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Gauthier Horth : de la FedomG au parc national

Propos recueillis par A. S.-M. Samedi 23 janvier 2016
Gauthier Horth : de la FedomG au parc national
Gauthier Horth : « Les ressources naturelles peuvent et doivent être la base du développement la Guyane » (ASM)

Élu à la CTG au sein de l'opposition, le président de la FedomG se lance, à 33 ans, dans une carrière politique. Opposant historique au parc national, il va intégrer son conseil d'administration en tant que conseiller territorial.

 
Comment vous est venue l'envie de vous lancer en politique ?
Pour moi, c'est un aboutissement normal. J'ai bien vu au travers de mon engagement syndical au sein de la FedomG (fédération des opérateurs miniers, ndlr), qu'il fallait un prolongement politique. C'est justement ce relais politique qui a manqué au côté de notre engagement syndical pour la rétrocession à la Guyane de la gestion des ressources naturelles. Donc pour moi c'est une suite logique.
Justement, Rodolphe Alexandre a encore exprimé récemment son souhait que la CTG récupère la compétence de la délivrance des permis miniers. C'est un discours qui vous convient…

C'est ce que nous souhaitons de tous nos vœux. Pour nous, c'est un enjeu majeur que de rapprocher le centre de décision du territoire. Les décisions seront prises en regard des intérêts de la Guyane. Aujourd'hui, les décisions d'implanter une mine, ou d'exploiter telle ou telle ressource, ne sont pas prises en fonction des intérêts de la Guyane. Le problème, c'est que le président de la CTG était président de Région et qu'il l'a toujours annoncé, mais il n'a jamais agit réellement pour que cela se fasse. Et c'est bien là-dessus que je compte travailler.
Ce sera votre priorité au sein de la commission du développement durable, de la biodiversité, des mines, de la forêt et de l'énergie où vous allez siéger ?

Plus globalement, ce sera ma principale action en tant qu'élu. Mon engagement politique est né de ma volonté de voir la Guyane gérer ses ressources naturelles, tant minières que génétiques.
C'est aussi ce qui a motivé votre nomination au conseil d'administration du parc national, en tant qu'élu de la CTG ?
Oui, c'est exactement cela. Aujourd'hui, une des plus grandes menaces qui pèse sur les ressources naturelles de Guyane, c'est le pillage des ressources génétiques. Et je pense que le parc contribue à ce pillage, il l'institutionnalise. C'est un danger énorme qui peut se révéler irréversible. Les ressources génétiques de Guyane sont prélevées, exportées très souvent en Europe, font l'objet de recherche qui mènent à des brevets et nous n'avons aucun gage de traçabilité sur le devenir de la molécule. S'il y a valorisation de la ressource génétique et commercialisation d'une molécule, nous n'avons aucun moyen de garantir un retour pour la Guyane et pour les populations détentrices de savoirs ancestraux. Les ressources naturelles, minières ou génétiques, peuvent et doivent être la base du développement de la Guyane.
Concrètement, que réclamez-vous ?
Les sociétés minières vont implanter leurs usines en Guyane. Il faut que les industries qui exploitent les ressources génétiques, les industrie pharmaceutiques, cosmétiques et autres, implantent aussi leurs usines en Guyane. Sinon, à minima, qu'on nous garantisse la traçabilité de la molécule, depuis la Guyane jusqu'à ses commercialisation. Aujourd'hui, dans le circuit, il y a un moment où on perd la trace de cette molécule. Le parc est l'outil institutionnel qui sert à ce pillage en faveur de l'industrie pharmaceutique européenne.
Vous ne craignez pas, avec ce discours, d'être très minoritaire au sein du conseil d'administration du parc national ?
C'est ma mission, c'est le sens de mon engagement politique. Je pense, effectivement, que ma position sera singularisée mais je pense qu'il faudra que chacun l'entende et assume son action envers ou contre les intérêts de la Guyane.
Du point de vue du parc, vous êtes un peu le loup qui entre dans la bergerie, non ?
Je ne sais pas si c'est le loup qui entre dans la bergerie, mais je suis content d'y entrer parce que je pense que le parc à besoin d'entendre cela et que la Guyane a besoin de se rendre compte que le pillage des ressources génétiques peut être encore plus dommageable que l'orpaillage illégal. C'est un enjeu financier majeur. Au mois de juin, suite à ma garde à vue, j'avais dit que nous étions en pleine guerre territoriale et nous sommes là dans l'expression de cette guerre territoriale. La Guyane a la matière première, mais elle est complètement écartée du circuit de valorisation.
Autre sujet qui risque d'être source de tension au sein du parc, c'est le fait que vous défendiez le droit des habitants de Camopi de s'adonner à l'orpaillage légal. Allez-vous continuer à défendre cela à l'intérieur du parc ?
Naturellement. Le parc occupe un tiers de la Guyane et il n'a pas les moyens de gérer une telle surface. Il faut revoir son emprise. Au delà de la question philosophique, il y a la situation des populations. On voit bien aujourd'hui que le parc n'a apporté aucune réponse à l'amélioration des conditions de vie des populations du Haut-Maroni et du Haut-Oyapock.
Le parc se pose comme "facilitateur" pour rapprocher les décideurs des habitants. De ce point de vue, on ne peut pas dire qu'il n'a aucun bilan…

