité municipale, Rodolphe Sorps. Alors que l'opposition semblait en sommeil depuis 2008, le conseil de mercredi soir s'est révélé animé. Claude Plenet intervient désormais sur presque tous les sujets. On l'a vu sur la piste Tarzan, où les travaux se font attendre. En réplique, le maire Jean Ganty s'y rendra à la fin du mois, avec la presse. L'opposant Alex Ho Bin Wang, qu'on voyait jusque-là lever sagement le doigt, pour dire « Monsieur le Maire, je vais voter pour » , attaque désormais Jean Ganty sur son « manque de vision politique » .
A Régina, la victoire de Pierre Désert face au candidat de la mairie, René-Serge Avril, donne des idées. Un Désert pourrait mener une liste aux municipales, soit le père Pierre, soit la fille et désormais conseillère régionale Sylvie. A Montsinéry-Tonnégrande, le maire Patrick Lecante et le conseiller général Christian Porthos s'épient mutuellement et se répondent du tac au tac sur la plupart des dossiers. Tout ça donne déjà un avant-goût de campagne... avec trois ans d'avance.
Texte
imprimer envoyer l'article commentaires (1) fils RSS partager Twitter facebook MySpace del.icio blogmarks wikio Viadeo

Vos commentaires

mineli22.05.2011  recommander (0)

DESELECTION DE L. BIERGE

Eh bien mince alors! non c'était vraiment trop trop fort, au point que l'on pouvait se demander à quelle démocratie pouvait on prétendre en Guyane et notamment à Saint georges et plus précisément en pays indien.. Il y avait de flagrants dénis de non respect du droit du vote secret, c'est à dire au delà de l'achat des voix amérindiennes, il y avait vote par substitution quasi systématique. Là, on a franchi une ligne, celle de la tricherie systématisée.. Celà promet...


Répondre | Signaler au modérateur
Réagissez à cet article

Pas encore inscrit(e)? => Inscription express
Suivez nous également sur :
suivez France Guyane sur Facebook suivez France Guyane sur Twitter suivez France Guyane sur MSN Messenger

Newsletter :

Météo

23 mai 2012