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« Il faut des classes de 12 ou 13 élèves »

Propos recueillis par Gérôme GUITTEAU Mardi 18 avril 2017
« Il faut des classes de 12 ou 13 élèves »
Chris Combette, entouré des élèves de terminale ST2I (GG)

Depuis le début de la mobilisation, le musicien poète Chris Combette est sur les barrages. Après une pause de vingt ans, Chris Combette est revenu à son métier d'origine : professeur de mathématiques à Cayenne, et il participe aux cours de soutien du pôle éducation du collectif.

Que pensez-vous des besoins de l'éducation en Guyane ?
Je suis très concerné. Je travaille tous les jours avec la jeunesse et je peux dire que c'est vraiment une catastrophe : 54% des 15/24 ans sont au chômage ; 5 000 enfants ne sont pas scolarisés et au collège, le niveau est catastrophique. J'ai des élèves qui ne savent pas additionner deux nombres relatifs. J'ai quitté l'enseignement en 1996 et j'ai repris juste cette année. À l'époque, c'était difficile, mais cela se tenait encore. Maintenant, nous assistons à une dégénérescence de l'éducation. Je donne un devoir pendant les vacances, seulement quatre copies me sont retournées. Le zéro ne les effraie plus.
Les propositions de l'État vous semblent-elles suffisantes ?
Je n'arrive pas à comprendre la démarche intellectuelle qui fait de l'éducation une non-priorité pour un État. À moins de vouloir nourrir la classe ouvrière ou de considérer qu'il faut des citoyens de seconde zone. Mais attention, un peuple pas éduqué peut être intelligent et se révolter et là, il sera dur de mettre une limite.
N'avez-vous pas vu un mieux avec le Rep + (réseau d'éducation prioritaire) ?
Cela n'apporte rien. C'est du saupoudrage. Si l'on veut améliorer les choses, il faut s'attaquer à la pauvreté. Il nous faut aussi des classes à 12 ou 13 élèves dans les quartiers difficiles. Quand on accueille des élèves non-francophones, on me donne un petit livret : « Comment enseigner les maths à des non-francophones » . Alors que j'ai le plus grand mal à faire apprendre des notions de base aux élèves francophones. Je croule sous les mails et les réunions à n'en plus finir. Enfin, tout cela est inutile et ne résout pas les problèmes.
Qu'est-ce qui vous motive à être présent sur les sessions de cours de soutien ?
C'est la moindre des choses d'être là. Les enfants sont demandeurs, c'est agréable et j'espère qu'ils auront le brevet et le bac.

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