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Gabriel Serville : « Je garde toujours un oeil sur Matoury »

Propos recueillis par Bernard DORDONNE Lundi 04 décembre 2017
Gabriel Serville : « Je garde toujours un oeil sur Matoury »
Aux dernières élections législatives, Gabriel Serville a été réélu au second tour dans la première circonscription de Guyane avec 51,33% des voix (BD)

Retrouvez désormais dans « Lundi Politique » , tous ceux et celles qui agissent et décident de notre avenir. Gabriel Serville inaugure ce nouveau rendez-vous que vous donne la rédaction de France-Guyane. Le député de Guyane analyse les dossiers du moment et ne cache pas son amertume, au sujet des conditions de l'élection de celui qui lui a succédé à la mairie de Matoury.

Lors du lancement des assises de l'Outre-mer à la préfecture de Cayenne, le président Macron a mis en garde les élus contre les tentatives de récupération des mouvements sociaux à leur profit. Pensez-vous que le président a agi comme « un colon dans un pays colonial » ?
Les propos du président de la République m'étonnent car ce n'est pas la coutume pour un chef d'État de commenter l'actualité politique et les faits et gestes d'élus, qu'ils soient membres de l'opposition ou de la majorité d'ailleurs. Il est de tradition que le Président se place au-dessus des logiques partisanes et de la politique politicienne, mais Emmanuel Macron ne cesse de casser les codes, dont acte. J'attends qu'il en fasse de même lorsqu'il s'agira de s'étonner de la présence de Jean Luc Mélenchon, ou d'autres, dans les cortèges parisiens.
Êtes-vous en colère contre Serge Smock, l'actuel maire de Matoury, qui vous a poussé à la porte car vous n'avez pas pu placer votre candidat Aron ?
J'ai quitté mon poste de maire de la mairie de Matoury pour me mettre en conformité avec la loi sur le non cumul des mandats et c'est en connaissance de cause que j'ai décidé de me présenter aux élections législatives de juin dernier.
Je regrette profondément que le nouveau maire se soit allié avec des personnalités que les matouriens avaient décidé de ne pas reconduire aux responsabilités en 2014. Ce faisant, il a trahi la confiance des électeurs et trahi les valeurs pour lesquelles il prétendait se battre depuis des années. L'important aujourd'hui pour moi c'est de travailler de sorte que nos engagements envers les Matouriens soient tenus. La Cour régionale des comptes a salué notre bilan à mi-mandat et a constaté que durant ces trois années, la commune a été mieux gérée. Aujourd'hui, elle est en capacité de faire face à ses obligations. Pour moi, c'est ce qui compte le plus. Cela étant posé, je garde toujours un oeil attendri et respectueux sur ma commune, Matoury, et sur la Guyane, en général. À travers toutes mes interventions de député sur les scènes nationale et internationale, je m'efforce de tout mettre en oeuvre pour assurer la meilleure défense des intérêts de notre territoire, qui le mérite amplement!
Pouvez-vous promettre de tenir vos engagements lors de ce mandat ?
Tout d'abord, je rappelle qu'un parlementaire n'a pas de « programme » à mettre en place. Il n'est pas exécutif en ce qu'il ne possède pas de pouvoir d'exécution mais participe au pouvoir législatif. Il vote la loi et contrôle l'action du gouvernement. Ceci dit, nous avons fait voter en février avec des collègues de gauche une proposition de loi qui améliore les conditions de vies de nos agriculteurs, d'une part, et une loi qui met en conformité le code minier avec le droit de l'environnement. Ces deux projets sont aujourd'hui bloqués au Sénat et c'est pour moi une priorité que de faire qu'elles aboutissent afin qu'elles puissent produire leurs effets au profit de notre territoire.
Votre suppléante est Carine Sinaï-Bossou, l'actuelle présidente de la chambre de commerce et d'industrie. Aujourd'hui, elle n'est plu à vos côtés. Est-elle fâchée avec vous ou était-elle un faire-valoir pour vous emmener vers la victoire ?
Comme vous l'avez souligné, Madame Sinaï-Bossou est aujourd'hui présidente de la CCIG en plus d'être chef d'entreprise et mère de famille. Elle gère un agenda complexe. Je la remercie cependant de pouvoir se rendre disponible pour intervenir en tant que députée suppléante lorsque je suis empêché à Paris. Ses responsabilités à la CCIG nous amènent d'ailleurs à travailler en étroite collaboration, comme ça a été le cas par exemple lors du vote du budget 2018 ou aujourd'hui sur le dossier des contrôleurs aériens de l'aéroport Félix-Éboué.