Il me semble que l'action du parc reste minime. Le malaise de ces populations est toujours flagrant et se rappelle souvent à nous de manière très triste. La réponse n'est pas adaptée. Les jeunes continuent de se plaindre de l'absence de perspective. Ils veulent participer à la société, à la construction de ce pays mais ils se sentent exclus. De plus, ils n'ont pas les moyens de participer à l'économie. Voilà pourquoi l'activité minière doit être considérée comme une activité de subsistance et être autorisée pour les habitants de Camopi, à Camopi. L'éradication de l'orpaillage illégal était une condition de la création du parc. Aujourd'hui, on voit bien que les populations ont été leurrées sur cette question. C'est normal qu'aujourd'hui elles cherchent à profiter de ces ressources minières qui, dans tous les cas, sont pillées. On est face à une forme d'hypocrisie à laquelle il faut opposer la réalité.
Vous reprenez un peu le flambeau de Fabien Canavy au sein du parc, non ?
Oui, sur ce plan là, je pense que nous avons beaucoup de positions communes.
Lors de sa prise de fonction fin 2013, le président du Parc, Claude Suzanon, avait annoncé qu'il remettrait son mandat en jeu après les municipales de 2014. Il ne l'a pas fait mais si, maintenant que la CTG est en place, il décide de le faire, seriez-vous prêt à vous présenter ?

(Rires) Si je vous dis que parfois en me rasant le matin je pense au parc amazonien… Plus sérieusement, il faudrait étudier la question. Mais disons que j'ai suffisamment l'envie de défendre cette vision du développement de la Guyane pour relever un défi comme celui-ci.
Ce serait un coup de tonnerre sur le parc…
Je ne suis pas opposé aux outils de conservation mais au mode de gouvernance actuel du parc qui s'oppose au développement. La gouvernance du parc est un problème structurel. Le patron du parc amazonien devrait être le conseil d'administration et son président. Aujourd'hui, structurellement, c'est l'État qui dirige le parc amazonien.
 
 
Bientôt plus président de la FedomG
Président de la fédération des opérateurs miniers de Guyane (FedomG) depuis cinq ans, Gauthier Horth quittera ses fonctions lors des prochaines élections qui devraient se tenir en février. Il se concentrera sur son action d'élu de la CTG, notamment au sein de la commission "développement durable, biodiversité, mines, forêts, énergie et environnement".
 
 


 

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1 commentaire

Vos commentaires

Pierre Carpentier 24.01.2016
LE DROIT DE PROPRIÉTÉ DU PEUPLE DE GUYANE VS LE FAIT JURIDIQUE ET HISTORIQUE DE LA POSSÉSSION DE LA GUYANE.

IMPOSER L'ADÉQUATION DES BESOINS DE LA GUYANE AVEC LES MOYENS-RESSOURCES DONT ELLE NE DISPOSE TOUJOURS PAS = L'ÉTHNOTECHNIQUE DE GAUTHIER HORTH EST INDISPENSABLE À L'ÉPANOUISSEMENT DE LA PLURINATIONALE GUYANE.

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