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Joigny : « Le bilan, c’est 40 000 personnes dans les rues de Guyane »

Propos recueillis par Pierre-Yves CARLIER Jeudi 8 Juin 2017 - 07h41

 Richard Joigny, directeur général de la mairie d’Iracoubo, est candidat du Parti progressiste guyanais (PPG) dans la seconde circonscription.

Pourquoi vous présentez-vous aux législatives ?
C’est la continuité de mon action politique. Je suis entré au Parti progressiste guyanais (PPG) en 2015. Avant, j’ai milité dans les syndicats étudiants puis dans l’Éducation nationale. Je suis directeur général de la mairie d’Iracoubo. J’ai le sens du service public et du service à la population.
Pourquoi le PPG ?
Pour moi, il était important d’avoir une formation politique à hauteur des enjeux de la Guyane. Jean-Marie Taubira est un intellectuel et a une pédagogie pour former les militants.
Pourquoi la seconde circonscription ?
C’est là où j’ai grandi. J’ai grandi à Mana, Saint-Laurent du Maroni, un peu à Maripasoula. Ma famille est à Iracoubo. Je suis un homme de l’Ouest.

L’Ouest est marqué par de nombreuses inégalités. Quelle est l’urgence ?
D’abord remettre en place la solidarité. Il faut faire comprendre aux Guyanais qu’ils doivent s’unir dans la lutte pour les droits fondamentaux. Certes, selon les communes, les difficultés ne sont pas les mêmes. Mais il est important de faire comprendre que nous sommes tous guyanais et que c’est ensemble que nous pourrons faire avancer les choses. J’ai été directeur général de la mairie de Maripasoula. J’ai constaté qu’il était beaucoup plus compliqué d’améliorer le cadre de vie de la population pace que le cadre institutionnel ne nous permet pas d’intervenir pour les communes enclavées.
À quels dossiers faites-vous référence ?
La gestion des déchets n’est toujours pas mise en place. C’est un projet de la communauté de communes. Il y a de vraies possibilités, créatrices de recettes pour la Guyane, génératrices d’emplois. On pourrait aussi travailler en terme de coopération. Les problèmes de déchets sur le Maroni sont les mêmes côté français et côté surinamais. Et avec une réponse que d’un côté, le fleuve restera pollué.

Le mouvement social a-t-il été de nature à améliorer la solidarité entre Guyanais ?
On a vu que l’unité était en construction. La conscientisation politique de la population démarre. C’est ce travail que je veux accentuer. Nous sommes tous guyanais, même si nous avons des spécificités. La lutte des Amérindiens, c’est la lutte de tous les Guyanais. La lutte des Bushinengue, c’est la lutte de tous les Guyanais. La lutte des Créoles, c’est la lutte de tous les Guyanais.
Dans cette circonscription très hétérogène, le discours d’unité passe-t-il ?
Les intérêts sont plus ou moins les mêmes. Il faut avoir une vision collective, pour apporter une réponse globale en Guyane. Il faut analyser les points qui rapprochent toutes les cultures, pas seulement ce qui les divise. Notamment, j’aime dire que nous sommes une société du manioc. La culture du manioc, on la retrouve dans toutes les traditions guyanaises.
À l’Assemblée nationale, quelle proposition de loi aimeriez-vous porter ?
L’État devra apporter une réponse forte à l’Accord de Guyane et au plan de convergence. Il faudra que ce soit acté, avec des délais. À l’heure actuelle, nous sommes dans le flou. On a vu avec l’Accord de Guyane que ce qui a été promis n’est pas respecté. Après, il est difficile de hiérarchiser la souffrance de la population. Que ce soit la santé, l’économie, l’emploi, l’Éducation nationale, tous les secteurs de la société sont en déliquescence. Il faut faire comprendre au gouvernement que la réponse apportée en Guyane doit être adaptée, urgente et globale.
Emmanuel Macron est-il l’homme de la situation ?
Non. Il est président de la République depuis trente et un jour ; l’hôpital est en grève depuis soixante-treize jours. S’il avait des réponses à apporter, il aurait déjà pu le faire pour l’hôpital de Cayenne. Nous vivons une situation indigne qui ne serait pas acceptée si elle se passait à huit mille kilomètres, en France hexagonale.
Il a quand même envoyé une mission pour tenter de concilier les différentes parties…
Des missions, il y en a déjà eu. On a même eu l’administrateur provisoire, qui est venu faire un audit global. On fait des missions, des audits, des rapports, mais où sont les actions, où sont les moyens et où sont les solutions pour sortir de cette crise ? Après soixante-treize jours de grève, il faut une action forte pour que les conditions de travail soient réunies et que les employés puissent reprendre le travail.