Vous avez établi votre permanence à Cayenne. Avez-vous financé, comme de nombreux députés, l'achat de votre permanence parlementaire grâce à votre indemnité représentative de frais de mandat ?
La loi interdite aux députés depuis 2015 de financer l'achat de leur permanence parlementaire. Il s'agit là d'une conséquence d'une décision du bureau de l'Assemblée nationale dont j'étais déjà membre à l'époque et que j'approuve entièrement en ce qu'elle participe à une meilleure gestion des deniers publics. Entre 2012 et 2014, j'ai loué une permanence parlementaire à Cayenne, sans option d'achat, avant de l'installer à la mairie de Matoury. Aujourd'hui, je suis de nouveau locataire d'un local au 1 bis, rue Samuel-Lubin, à Cayenne, ouvert au public du lundi au vendredi de 9 heures à 12 heures et le mardi et jeudi de 15h30 à 17h30.
Est-ce que c'est votre épouse qui sera payée pour tenir le secrétariat de votre permanence ?
Si mon épouse est engagée depuis le début à mes côtés, elle l'a toujours fait à titre strictement bénévole. Par ailleurs, la loi de moralisation de la vie publique aujourd'hui en vigueur interdit les emplois familiaux pour les députés comme pour les sénateurs.
Combien gagnez-vous réellement en tant que député ?
Le cumul des indemnités de base, de résidence et de fonction équivaut à une indemnité brute mensuelle de 7209, 74 Euros à laquelle il faut ajouter l'indemnité que je perçois au titre de secrétaire de l'Assemblée nationale qui est de 692, 14 Eurosbruts mensuels.
Quelles sont vos relations avec le président de CTG, Rodolphe Alexandre ?
J'entretiens des relations normales de travail aussi bien avec le président de la CTG qu'avec mes collègues parlementaires et le président de l'Association des maires de Guyane. Nous collaborons sur de nombreux dossiers et mutualisons nos forces dès qu'il s'agit de défendre les intérêts du territoire.
Aujourd'hui, avec le recul, vous en voulez aux responsables des collectifs d'avoir écarté les élus lors des négociations de l'Accord de Guyane en avril 2017 ?
J'ai toujours expliqué à quel point il était nécessaire que la population se mobilise aux côtés des élus et des forces vives de notre territoire afin de mieux se faire entendre. Je n'ai donc pas été étonné lorsque plusieurs associations se sont mobilisées pour réclamer que justice nous soit rendue. Personnellement je ne me suis jamais senti écarté, et les Guyanais ont pu mesurer mon implication durant les mouvements des mois de mars et avril 2017.
Pouvez-vous assurer, en tant qu'élu, que vous ne serez jamais épinglé par la justice ?
Je souhaiterais demeurer sobre et humble, mais ce n'est pas l'envie qui me manque de faire mentir Shakespeare qui a dit « On a beau se jurer qu'on n'agira jamais comme sa mère, un jour ou l'autre, l'inexorable mimétisme se met en marche » . Dans tous les cas, je fais tout pour respecter mes concitoyens ainsi que le mandat qu'ils m'ont confié.
Les collaborateurs du député en Guyane
Gabriel Serville a trois collaborateurs qui l'accompagnent dans ses fonctions de député guyanais : Thibault Lechat-Vega, Christian Portos et Kristina Oliviera-Diaz. Ils assurent des missions de suivi législatif, politique et administratif et tiennent sa permanence parlementaire à Cayenne, au 1 bis, rue Samuel-Lubin, à Cayenne. II
Du professeur de mathématique au parlementaire
Professeur de mathématique puis proviseur de lycée, Gabriel Serville entame son engagement politique au sein des Forces démocratiques de Guyane. Il est, de 2004 à 2006, le secrétaire général du parti. En 2008, il quitte le parti et se présente sans étiquette aux élections municipales de Matoury. Il devient conseiller municipal d'opposition et rejoint la même année les rangs du Parti socialiste guyanais (PSG). Conseiller régional depuis le 21 mars 2010, il est élu député de la première circonscription de la Guyane lors des élections législatives de 2012. Sur les bancs de l'Assemblée nationale, il rejoint le groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR). Gabriel Serville est membre du bureau de l'Assemblée, de la commission d'évaluation financière des propositions de loi, de la commission du développement durable et de l'aménagement du territoire, de la délégation aux Outre-mer ainsi que la commission nationale d'évaluation des politiques de l'État Outre-mer. Il est, par ailleurs, président du groupe d'amitié France - Haïti à l'assemblée nationale. Un groupe composé de huit députés.
Le 30 mars 2014, il devient maire de Matoury. De nouveau candidat aux élections législatives de 2017, il est réélu au second tour dans la première circonscription de Guyane avec 51,33% des voix.

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