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« J'ai juste une envie, que les gens aillent voter »

Propos recueillis par Bernard DORDONNE Mercredi 13 décembre 2017
« J'ai juste une envie, que les gens aillent voter »
Davy Rimane vote à Kourou. Après s'être qualifié in extremis pour le second tour des législatives, le leader syndicaliste et membre influent du Kolektif pou Lagwiyann dékoléa remonté son adversaire pour échouer à 56 voix. Son recours devant le Conseil constitutionnel portait sur 1 127 voix (photos d'archives)

Davy Rimane sera candidat aux prochaines élections législatives, avec l'ambition de franchir la dernière étape vers le Palais Bourbon. L'annonce officielle de sa candidature sera faite ce soir après une réunion avec son équipe.

Si vous pensez ne pas participer aux élections législatives à cause d'un problème de financement, alors pourquoi avez-vous fait un recours ?
Le but du recours ce n'est pour que Davy Rimane retourne aux élections, ou pour être vainqueur. J'ai voulu dénoncer des actions réaliséées pendant les élections en Guyane. Ces fraudes m'ont poussé avec mon équipe à déposer un recours. Maintenant que la décision est tombée, je rendrai public, comme je l'avais promis, tous les documents que nous avons en notre possession pour que les gens fassent eux-mêmes leur conclusion.
Vous allez trouver le financement pour votre campagne. Mais dans quel camp serez-vous si vous êtes élu ?
Pour les dernières élections législatives, j'ai fait un prêt à la banque. Si on m'avait remboursé comme je l'espérais, je n'aurais pas émis de doutes sur ma participation. On nous a fait comprendre que si on était avec un parti politique, on aurait eu moins de soucis car c'est le parti qui prend en charge le candidat. Pourquoi dans une société démocratique, dans laquelle n'importe qui peut se présenter aux législatives, il n'y a pas le même traitement pour tout le monde ? Je m'interroge. Je vais faire comme de nombreux parlementaires sans étiquette qui ne sont pas intégrés à un groupe, mais qui travaillent encore plus que ceux qui sont encartés.
Vous avez déposé une plainte auprès du procureur de la République, qui a décidé d'ouvrir une enquête. Mais ça ne sert à rien puisque les élections sont annulées ?
L'enquête permettra de faire toute la lumière sur cette affaire car nous avons une forte suspicion de fraude lors du second tour des élections législatives de juin. Si le parquet prononce un non-lieu et classe l'affaire, je n'aurai aucun problème avec ça. J'aurai joué mon rôle de citoyen.
Souhaitez-vous moins de candidats que la dernière fois ?
Je n'ai pas de préférence particulière. Nous sommes en démocratie, celui qui a envie de se présenter, qu'il se présente. Mais s'ils sont bons joueurs, qu'ils laissent les deux candidats du second tour refaire le match.
Quel soutien aimeriez-vous recevoir ?
Je n'ai pas besoin de soutien en particulier. J'ai juste une envie, que les gens aillent voter. Lorsqu'un politique est élu avec 20 ou 30% des voix, il n'a pas suffisamment de légitimité. Si on ne veut plus voter, alors on dénonce le système et on va dans la rue pour revendiquer. Mais tant qu'on est dans ce système, il faut aller voter. Si je suis élu député avec un petit pourcentage de voix, je ne pourrai rien faire. Je dis à la population d'envoyer à l'Assemblée nationale quelqu'un qui pèse par la grande quantité de voix obtenue et quelqu'un qui a le soutien populaire, donc la légitimité devant la représentation nationale. J'ai en exemple : Justin Catayée. C'était un député qui avait le soutien de son peuple et il a fait bouger la Guyane.
« Je ne suis pas un député déchu »
Après l'invalidation de son élection comme député, Lénaïck Adam est encore plus motivé à partir de nouveau au combat. Il revient sur la décision du Conseil constitutionnel et promet d'accentuer l'écart de voix avec son adversaire du second tour.
Lénaïck Adam était le plus jeune député de l'Assemblée nationale au soir de sa victoire, en juin. Le Conseil constitutionnel a annulé son élection. L'élu de la majorité territoriale, estampillé La République en marche repart au combat. -
Comment comprenez-vous, la décision des Sages du Conseil constitutionnel ?
Davy Rimane et son avocat empruntent la voie de la polémique. Ils font preuve d'agressivité et de désinformation avec une mauvaise foi évidente. Faire croire en off à la population que des personnes décédées ou de nationalité étrangère auraient voté est un peu grotesque.
Sur la décision du Conseil constitutionnel, le moyen qu'ils ont retenu concerne la composition du bureau de vote de Maripasoula.
Pour autant, il faut savoir que plusieurs décisions prises auparavant n'avaient pas entraîné l'annulation d'une élection. Selon toute vraisemblance, c'est le simple écart de voix qui a été l'élément déterminant.
Le procureur de la République a décidé d'ouvrir une enquête suite à la plainte pour fraude électorale déposée contre vous par votre adversaire du second tour. Ne pensez-vous pas que cela risque de ternir votre campagne ?
Il est à souligner que cette plainte est en retrait par rapport à la requête initiale qui désignait précisément deux maires comme ayant agi délibérément comme fraudeurs. Pour ma part, je souhaite vivement que le procureur de la République traite cette affaire de la manière la plus approfondie afin de faire éclater la vérité judiciaire qui ne pourra qu'éclabousser et ternir l'image d'un candidat qui poursuit à l'évidence un but à caractère électoraliste.
Qui tire les ficelles contre votre élection ?
Le maire de la commune de Saint-Laurent-du-Maroni, Léon Bertrand. Il est clairement mon opposant jusqu'à produire des documents qui n'ont aucune valeur quand on lit les procès-verbaux du bureau en question. Or, il est amené à désigner le président, le président suppléant et le secrétaire du bureau de vote. Je précise qu'un assesseur a été désigné par mon adversaire. D'ailleurs tous les élus de la majorité, trois à ce jour, qui m'étaient favorables se sont vus retirer leurs délégations par le premier magistrat.
La composition du bureau de vote n° 9 était donc extrêmement favorable à mon adversaire. Dans ces conditions, s'il était résulté une quelconque fraude en raison de l'absence de fermeture de l'urne, les membres du bureau l'auraient évidemment indiquée dans le procès-verbal.
Êtes-vous un député déchu ?
Je suis un député dont l'élection a été annulée, je n'ai commis aucune faute et je pars allègrement au combat. Nous allons mobiliser et mettre les moyens pour accentuer l'écart. Le message que je veux faire passer est le suivant : au lieu de refaire le monde sur Facebook ou encore Whatsapp que ceux qui critiquent tous les jours profitent de cette chance inouïe pour entrer dans la course à la députation. Une façon de montrer son courage et son amour pour la Guyane. Que chacun ose. Le scrutin est ouvert à tous.
Propos recueillis par Bernard DORDONNE

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