Après un an et demi de fonctionnement, quel bilan tirez-vous de la Collectivité territoriale ?
Quand nous sommes partis en campagne pour la CTG, nous prônions la mobilisation de la population, dans toutes les communes de Guyane. Nous ne sommes pas des prophètes, mais nous avions compris que nous allions droit dans le mur. Un an et demi après, quel est le constat : 40 000 personnes dans les rues de Guyane. Quarante mille personnes, ça ferait 9 millions de personnes dans les rues en France hexagonale. Le jour où il y a 9 millions de personnes dans les rues en France hexagonale, ce ne sera pas une manifestation non violente, mais la révolution française. Tout le monde connaissait la situation. Mais certains ont fait le choix de mentir à la population. Par intérêt personnel. C’était le combat de leur vie. Alors que notre combat politique, c’est avant tout le combat du peuple, une philosophie de vie. Nous essayons de faire comprendre à la population que la politique, c’est ce qui rythme leur quotidien. Quand nous allons dans une épicerie acheter une bouteille d’eau, il y a des taxes fixées par les politiques. Quand on paie sa facture d’électricité, il y a des taxes qui sont fixées par les politiques. Nous voulons faire comprendre à la population l’importance de la politique, l’importance de demander des comptes aux élus et l’importance qu’ils viennent expliquer à la population ce qu’ils font. Trop souvent, on voit des parlementaires qui partent pendant quatre ou cinq ans en France hexagonale et qui, six mois avant l’élection, reviennent présenter un bilan. Ce qu’on constate, c’est qu’ils ont souvent un bilan, mais sans résultat. Le résultat, c’est 40 000 personnes dans les rues de Guyane.
Le combat d’une vie, c’était une citation de Rodolphe Alexandre. Quels mensonges éventuels lui reprochez-vous ?
Regardons toutes les promesses qui ont été faites. C’était la hotte du personnel. Et je ne parle pas que de Rodolphe Alexandre. Il avait promis des routes, des ponts, des lycées qui ne sont pas engagés. Walwari promettait une voie ferrée. La droite promettait une centrale nucléaire. Tout le monde avait fait un tas de projections, alors qu’on savait qu’il n’y avait pas les moyens nécessaires pour mettre en place une politique volontariste sur le territoire. Et surtout pour lancer l’activité économique afin de sortir de cette économie de comptoir.

Chantal Berthelot est-elle, selon vous, cette députée qu’on n’aurait pas vue pendant quatre et qui revient présenter son bilan ?
Elle nous dit qu’elle a un bilan. Mais sans résultat. Cherchez la profession de foi de Chantal Berthelot en 2012. Elle annonçait Le changement, c’est maintenant. Elle était dans la majorité présidentielle. Le président de la République, lui-même, n’a pas voulu se représenter, au vu de son échec. Tous ceux qui ont échoué avec lui, qui ont voté avec son gouvernement, devraient prendre la responsabilité de ne pas se représenter. L’échec est collectif.
 
 
Richard Joigny a 34 ans. Il est membre du Parti progressiste guyanais depuis trois ans. Il a fait ses études à la faculté de Toulouse, en sociologie et économie, ainsi que dans une école de commerce en finances. De retour en Guyane en 2008, il a d’abord travaillé à Macouria comme responsable financier, puis comme conseiller principal d’éducation dans des collèges (Justin-Catayée et Mana) pendant deux ans. En 2011, il a assumé le poste de directeur général des services à la mairie de Maripasoula. Aujourd’hui, il vit à Iracoubo où il occupe la même fonction à la mairie.
 
 

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4 commentaires

Vos commentaires

MONSIEUR GUYANE 10.06.2017
Un canditat sincère

L'un des seuls candidats sincères de cette élection.

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Taïra 09.06.2017
Erreur

Le monsieur se trompe d'un zéro. C'étaient 400 000 personnes dans les rues de Cayenne.

Répondre Signaler au modérateur
Paassy 09.06.2017

Il n'y a jamais eu 40 000 personnes dans les rues de Guyane ! Entre 15 et 20 000 (estimations hautes), ce qui est pas mal, mais exagérer à ce point, ce n'est pas très sérieux.
Et puis, Joigny fait totalement l'impasse sur l'idéologie du PPG, qui est pourtant très ouvertement indépendantiste.
Aurait-on peur d'effrayer l’électorat ?

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kiki973 09.06.2017
Un nom avec un faux prénom

Faut pas nous enduire d'erreur ! Papa Richard possède un autre niveau que jules.
J'aime pas être pris pour un kouyon !
Ti boug alé viré lékol !

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