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F. Édouard : « Nous sommes le noyau dur de la Guyane »

Propos recueillis par Arnaud SAINT-MAXENT Lundi 02 juin 2014
« Nous voulons être acteurs du développement économique » , explique Florencine Édouard, à la veille d'un séminaire de préparation des prochaines Journées des peuples autochtones (ASM)

Demain, les autorités coutumières ont rendez-vous à la Région pour un séminaire de préparation des Journées des peuples autochtones, en août prochain. Parmi les sujets abordés : l'orpaillage illégal et la future collectivité territoriale. Deux thèmes sur lesquels Florencine Édouard, coordinatrice de l'Onag (organisation des nations amérindiennes de Guyane) compte faire entendre sa voix et obtenir des réponses.

L'Onag-vient de rentrer de mission sur le Haut-Maroni (en photo, le village de Talhuen), où plusieurs associations sont en train de voir le jour (photo d'archives)
Qu'attendez-vous du séminaire de mardi ?
Il faudra d'abord entendre ce que le président de Région a à dire. Je ne sais pas ce qu'il va nous servir. J'attends du concret sur la lutte contre l'orpaillage illégal sur le Haut-Maroni et sur l'orpaillage en général. Je sais que Rodolphe Alexandre est favorable à l'orpaillage légal, mais qu'en est-il des autorités coutumières sur le Haut-Maroni et à Camopi ? Les a-t-il concertées ?
Justement, que pensez-vous de la création annoncée d'un opérateur public minier ?
Je pense que c'est dangereux. Personne n'a pris en compte l'avis des autorités coutumières. D'ailleurs, je ne suis pas sûre que les habitants sachent ce qui se passe. Je vais régulièrement sur place et ce que je vois, c'est qu'ils sont toujours au courant après que les décisions soient prises.
Ce serait intéressant que les chefs coutumiers donnent leur avis lors du séminaire de mardi. Attention, nous, Amérindiens, nous ne sommes pas contre le développement, mais le problème est que nous ne savons pas comment les choses vont se faire.
Le séminaire doit aussi aborder la future collectivité unique. Quels sont vos souhaits en la matière ?
Je souhaite que soit mis en place un conseil consultatif et décisionnel, qu'il ne soit pas que consultatif comme c'est le cas pour l'instant. Surtout que ce conseil ne représente personne. La Guyane est un melting-pot de nations dont nous sommes le noyau dur, car nous en sommes les premiers habitants. Donc il faut absolument que les Amérindiens participent activement à la construction de la collectivité territoriale.
Les Amérindiens sont absents des deux grandes assemblées, Région et Département. Souhaitez-vous qu'ils s'impliquent dans la future collectivité en se présentant aux élections, en étant présents sur des listes ?
Oui, nous devons être représentés à l'assemblée unique. C'est important car, je le répète, nous sommes le noyau dur de la Guyane. Par exemple, nous sommes experts en environnement. Le développement durable est un concept inventé par les Blancs, mais ça fait longtemps que nous le faisons. Si aujourd'hui la Guyane peut exploiter ses ressources comme le bois ou la pharmacopée, c'est parce que nous avons toujours su préserver notre forêt.
Vous avez l'impression d'être tenus à l'écart ?
Oui. Je me souviens d'une phrase de Jocelyn Ho Tin Noé (1er vice-président de la Région, ndlr) qui disait : « C'est le développement ou alors vous restez en calimbé! » C'est scandaleux de dire cela. Je vis dans la modernité, à l'occidentale, mais tout en préservant ma culture et mes traditions. Nous voulons être acteurs du développement économique. Nous disons :
« Nous sommes capables de vous apporter une expertise du développement durable, mais il faut arrêter de nous exclure. »
Quand le Haut-Maroni se fédère
« Les Wayanas s'organisent. Ils ont fait appel à l'Onag car nous agissons concrètement, nous travaillons sur le terrain. » De retour de mission sur le Haut-Maroni, Florencine Édouard se félicite de l'assistance apportée par son organisation à des habitants qui ont décidé de se fédérer pour défendre leurs droits. Un collège des autorités coutumières vient d'y être créé. Selon la coordinatrice de l'Onag, il réunit pas moins de dix chefs coutumiers. « Il permet aux autorités coutumières du Haut-Maroni de se prononcer sur divers sujets de manière collective. »
L'association des victimes du Haut-Maroni a aussi vu le jour. « C'est une association des victimes de l'orpaillage illégal » , précise Florencine Édouard qui n'est pas peu fière de préciser qu'elle a été créée uniquement par des femmes bien décidées à se faire entendre. « Une plainte a déjà été déposée contre l'État. »
Enfin, une autre association serait en train d'être créée, par des jeunes cette fois. Elle devrait s'attacher à faciliter les démarches administratives des habitants.

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1 commentaire

Vos commentaires

Visiteur. 04.06.2014

« Nous sommes capables de vous apporter une expertise du développement durable, mais il faut arrêter de nous exclure. »
Oui,exactement, et nous devrions nous inquiéter du procédé que la société Auplata veut exploiter dans le futur sur ses sites miniers : La Cyanuration. Qui a provoqué la pollution du Danube et une catastrophe écologique en 2000.
"http://www.guyaweb.com/actualites/news/activite-miniere/la-societe-miniere-de-guyane-en-discussion-paris/"

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